Hosrirar. Ann. méd, psych., 1903, t, XVIII, p
That d’avoir bientôt à enregistrer un échec ou de s’exposer à, des risques de divers ordres.
« Les inconvénients des sorties d’essai seront d’au- < tant moindres que l’examen du médecin aura été plus « sévère et qu’il sera soumis à cette nécessité de ne pas « faire de la sortie d’essai une règle applicable à tous « les cas. » Il y a donc un choix à faire. Examiner à part chaque aliéné, c’est s’éviter les déboires que les sorties prématurées tiennent en réserve, à qui en use inconsidérément.
Nous avons montré dans un précédent chapitre quelle confiance il fallait accorder aux signes cliniques de la guérison recueillis en dehors de l’épreuve par sortie. L'occasion se présente ici de décrire par quoi s'annonce la convalescence : on ne saurait trop y porter attention, puisque bien observés, ces symptômes îde transition fournissent au praticien d'excellents éléments pour sa décision.
Ils sont du reste assez caractéristiques pour ne point passer inaperçus. Tous les praticiens d'asile ont remarqué qu’au moment où point la convalescence, l’attitude . du malade se modifiait jusqu’à étonner par le contraste avec sa façon d’être antérieure. Le malade, qui ne perdait pas une occasion de récriminer contre l’internement de réclamer à grands cris sa liberté, de menacer le m 'decin coupable de le séquestrer, change de ton, se calme peu à peu, se montre confiant et s’abandonne complètement au médecin,qu'il laisse seul juge du moment opportun de la sortie. Se rendant vaguement
compte de son insuffisance, il perd sa belle assurance
Ra et se prend à penser qu'il lui serait sans doute bien difficile de se conduire dans l’existence, si on le laissait livré à ses propres forces. C’est le moment où, sans réserve, il accepte l’internement dans cet asile qu'il maudissait naguère et qui maintenant lui apparaît comme un tutélaire abri.
Lors, dégagé de ses hantises intérieures, le malade jette les yeux sur ce qui l’entoure. Il s'intéresse à nouveau à ce qui se passe en dehors de lui et en dehors de l'asile. Ses sentiments affectifs renaissent, il souhaïte ardemment la visite des siens. Précieuse indication, premier jalon sur la route de la guérison.
Nous pourrions, il est vrai, rééditer ici ce que nous avors dit de la guérison ; sans doute, la convalescence s’entoure généralement d’un tel cortège de symptômes, mais l'indication formelle n’en subsiste pas moins de soumettre le malade aux rigueurs d’une observation sans défaillance, car autant de convalescents, autant de formes de convalescence, autant d’aspects divers, de nuances, qui surajoutés au type moyen impriment à chacunes d'elles un cachet qui lui appartient en propre.
Cependant, ce que nous venons d’exposer plus haut nous met déjà en défiance contre ces internés, dont les inlassables récriminations ont quelquefois pu forcer la main au médecin qui les soigne. « Il n’est pas dé jour, «en effet, écrivait le D° Campbell (1),que des malades
«ne vous pressent de les mettre en liberté ;sans cesse,
1. J.-A. Camrseuz, The Journal of mental science, oct. 1875, p. 403.
«ils se plaignent qu'il ne leur sert à rien de bien se «porter, puisqu'on continue à les séquestrer ; les
« parents, poussés par les objurgations d’un voisin qu'ils
‘« croient très avisé, viennent à la rescousse ; tout cela
« joint au désir qu'a le médecin de compter le plus de « guérisons possible et peut-être pour faire de la place «< aux Cas aigus, toutes ces considérations, dis-je, ont leur « effet. » Cédant ainsi aux instances peu éclairées de la famille, bien que très peu persuadé de l’urgence d'une telle libération, le médecin va le plus souvent à l'encontre du but qu’il se propose.
Il ne saurait sans se nuire, laisser à d’autres le soin de la décision. Le D' Auzouy (1), nous met en garde contre le fâcheux d’une telle conduite : « Pour les ma- « lades admis par placement volontaire, la sortie s’opère « dès qu’une simple amélioration décide leur famille « à les réclamer à titre d'essai. À moins d’un. état dé- « lirant tellement intense qu’il risque de compromettre « gravement la sécurité publique, les malades sont « rendus à leur famille instantanément et à leur pre- « mière réquisition. A la suite de sorties, aussi facile- « ment obtenues, les rechutes sont malheureusement « fréquentes. »
Le médecin devra donc avant tout prendre conseil de sa propre expérience ; fidèle à cette prescription qu'il n'y a pas de règle applicable à tous les cas, sa précaution initiale sera de revoir à fond son malade.
Il surprendra ses moindres actes, l’étudiera dans ses