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bilité. On peut les faire disparaître ou réapparaître en modifiant la respiration, en changeant la position du malade : dans la station assise le souffle diminue, disparaît même quelquefois, car le cœur vient s'appliquer plus exactement contre la paroi thoracique et en écarte le poumon. Quand la malade est debout, l'intensité du bruit en général augmente, pour ce motif sans doute que le cœur diminue de volume, et que ses oscillations s'accentuent davantage.
Le même effet est produit par les excitations émotives.
Si nous considérons maintenant la forme des mouvements de la surface du cœur qui agissent sur les lames pulmonaires, nous voyons, d’après les expériences délicates que le professeur Potain fit à ce sujet, que les éléments constitutifs du triple mouvement qui se produit à la surface du cœur pendant sa systole sont : 1. un déplacement dans le sens longitudinal ; un retrait vers la profondeur; 3° une translation vers la droite. C’est dans la région préinfundibulaire que l'étendue des mouvements est la plus marquée, ensuite viennent les régions préventriculaire, apexienne et parapexienne.
Le retrait est surtout considérable dans les régions préinfundibulaire et préventriculaire gauches ainsi qu’à la pointe. Enfin, dans la région préinfundibulaire, l’on trouve le retrait systolique, méso-systolique dans la préventriculaire gauche, télésystolique dans la région endapexienne. D'où il résulte que les souffles se trouvent, quant à leurs localisations et leur rythme, en rapport très exact avec les mouvements constatés ; ce qui contribue puissamment à justifier l'interprétation que nous venons d’exposer.
Pau dr dé
Il ne nous reste plus à indiquer que les conditions requises pour que ces phénomènes se produisent. Ce sont: les dispositions anatomiques favorables du poumon ; la minceur de la lame pulmonaire placée en avant du cœur ; enfin une activité respiratoire modérée relativement à celle du cœur, comme cela se produit sous l'influence d’une émotion quelconque. Une dernière condition sur laquelle nous voulons appeler spécialement l'attention, c’est le volume du cœur. En général, les petits cœurs soufflent et les gros cœurs restent silencieux, et lorsque le cœur passe par des alternatives d'augmentation et de diminution de volume, le souffle de même s’efface et reparaît.
Parmi tous les signes de la chlorose, ces bruits de souffle peuvent manquer mais leur absence est rare. On les rencontre en effet dans la moitié environ des cas. Cela tient à ce que les chlorotiques, plus que tous autres, présentent réunies le plus grand nombre de conditions favorables à leur production.
Comme nous l’avions annoncé, cette théorie rend bien compte de ce que nous avons observé chez nos malades. Les souffles du cœur chez les chlorotiques sont bien des souffles d’origine cardio-pulmonaire, puisqu'ils occupent les mêmes sièges : régions préventriculaire gauche et préinfundibulaire, subdivisions de la zone apexienne ; leur rythme est méso-systolique, systolique et méso-diastolique ; leur tonalité est moyenne, leur timbre doux et su-
perficiel ; enfin ils possèdent aussi une grande mobilité, ils sont susceptibles de disparaître entièrement ou d’apparaître sous l'influence de causes médiocres, une émotion, un changement de position.