‹ Des soins consécutifs à la trachéotomieChapitre 6 sur 7 · OBSERVATION IV · texte numérisé non relu

OBSERVATION IV

Blanche H , âgée de 3 ans, a le cou court, vo-

lumineux. Le croup est simple , pas d’engorgement ganglionnaire. L’emploi de la médication vomitive ne peut enrayer la marche de la maladie, et le 29 mal 18G3, M. Guersant pratique la trachéotomie.

L’opération est laborieuse; à la suite de l’ouverture de la trachée, emphysème de toute la face, du cou, et de la région thoracique supérieure. Cette complication disparaît au bout de quatre jours.

LÏMifatït mange et boit immédiatement après l’opération. Le lendemain, ses crachats sont visqueux et abondants; mais leur expulsion est très-difficile , et l’on est obligé de la provoquer en chatouillant plusieurs fois la trachée avec une plume de corbeau, et en ayant souvent recours aux inhalations. La fièvre a été forte, le nombre des inspirations, pendant les trois premiers jours, oscillait entre 45 et 55, ce qui dépendait soit de l’accuniulation des crachats, soit de l’emphysème.

Le quatrième jour, la canule est enlevée définitivement: le sixième, je trouve l’opérée se promenant dans sa chambre.

Enfin, on observe fréquemment la prolongation du catarrhe bronchique; quelques médicaments Internes ou externes en triomphent facilement, surtout après la fermeture de la plaie du cou.

* S VIII. — État de la circulation.

La fièvre ne manque jamais; faible ou forte, elle se manifeste quelques heures après l’opération , et revient presque tous les soirs durant quatre ou cinq jours. La peau est chaude, la face animée, le pouls s’élève de 100 «à 150 , et même plus; la soif est vive, le malaise, la chaleur, portent les opérés à s’agiter sur leur couche , à se découvrir. Une surveillance rigoureuse est donc nécessaire.

L’élévation du pouls, dans les cas heureux, varie d’après le tempérament, et surtout l’âge; le nombre des pulsations étant d’autant plus considérable que l’enfant est plus jeune. Quelle que soit l’appréhension que cause la fièvre, on conservera de l’espoir tant que les organes thoraciques fonetlonneront bien, car la guérison ne sera que retardée par suite de l’anorexie qui accompagne la fièvre. Mais, si la canule se sèche, si les inspirations atteignent et dépassent 50 à la minute, et que le pouls se maintienne à 14.5, 150, 160, une complication mortelle doit être soupçonnée.

Après une trachéotomie qui marche bien, l’élévation du pouls, sans accident du côté des voies respiratoires, annonce 9 fois sur 1 0 une altération de la plaie : ulcération, érythème, et surtout érysipèle.

§ IX. — Fonctions cérébrales.

Les convulsions, le délire, peuvent survenir après l’opération; ils ne sont que la conséquence d’une asphyxie trop longtemps prolongée; l’absorption de sang par la traehée produit les mêmes résultats. La gravité de ces signes n’existe que durant quelques Instants; peu à peu tout rentre dans l’ordre, et les suites üe l’opération reprennent leur cours ordinaire.

L’éclampsie des enfants est fort rare; j’en ai observé un cas intéressant.

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