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CONVALESCENCE

chemin ou qu’il est arrivé au terme de la maladie. On ne considère pas que la convalescence a ses degrés et son cours, aussi bien que la maladie ; et Ton peut avoir une très-longue convalescence, au lieu d’une très-rapide, ou même n’en point avoir simplement avec l’idée que le malade est rétabli.

Les convalescents exigent des soins aussi bien que l’air de la campagne.

Ceux qui entretiennent cette opinion ne voient pas : « pourquoi il faut encore donner tant de soins aux convalescents;» mais les personnes qui ont pris la peine de garder les malades savent que, dans beaucoup de cas, les convalescents seraient irréparablement perdus sans la continuation des soins les plus attentifs. Les uns tomberaient dans des maladies chroniques, les autres deviendraient à jamais impotents, à charge à euxmêmes et à leurs amis pour le reste de leurs jours, lis ont pu être rendus à la vie, mais le retour à la santé, à une existence utile, dépend dans presque tous les cas des soins donnés après la maladie. Ces soins ont pu obtenir en peu de semaines ce qu’une observation médicale superficielle avait déclaré impossible à conquérir en moins de deux années. Les longues convalescences terminées par une rechute ou par la mort ne sont

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pas rares parmi les pauvres, dont un grand nombre est renvoyé de Fhôpital, pour faire place à des malades atteints de maladies aiguës, longtemps avant qu’ils soient capables de retourner à leurs travaux accoutumés.

Suivez-les dans leurs demeures; qu’y trouverez-vous? un intérieur misérable, arriéré par la maladie du chef ou du soutien de la famille, voyant le retour de ce chef, dont peut-être il avait attendu la mort, comme une charge nouvelle imposée à des ressources épuisées, ne sachant comment lui procurer les soins, les vêtements, et par-dessus tout la nourriture propre à réparer ses forces. 11 n’y a aucun doute que ces convalescences, à qui tout fait défaut, qui s’écoulent dans un mauvais air, au milieu de toutes les privations, doivent fréquemment grossir le registre des tables de mortalité.

Ici se présente naturellement une question :

en contribuant à la fondation d’un hôpital pour chaque chef-lieu, a-t-on songé à toutes les obligation qu’il comporte? 11 n’est pas sain pour les gens bien portants d’habiter et de dormir au milieu des malades; est-il raisonnable de penser que les convalescents puissent s’en mieux trouver? ne doit-on pas considérer comme un point important de l’administration des hôpitaux dans les districts populeux d’y établir le département des

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convalescents, à une distance convenable, en pleine campagne, vers lequel seraient dirigés les convalescents, retirés de Fliôpital aussi promptement que possible?

Ma conviction personnelle, c’est qu’après l’avantage de transporter entièrement les hôpitaux hors des villes rien ne pourrait ajouter plus au bienfait de ces établissements, rien ne serait, pour les malades pauvres, une plus grande bénédiction ce principe étant reconnu, que la convalescence est un état qui exige son traitement particulier, et les mesures prises en conséquence.

Je suis heureuse de penser que déjà quelques pas ont été faits sur cette voie à Londres et à Manchester.

Il ne s’agit pas ici seulement des enfants malades, mais des enfants « délicats, » dont la délicatesse est due à l’excès des soins, surtout dans la classe où l’on peut leur procurer une vie artificielle.

On pourrait supposer que toutes ces observations s’appliquent au soin des malades, tandis qu’en réalité, il est une autre classe de personnes pour lesquelles elles sont également importantes ; ce sont les enfants non pas malades, mais délicats, principalement les enfants des classes opulentes qui, en dépit de tous les soins et de toutes les dépenses, deviennent, pour leurs parents, une source incessante d’anxiétés, par suite de soins excessifs et malentendus.

Ce n’est pas seulement le résultat de l’air, mais du genre de vie de Londres.

Ces enfants qui, durant leur séjour à la campagne, sont florissants, pleins de vigueur, de-

viennent promptement par leur séjour à la ville, des petites plantes de serre chaude, pour la vie desquelles leurs parents tremblent, s’ils sont exposés une heure au vent et au froid. C’est qu’ils ont été transplantés dans un genre de vie artificielle, une vie de serre chaude, où les soins sont prodigués outre mesure, où la privation du grand air, de l’exercice libre ad îibüum, où le changement du régime, le changement des habitudes, la contrainte et tes restrictions qui les attendent à chaque pas, dans une grande ville, sont encore rendus plus nuisibles dans des maisons mal construites, mal aérées, mal chauffées, c’est-à-dire trop chauffées.

Tout le bien acquis à la campagne est perdu à la rille.

Tout le bien, acquis dans une vie saine, en six mois de campagne, est ordinairement perdu en un mois de la vie de Londres.

L’opinion populaire est que tout le mal vient de l’air de la ville, que les enfants ne peuvent pas y profiter, et que la seule chose à faire est de les y retenir le moins longtemps possible.

Mais on oublie l’eflét de l’atmosphère des maisons et des habitudes de Londres.

Relativement à la salubrité, il y a une grande différence entre les localités; il n’est pas sain d’être sous le vent des quartiers les plus fangeux

de la ville et de ceux où la population est le plus entassée. Les positions les plus élevées, les plus exposées à l’air et au soleil sont, en général, les plus saines. Les quartiers bas, à l’abri des parties élevées, et où le vent apporte des émanations nuisibles, sont ordinairement plus malsains.

Le côté occidental de la ville, où le vent apporte les mauvaises exhalaisons, toutes les fois qu’il souffle dans cette direction, est le récipient de l’air des quartiers malsains, et cependant il est préféré par le monde élégant, parce que c’est le « West-End. »,

Difficulté d’infecter une maison à la campagne, tandis qu’à Londres rien n’est plus facile.

Une habitation à iacampagne,isolée des autres, dans un air pur et sain, défie presque tous les efforts de l’ignorance pour la rendre malsaine; mais dans l’atmosphère de Londres, ce résultat s’obtient très-aisément.

Les maisons ne sont pas généralement bâties pour être aérées ; elles n’ont pas d’issues pour en chasser le mauvais air, ni pour y faire entrer un air plus pur. 11 n’en est pas de meilleure preuve, parce qu’elle saisit tout le monde, que le temps durant lequel presque toutes les maisons conservent l’odeur du dîner; dans quelques-unes, les greniers ne sont jamais purifiés. Les seuls en-

droits d’où vient l’air dans beaucoup de maisons.

c’est des caves et de la cuisine.

Il faut que l’air du rez-de-chaussée et de la cuisine soit bien pur pour n’être pas malsain. 11 n’y a point de raisons pour qu’il soit malsain, et partons les moyens, entretenez l’air intérieur de la maison aussi pur que l’air extérieur; le bon emploi des fenêtres vous donnera ce résultat, mais ne pensez pas que la ventilation remplace la propreté.

Dans les villes, quand les enfants sortent, c’est en voiture, ou comme des chiens en laisse.

Pour en revenir aux enfants, comment viventils dans ces maisons? A la campagne, ils passent au moins la moitié de leur temps en plein air ; à la ville, au contraire, quatre-vingt-dix-neuf heures sur cent se passent dans la maison, et quand on laisse sortir les enfants, on les conduit comme des chiens en laisse. C’en est fait de toute bonne influence du jeu, des exercices musculaires ; il n’est plus question de courir, de rire ; on ne voit plus ces bonnes mines rondes et fraîches ; et souvent ces délicates créatures sont empaquetées dans une voiture pour prendre l’air soi-disant, comme ils prendraient une dose de médecine.

Ces craintes artificielles ne sont pas imaginaires, car elles se creusent elles-mêmes un fondement.

On connaît l’effroi traditionnel des bonnes au

DES ENFANTS, A LONDRES, sujet du A?ent du nord-est, qui comprend, dans leur esprit, les trois quarts de la zone du compas; cet effroi est certainement justifié, quand les enfants ont été, pendant une année, cultivés comme des plantes de serre chaude, et rendus semblables à des invalides, de retour après dix ans de résidence dans les tropiques. Ce régime réussit à produire, ce qui est une monstruosité en éducation, des rhumatismes, des phtbisies, et des valétudinaires de quinze ans.

Victimes bien élevées, mais étiolées.

Une série d’études, qui serait convenablement répartie en douze mois est souvent condensée dans une période de quatre ou six mois à Londres, à raison de la plus grande facilité que l’on trouve pour l’enseignement.

Les élèves sont réunis dans une classe ; ils sont reçus dans le salon, ils dorment dans un dortoir, toutes ces pièces sont plus renfermées et plus chaudes les unes que les autres; quelquefois, ils dorment dans des chambres chauffées, ce qui est l’une des erreurs les plus pernicieuses dans le régime des jeunes gens. Ils font toutes choses par ordre, toutes choses conformément à la règle, et ils deviennent des ombres pâles et sans vie, dans lesquelles il n’y a plus ni force, ni santé, ni vivacité; les nerfs, les muscles

et rinteliigence sont également affaiblis, faute d’exercices salutaires.

Trois choses funestes aux enfants.

Je voudrais ajouter trois autres choses qui exercent une terrible influence sur la santé de ces enfants.

1® J’ai vu des gens, possesseurs d’une grande fortune, exiler sans le moindre scrupule leurs enfants dans une chambre au nord (chambre de scrofuleux) où jamaisne pénètre un souffle d’air purifié par un rayon de soleil, et cependant c’étaient des parents pleins d’affection et de sollicitude.

2° Est mauvaise l’habitude de faire venir les enfants au dessert; on a souvent dit que c’était le seul instant où un père occupé pouvait voir ses enfants; mais, s’il y a des convives à table, le père n’en jouira pas beaucoup, et s’il n’y en a pas, pourquoi faut-il qu’ils ne soient introduits auprès de leur père qu’avec les confitures et le vin?

3° Je voudrais savoir si l’expérience de beaucoup de femmes de charge est semblable à la mienne, c’est-à-dire si ce que l’on appelle à Londres renouveler les papiers et les meubles d’une maison signifie qu’on remet un papier neuf par-dessus un papier sale, et une nouvelle toile de Perse sur une ancienne ; et cela, jusqu’à trois ou quatre épaisseurs. Qu’on ne s’étonne donc pas

si quelques maisons de Londres sont toujours comme moisics et si la propreté n’est pas mieux connue que cela. Une telle négligence affecte la santé de tous les habitants de la maison, mais les enfants en souffrent à un bien plus grand degré.

Témoignage rendu par l’appétit à la campagne «t dans la ville.

L’état de la santé est, en général, attesté par l’état de l’appétit; les enfants, qui ont à la campagne un excellent appétit pour toutes les substances Tégétales et animales : le lait, les fruits, la-viande, le pain de ménage, etc., durant le temps de leur existence de serre chaude se restreignent au pain, au beurre, au thé, à la pâtisserie et quelquefois, par hasard, mangent une orange. Est-il étonnant que l’estomac se détériore sous ce régime contre nature?

Le thé ne doit pas être donné aux enfants, comme on le donne aux malades.

Ne traitez pas vos enfants comme des malades; ne leur faites pas prendre, surtout aux enfants nerveux et irritables, du thé, qui leur procure une excitation passagère, aux dépens de leur pouvoir de nutrition. Pourquoi ne pas leur laisser manger de la viande, et boire un demi-verre de lait ou de bière légère ? S’ils ne peuvent pas le

supporter, c’est par la faute de quelqu’un, ce n’est pas celle de l’enfant, ni de son appétit naturel.

Résumé.

DonneZ“leur des salles d’études fraîches, éclairées, exposées au soleil, ouvertes à l’air libre; des chambres à coucher sans feu, beaucoup d’exercice en plein air, exposez-les même au froid, au vent, à tous les temps, avec des habits suffisamment chauds et un exercice suffisant, beaucoup d’amusements et de jeux, librement choisis par les enfants, et non imposés ; plus de liberté et de développement naturel, et moins d’études, d’efforts, de discipline, avec plus d’attention à la nourriture, moins de préoccupation de les droguer, et vous trouverez qu’il est possible de conserver des enfants bien portants, même dans l'air de Londres.

NOTES

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