‹ Des suites éloignées de la Myomectomie AbdominaleChapitre 15 sur 30 · LAON · texte numérisé non relu

LAON

face postérieure, présentant des adhérences filamenteuses et vasculaires avec le gros intestin. Incision circulaire sur le pourtour du fond de l’utérus et de la tumeur que l’on isole ainsi par énucléation dans sa partie pédiculisante; les surfaces de section sont très vasculaires et nécessitent une hémostase soignée. On procède ensuite au capitonnage de la tranche utérine par deux surjets au catgut Repin, dont le premier est uniquement musculaire et dont le second prend la séreuse en même temps. On fait un troisième surjet séroséreux destiné à enfouir la ligne dè suture précédente dans un repli du péritoine. A la fin de l’intervention, on fait dé l’hémostase au niveau des adhérences libérées qui suintent un peu et on enlève également quatre petits noyeaux fibromateux sous-séreux. Le ventre est refermé par trois plans de suture sans drainage. Le poids de la tumeur enlevée est de 2 kg. 500. Le docteur Goullioud pense qu’il s’agit probablement d’un simple fibrome; cependant, vu l’aspect un peu spécial de la tumeur et son développement très rapide, il fait une réserve pour un fibro-sarcome. Comme c’est en plein tissu utérin que s’est faite la décortication, car il n’y avait pas

de plan de clivage, il faudra surveiller cette malade et faire :

une hystérectomie totale en cas de récidive. C’est l’âge de la malade seulement qui a indiqué l’opération conservatrice.

Les suites furent simples : la température n’atteignit pas 38° et la malade partit guérie vingt jours après l’intervention.

4 décembre 1903, — Résultat remarquable : pas de récidive; utérus plutôt petit pour une aussi forte femme en bonne position. Règles régulières durant quatre jours non cexagérées. Etat général très bon; demande si elle pourrait se marier,

20 septembre 1913. — La malade s’est mariée et a eu en 1906 une grossesse absolument normale terminée par un accouchement facile et spontané qui donna naissance à un garçon bien constitué et actuellement bien portant; la délivrance se fit sans incident ni hémorragie, et depuis lors, l’état général et génital de la malade est resté excellent.

5 septembre 1922. -Mme P. vient me consulter pour des pertes assez abondantes depuis deux ans, dit-elle.

« Jeune fille après mon opération, je ne perdais pas beaucoup. » Elle s’est beaucoup fatiguée pendant la guerre,

Je constate la récidive de son fibrome, un peu irrégulier, du volume d’une grossesse de quatre mois, femme un peu pâlie par ses pertes.

18 octobre 1922. — Opération dans une clinique. Cathétérisme de 12 centimètres. Application de deux tubes de radium, soit 120 milligrammes pendant vingt-quatre heures, et ablation d’un petit polype du col.

27 novembre 1922. — Mme P.. va très bien; elle a eu vingtdeux ans de vie génitale normale, après myomectomie, avec possibilité de se marier et d’avoir un enfant,

OBSERVATION XV (Obs. de BENOIT-GONIN, complétée)

Myomectomie. Deux grossesses ultérieures, Hystérectomie

pour récidive.

Mme R... Marie Louise, 27 ans, ouvrière en soie, rentre le 12 septembre 1904 à l’hôpital Saint-Joseph.

Antécédents héréditaires. — Père mort à 34 ans du choléra; mère morte à 36 de méningite; trois sœurs bien portantes, une sœur morte en bas-âge. |

Antécédents personnels. — Réglée à 14 ans; règles régulières, abondantes et douloureuses. Mariée à 22 ans; mari bien portant. Pas d’enfants; une fausse-couche à 25 ans de six mois et demi, qu’elle attribue à un emploi exagéré de « calmants » pour une névralgie faciale qui dura un mois, L’affection actuelle semble avoir débuté à la suite de la faussecouche par des douleurs abdominales peu intenses, s’irradiant dans les lombes et la face interne des cuisses; quelques troubles vésicaux; les dernières règles ont été très abondantes et très douloureuses. Le palper abdominal combiné au

toucher montre un col légèrement entr’ouvert, non ramolli, de consistance normale, déjeté à gauche; le corps utérin est dur, gros comme un utérus gravide de trois mois et démi, fixé; on ne sent pas de fibrome isolé. Le toucher rectal indique de même un utérus ffxé, globuleux, semblant enclavé dans le bassin; on ne sent pas de lésions annexielles. Pas de température. Poumons : 0cCœur.:210,:

21 septembre 1904. — Laparotomie parle docteur Goullioud. L’utérus apparaît gros, couvert de bosselures, complètement enclavé dans le bassin, difificile à amener au dehors. Néanmoins, on tente une myomectomie qui, de prime abord, sera difficile. On commence par un myome de la face antérieure : incision verticale sur la ligne médiane permettant de trouver facilement un plan de clivage, énucléation du myome suivie du capitonnage de la plaie par deux plans de suture avec du catgut Repin fort. On répète la même manœuvre sur la face postérieure, on fait saillir un noyau du volume d’une mandarine; pendant l’incision, faite de manière à circonscrire en outre un autre petit, noyau superficiel, il s'écoule un liquide puriforme venant du tissu de la tumeur beaucoup plus molle que la précédente; elle se laisse énacléer assez facilement et la paroi utérine est fermée par deux plans de suture avec du catgut Repin suivis d’une suture superficielle ou chronique. Après réduction de l’utérus dans le petit bassin, pas d’hémorragie. On laisse une mèche de gaze iodoformée sur la face postérieure de l'utérus et on referme la paroi abdominale par un triple plan de suture. Le poids des myomes enlevés est de 212 grammes. Celui dë la face antérieure présente à la section un tissu rougeûtre comme de la viande à peine cuite. L’autre est rempli d’un liquide épais verdâtre, puriforme, contenu dans les mailles d’un tissu fibreux se laissant facilement déchirer.

Les suites opératoires furent compliquées.

22 seplembre. — Pouls à 120; température à 38°2 le soir, souffre un peu du ventre; oppression légère; pas d'émission de gaz; urine spontanément; pas de ballonnement; léger suintement au niveau de la plaie; facies assez bon.

23 septembre. — La température se maintient à 38°2, pouls

ap

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