CHAPITRE PREMIER
Historique.
C'est à Bouillaud que revient l’honneur d’avoir le premier indiqué la présence de souffles au niveau du cœur chez les chlorotiques : « Très souvent aussi, dit-il, -j'ai eu l’occasion de trouver un bruit de soufflet au cœur, plus ou moins fort, chez des individus chlorotiques qui nous offrent ce roulement ou sifflement artériel. »
Bien qu’il ne s'explique point catégoriquement, il semble cependant tendre à en attribuer la cause à la lésion du sang, car il dit : « Nous constatons un élément nouveau savoir : la diminution de densité du sang ; comment concourt cette nouvelle condition à la production du‘bruit de soufflet ? On nele sait pas encore très positivement. » Quant au siège de ces bruits, il le place à l'orifice aortique. :
Beau émet, sans la justifier d’ailleurs en rien, une nouvelle théorie de ces souffles. Pour lui le cœur des chlorotiques est de gros volume : « Les bruits normaux sont clairs, il y a assez souvent bruit de souffle au premier temps » et il conclut à l'existence d’une insuffisance mitrale passagère.
Nonat, comme Bouillaud, localise le souffle à l’orifice aortique, il nous le décrit : « [est doux, léger, superficiel, simple, systolique. Il siège au milieu de la région sternale
Elle
au niveau de l’orifice aortique. Il se propage vers l'aorte descendante, Il est inconstant et fugace, disparaît sans cause appréciable ; il paraît lié aux palpitations. »
Nous ne pouvons admettre cet unique siège à l'orifice aortique ; si l’on peut le rencontrer, il est cependant très rare, on ne le trouve que dans les cas d'anémie extrême, à Ja suite d’une hémorrhagie très abondante. D'autre part, la pauvreté du sang, qu'invoque Bouillaud, n’est pour rien dans la production du souffle, tout au moins directement.
Bondet, plaçant aussi le maximum des bruits de souffle au niveau de l’orifice aortique, les explique par le rétrécissement de l'orifice par rapport au calibre du vaisseau. Cette disposition anatomique existe, nous le savons, à l’état normal et cependant ne donne pas naissance à un bruit de souffle. Rien ne nous permet actuellement de supposer que chez les chlorotiques ee rétrécissement soit plus prononcé.
Nous sommes obligés de reproduire une fois de plus l'interprétation donnée par Parrot. Ayant constaté chez un certain nombre de chlorotiques, la présence d’un souffle à maximum xiphoïdien coïncidant avec des battements des jugulaires, il avait conclu à une insuffisance fonctionnelle de la valvule tricuspide ; il n’était pas loin d’admettre même une sorte d'asystolie passagère. Sans nul doute, Parrot confondait ici le vrai pouls veineux, caractéristique de l'insuffisance tricuspidienne, avec le faux pouls veineux qui est loin d’avoir la même signification et qui se rencontre encore fréquemment chez des individus exempts de toute lésion orificielle.
Vers la même époque M. Marey écrivait : « A l’état nor-