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AVANTAGES QU'OFFRENT LES SORTIES D'ESSAI

Les avantages offerts par les sorties à titre d’essai n’ont pas semblé discutables à la majorité des auteurs que nous venons de citer.

Pour quelques réfractaires, combien de partisans et, disons le mot, combien d’enthousiastes! Il suffit de parcourir les documents annexés au rapport du D' Legrain au Conseil supérieur de l’Assistance publique en 1902 pour s’en bien rendre compte; les approbations succèdent sur toute la longueur de l’enquête aux appréciations les plus favorables. « C’est une mesure nécessaire », disent les uns, « on ne saurait s’en passer », attestent les autres, et cela pour bien des raisons qui trouvent en cette partie de notre ouvrage le lieu de leur exposé.

S 1. — Une considération qui prime toutes les autres et devant laquelle toutes les autres doivent s'incliner,

c’est, pour l’aliéniste le souci constant de conduire son

malade à la guérison. Comme nous l’avons dit plus haut, le praticien d'asile ne doit accorder une sortie d'essai que dans l'intention de servir la cause du traitement, à titre curatif en un mot. Pour ce faire, la sortie d'essai (l’usage en a convaincu les aliénistes) s'offre à lui comme un moyen thérapeutique dont il peut tirer le meilleur parti. Comment agit-elle ? par quelle mécanisme influence-t-elle le malade? On peut supposer qu'elle sollicite plus ou moins directement les divers facteurs de la guérison.

Esi-il besoin d’insister sur ce‘qu’a de pénible pour un convalescent la promiscuité des aliénés ? Beaucoup vont jusqu'à prétendre que c’est là une condition nuisible au rétablissement de la santé mentale. Aussi, pourquoi ne pas recourir, dès que l’asile a produit tout son effet, à l'emploi humain dé la sortie d’essai? Il ne faut pas perdre de vue que Îles aliénés « ont été élevés par Pinel à la dignité de malades » (1); le temps n’est plus des chaines, des cadenas et des grilles de fer. La conception qui voulait que les aliénés fussent traités comme des criminels nous apparait aujourd’hui comme une atroce aberration. Internés en vertu des lois protectrices, ils puisent dans le repos de l'asile les premiers éléments de leur guérison. Quand ce traitement s’est exprimé jusqu’à son dernier bienfait, l’asile n’a plus pour eux sa raison d’être; on conçoit même qu'il puisse ne pas ètre indifférent d’y tenir plus long-

temps enfermés, des malades dépouillés des tendances

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