‹ Des Sorties Provisoires a Titre D'EssaiChapitre 36 sur 44 · OR E · texte numérisé non relu

OR E

appréhensions et ses espoirs ; il ne lui ménagera pas le réconfort de sa parole attendue, le secours de ses avis autorisés ; il n’hésitera pas à sincèrement représenter au malade la nécessité de la réintégration, quand il verra sur le point de défaillir une intelligence dont il a assumé la direction,

On voit quelle ampleur revêt un tel rôle et combien considérables sont les attributions du médecin. Thérapeute à l'origine,il se double aujourd’hui, osonsnous dire, d’un hygiéniste, ear sa tâche est de prévoir autant que de guérir ; en éloignant du malade toutes les causes de désagrégation mentale, en harmonisant à l'ambiance des cerveaux de fragile résistance, il conjurera la rechute, évitera la triste récidive. Par là son œuvrese complétera d’une clairvoyante et féconde pro-

phylaxie.

S . — Nous nous sommes étendus, dans le précédent paragraphe sur les précautions dont on devait entourer

la sortie d'essai. Mais ce chapitre restera incomplet

tant que nous n’aurons pas déclaré quelles qualités nous voudrions lui assigner. Ce sera l’œuvre du présent paragraphe.

Nous inclinons à penser qu'elles ont tout intérêt à ètre précoces, pour produire leurs effets utiles. IL y a lieu de nous expliquer.

Actuellement, beaucoup de praticiens recourent, à leurs risques et périls aux bienfaits de la libération d'attente ; en ce qui concerne les placements volon-

taires, bon nombre d’aliénistes se croient suffisamment

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couverts, si la famille assume au dehors la responsabilité de la convalescence. Autrement épineux se pose le problème quant aux placements d'office, étant donné ce fait que personne ne veut prendre sur soi de libérer un malade ainsi séquestré, pour ce qu’il compromettait par ses excès publics la sécurité de ses concitoyens. Soucieux de s’éviter des désagréments, qui ne sont jamais négligeables, des médecins reculent la libération jusqu’au jour, où, après une longue temporisation, ils font sortir des malades pour qui la mise en liberté définitive n'aurait pas été déplacée.

La sortie sera précoce, en ce sens qu’elle sera décidée après que les symptômes d’une réelle amélioration se seront manifestés d’une façon stable pendant un certain laps de temps, variable avec chaque malade. Si l’on observe concurremment les prescriptions plus haut énoncées, elle revètira un caractère de prudence, qu’on ne sera pas tenté de lui contester. De telles sorties sont vantées sous un autre qualificatif par le D' Marandon de Montyel qui les désigne sous le nom de « sorties anticipées », par le D' Pasturel (1) pour qui les « sorties prématurées » apparaissent comme le meilleur moyen d’éviter que la malade tombe « dans un état subaïgu, précurseur souvent de la chronicité. »

Les observations qu'il apporte à l’appui de sa thèse sont ici de la meilleure venue.Qu'on nous permette de

les relater à cette place même de notre travail inaugu-

ral.

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