Famzess. The journal of mental Science
He malades atteints de délire toxique les avantages des sorties précoces : « Il n’y a pas bien longtemps j'eus à « m'occuper d’un malade que je pris pour un maniaque: | « le lendemain de son arrivée, il me parut en bonne
santé. En fouillant l'observation, j’appris qu’il avait
souffert d’un rhumatisme, sans nul doute il avait usé
de narcotiques ; je priai ses amis de vouloir bien l’em-
« mener, car je considérais comme une méprise son envoi « à l’asile. Une semaine plus tard, il en était sorti. On « le revit par la suite au temple, participant à la com- « munion. Jamais depuis sa sortie il n’avait présenté « les symptômes de son affection antérieure. »
Ainsi que MM. Lefèvre et Rodiet l’ont fait remarquer les sorties provisoires conviendraient tout particulièrement aux alcooliques, « que notre législation oblige à considérer comme des aliénés et ne permet point de reienir au delà de la période délirante souvent fort courte (D° Rodiet). « Rendu à la vie libre, mais « considéré comme convalescent, soumis à une surveil- « lance médicale, guidé par conséquent et aussi se « sachant sous la menace d’être réintégré sans délai, « l’alcoolique éviterait peut-être moitié par conseils,
« moitié par crainte, la rechute fatale. Dans le Finistère
«< et dans le Jura, c’est surtout pour les alcooliques
qu’on emploie les sorties d’essai, parce que, disent
les médecins, une menace de réintégration les engage
à la tempérance. »
En France neuf asiles envoient en liberté provisoire tous les aliénés sans distinction ; il est hors de doute
qu’en pareil cas le souci thérapeutique n’entre pas seul
en jeu et sans doute le besoin de désencombrement vaut-il à la mesure d’être si largement dispensé. On ne pense pas à guérir ni même à améliorer des déments, mais on tâche par le moyen de l'essai de se rendre compte s'ils pourront ultérieurement revenir d’une manière définitive au sein de la famille. Aucune mention spéciale n’est faite pour les déments précoces, et pour les persécutés. Nous n’avons pas eu l’heur de rencontrer des observations qui puissent nous faire connaître ce que la méthode a pu leur procurer d’avantageux. s
Nous pensons cependant que si d’aucuns malades présentant des idées de persécution, ses alcooliques persécutés par exemple sont admis à en bénéficier, les
délirants systématisés doivent être exclus de la mesure.
Observation V (1)
Mme M..., 32 ans, modiste, sans antécédents héréditaires.
Cette malade appartient à la catégorie d’aliénés que Morel appelle gémisseurs, et peut servir de type comme malade du genre : les yeux sont hagards, les traits tirés ; de la bouche, toujours entr’ouverte, il n’en sort qu’un cri plaintif et continuel. Les bras tombent inertes le long du corps, la malade reste dans l’immobilité la plus absolue, se raidit avec rore lorsqu'on veut
la pousser en avant. Il faut la faire manger comme un enfant et
n’employer que des aliments liquides, non pas qu’elle refuse ce