Pasrurez. Ann. méd.-psych
Observation I
V... (Louise), âgée de 30 ans, ménagère, mariée. Un de ses parents a été aliéné. Entrée à l’Asile le 19° janvier 1902.
De nature très émotive, d'après la version de son mari, elle avait parfois des idées bizarres.
La maladie mentale semble avoir pour cause le sevrage d’un enfant de 16 mois (folie liée à la lactation). Elle revêt la forme d’une mélancolie anxieuse avec des idées de ruine, de perdition, de culpabilité, hallucinations de l'’ouïe et de la vue, tendances au suicide, refus intermittents d'aliments.
Elle ne mange pas pour faire pénitence et parce que la nourriture n’est pas payée et qu'elle ne veut pas ainsi ruiner sa famille, résiste à tout ce qu’on veut lui faire faire, qu'il s’agisse de s'habiller ou de se déshabiller, d’aller à table ou au lit, etc.
Céphalée, insomnies, hallucinations.
Elle entend son mari, elle sait qu’il est dans l’établissement.
Elle l’a aperçu et on ne veut pas le lui laisser voir. Elle pleure souvent.
En même temps, troubles somatiques tels que constipation aménorrhée, perte d’appétit.
Ces symptômes aigus du début s’amendent au bout de quelque temps, par l'administration d'extrait d’opium, de sulfonal, de laxatifs, de bains tièdes.
Mars 1902.— L’anxiété a diminué, les idées de ruine, de perdition ont en partie disparu, l’état physique est meilleur, mais il persiste encore de la confusion des idées, une émotivité non justifiée, des craintes puériles,
Sa famille la réclame à tout prix: sur ses instances réitérées,
OT quoique la malade soit depuis peu à l'Asile on ne s'oppose pas à sa sortie qui a lieu le 13 mars 1902.
Depuis cette époque-là, c’est-à-dire depuis plus d’un an l’état mental a été bon ; V... se plaint seulement de céphalées
intermittentes.
Observation II
M... (Mélanie), âgée de 37 ans, mariée, cultivatrice. Tares héréditaires dans la famille. Suicides.
Internée une première fois en 1882 pour troubles hystériformes avec crises de dépression et d’excitation alternatives ; a trois enfants en bonne santé.
Présente, au moment de son deuxième internements en 1901, les troubles mentaux d’une maniaque, c’est-à-dire de la loquacité de l'incohérence, de l'agitation, etc.
Quinze jours après, c’est le tableau d’une mélancolique avec dépression, mutisme, refus d’aliments qui n'est que passager.
Sa figure exprime l'anxiété, le regard est brillant et douloureux ; sa tenue est négligée, elle est nu-tête, les cheveux ébourriflés ; elle déchire ses habits, marche les pieds nus. Insomnie,
Elle est en proie à des hallucinations de l’ouïe et de la vue, à des raptus mélancoliques caractérisés par des actes de violence envers les autres malades et le personnel infirmier.
Elle entend des personnes que l’on fait brûler vivantes à côté d'elle et elle s'étonne qu’on ne les voie pas et qu’on ne les entende pas comme elle. Elle voit et entend ses enfants, elle sait qu’ils sont dans l’Asile et elle ne peut les voir.
On trouve chez elle des idées de persécution qu’elle formuie surtout envers le personnel infirmier.
Hocquet