Esrrau pe Lamarsrre. Ann. méd. -psych., & XI, p
cénce. Pourquoi à cet état spécial ne correspondrait pas un mode spécial de médication ? Il n’y a pas de raison pour qu'il n’en soit pas ainsi, et nous pourrions peutêtre, avec quelques chances de succès, battre en brèche l’intransigeance du professeur Lasègue.
Comme on pouvait-s’y attendre, son avis sur la question des sorties provisoires est catégorique dans son esprit et dans son extériorisation verbale : « Il n’y a pas de moyen terme possible, il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée. » Oserions-nous transporter cette formule dans un autre domaine et dire : « Il y a, d'un côté, des malades, de l’autre, des gens qui sont parfaitement bien? » La convalescence existe, qui viendrait troubler le parfait sans-gène d’une telle formule ; et nous saisissons avec empressement l’occasion qui nous est offerte d’en donner ici la définition. Le Dictionnaire Dechambre (1) nous la fournit ainsi conçue : « Conformément à son étymologie, c'est l’état d’une personne qui relève de maladie, la période de transition entre la
maladie qui n'existe plus, et le retour complet de la
santé et des forces au degré que comporte la constitu-
tion individuelle ou, en d’autres termes, un état intermédiaire entre la maladie et la santé. » De même, établissant un parallèle, concevrions-nous « qu’il doive y avoir, entre la séquestration complète et la liberté absolue,
place pour un moyen terme, qui est précisément la sor-
1. Decnamsre, Dictionnaire encyclop. des Sc. Méd., 1° s t. XX, 1'e partie,
So)
ne
ES 2e
tie d'essai pendant laquelle le malade restera sous le contrôle du médecin. »
Celui-ci, en effet, a pu croire le moment venu de libérer son malade à titre provisoire, après la disparition absolue des manifestations délirantes. Cependant, on est en droit de se demander s’il a en sa possession tous les éléments nécessaires pour pouvoir porter à coup sûr le diagnostic de guérison, même en un sens médical. Que va-t-il arriver demain quand le malade sera dehors? Il faut prévoir l’essai défavorable exigeant un prompt retour à l'asile. Cette dernière considération nous amène à mettre en relief la supériorité, en l’occu-
rence, de la sortie provisoire sur la mise en liberté définitive ; le malade qui continue à figurer normalement sur les registres de l’asile, peut y être réintégré avec la plus grande facilité, sans qu’on ait de nouveau recours aux formalités de la première entrée. C’est là que git l’incontestable avantage des sorties à titre d'essai; cette disposition pratique aunihile les objections de la famille qui, en cas de non guérison, redoute l'éventualité de nouvelles démarches; elle est pour laliéné une garantie de plus contre un internement prolongé en pure perte, de nature, par conséquent, à compromettre une
guérison qu’on pouvait espérer plus rapide.