‹ Des Sorties Provisoires a Titre D'EssaiChapitre 10 sur 44 · ONE · texte numérisé non relu

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nécessaire. Nous allons nous eflforcer de létablir elairement.

Le congé simple, qu’on appelle encore permission de sortie, n’est accordé que pour un minimum de temps ; le malade quitte l’asile pour une durée de quelques heures à deux et trois jours au plus. C’est une sortie en dehors de l’établissement dont bénéficient les aliénés en cours de traitement ; les aliénés chroniques sont, entre tous, ceux qui en usent le plus largement. Cette “permission de sortie est accordée dans un but quelconque, on la prescrit à titre de distraction. Le plus souvent, c’est une satisfaction que le médecin n’oserait refuser au malade et à la famille. C’est « le congé de distraction » du D’ Pasturel.

Le professeur Francotte (1), ne s'exprime pas autrement : « Les sorties de congé tempèrent la rigueur de la collocation, elles sont un adoucissement à la vie recluse que comporte cette dernière. »

Les sorties à titre d’essai sont des sorties provisoires, en ce sens qu’elles amorcent la libération définitive. Elles sont réservées presque exclusivement aux malades convalescents ou tendant à la convalescence. Le médecin, qui décide en toute compétence de leur opportunité, épie la guérison qui s'approche et par la sortie d’essai cherche à hâter sa venue. Il est féru de l’espoir que l’épreuve sera tout à l’honneur de son malade.

Ici, pas de complaisance à l'égard de la famille. La

1. Francorre, In Bull. Acad. Roy de Méd. de Belgique, 31 mars 1906,

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sortie d'essai est une arme dans la main du médecin,

que seul le médecin doit manier. C’est lui, qui jugeant

Je moment venu, doit en quelque sorte imposer cette

mesure à l'entourage du malade. M. Espiau de Lamaëstre (1), à qui les sorties d'essai apparurent toujours

néfastes, ne croyait pas fournir à l’appui de nos vues de

tels arguments, quand il fit, en manière de réquisitoire, ces deux déclarations que nous nous plaisons à rapprocher : « Généralement je n’autorise les sorties provisoires que sur les sollicitations réitérées de la famille » et plus loin, « la plupart des sorties que j'ai accordées ont été suivies de résultats si fâcheux qu'aujourd'hui j'ai pris pour règle de conduite de ne jamais les provoquer.» Peut-on maintenant s'opposer à ce que, faisant nôtre le témoignage d’un tel adversaire, nous en venions à cette conclusion : le médecin seul peut permettre à titre d’essai Le renvoi temporaire d’un aliéné, seul il a qualité pour décider de l’opportunité d’une telle mesure qu'il doit pouvoir au besoin imposer ?

Nous avons dit que la sortie à titre d'essai méritait d'attirer notre attention par son caractère original qui est de s'appliquer presque exclusivement aux convalescents. Et c’est pour ce caractère mème qu’on doit

l’agréer au sein de la thérapeutique aliéniste comme une

innovation de bonne venue. [Il faut avouer que le trai-

tement des affections mentales ne comportait aucune

- indication spéciale à l'endroit même de la convales-

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