‹ Des Sorties Provisoires a Titre D'EssaiChapitre 34 sur 44 · Auzoux. Ann, méd.-psych., 1876, p · texte numérisé non relu

Auzoux. Ann, méd.-psych., 1876, p

Re comportements les plus divers, le scrutera dans un entretien familier ; tous les renseignements que sa vue saura recueillir, sa manière de marcher, ses tics, ses gesticulations nous seront quelquefois plus précieux que le plus sévère interrogatoire. Mais c'est là une tâche dont il ne faut pas cacher l’arduité. A bien envisager les devoirs qui incombent au médécin d'asile, une réflexion vient à l'esprit : « Comment lui, qui a charge de tant de malades, suffira-t-il à une besogne gussi lourde et si délicate, surtout quand il assume à la fois les fonctions de directeur et de médecin ? »

M. Lefèvre (1) dénonçait là une quasi-impossibilité

matérielle de faire face à ces exigences : « Or mème,

déchargé de toute autre fonction, un médecin ne sau-

rait voir utilement plusieurs centaines de malades, « alors que tout nouvel entrant doit être minutieuse- « ment interrogé, subir un examen qui peut quelque- « fois durer plusieurs heures. Comment un seul prati- «cien pourrait-il surveiller d'assez près tous ses « pensionnaires, suivre l’évolution de leur psychose, « épier le moment où la lucidité revenant, on pourrait « tenter la sortie et obtenir une guérison ? Un aliéné «a droit à un traitement individuel au même titre «€ qu’un typhique ou qu'un pleurétique. Il y a d'autant « plus droit que son aflection revêt toujours un carac-

« tère personnel, idiosynerasique, que son observation

est plus difficile à prendre et que la thérapeutique

dont elle est justiciable est encore incertaine. »

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