Dr Dacoxer., Traité des mal. mentales
TRE surgit à côté, non moins sérieuse qui acclimate l’indécision dans l'esprit de l’aliéniste. Deux facteurs s’associent pour former la folie : le malade et le social, indissolublement unis, mais qui se présentent à nos investigations sous des aspects particuliers à chacun d'eux. Le malade nous est déjà connu ; quant au facteur social, agrégat des circonstances mêmes qui ont été les causes principales de l'affection mentale, nous l’ignorons presque totalement. Peut-être avons-nous pu le soupçonner, l’entr’apercevoir à travers les déclarations suspectes du malade, les réticences défiantes de ses proches, les renseignements tronqués, volontairement inexacts ou contraditoires qu’on essaya, si j’ose dire, de conquérir sur la famille. Mais quelle vague et fugace impresssion ! Quelle information rudimentaire ! La grosse inconnue du problème nous reste cachée : « Ce bouillon de culture où l’aliéné a pris naissance, « déplorait le D° Legrain, le médecin Pignore, il n'a « pu le scruter, il ne peut s’y fier; il a tout au contraire « pour s’en méfier. La seule pierre de touche de la « résistance de son sujet lui a manqué. » Cette pierre de touche se trouve à la portée de notre main, c’est la sortie d’essal.
De mème qu’une injection de tuberculine, pratiquée chezun individu suspecté de bacillose, decèlera dans son organisme la présence de foyers latents, de mème la sortie provisoire d’épreuve, replaçant l'aliéné dans le milieu des excitations extérieures, réveillera chez lui
jusqu’à l'évidence les manifestations d’une folie en
sommeil.