PORTE UC
Elle aura, d'autre part, le mérite de mettre en déroute les facultés dissimulatrices de certains aliénés. « Ne sait-on pas aussi, écrivait le D' Dagonet (1), nous «n'avons pas l'intention d’en aller chercher les nom- « breuses preuves scientifiques, qu’il y a des individus « parfaitement aliénés et qui sont assez maîtres d’eux- « mêmes pour en imposer et cacher leur folie aux « yeux de ceux qui les observent ; ce sont quelquefois « les malades les plus dangereux. »
La dissimulation est du reste assez facile, au sein de l’existence calme des asiles, exempte de vicissitudes et nous savons qu'il est chez les aliénés des dissimulateurs d'une merveilleuse habileté. Leur défiance vis-à-vis de ceux qui les observent, est un perpétuel aiguillon à leur attention. Ils savent, après une phrase imprudente se ressaisir et tromper ainsi la perspicacité du praticien. Qu'on les soumette à la sortie d’essai ; ils ne tarderont pas à céder aux sollicitations de l’ambiance:
D'autre part, on ne peut conclure d’un malade à un autre, d’une guérison à une autre. Deux mélancoliques, deux maniaques ne se présentent pas, lors de leur rétablissement sous le même aspect. Autant de formes mentales, autant d'espèces de guérisons. C’est le cas de rééditer l’aphorisme fameux : « Il n’y a pas de maladies, il n’y a que des malades », qui, en médecine mentale, trouve son application la plus justifiée.
Où donc est le criterium de la guérison ? Où se réfu-
gie-t-il ? C’est encore la sortie d’essai qui s’offre à nous