NON
10 décembre. — La malade a repris des pertes comme à la précédente grossesse. Utérus déjà gros comme à 7 mois, présentant en plus une masse arrondie sus-jacente, qui n’avait pas été notée jusqu'ici et, qui remonte jusque vers le rebord costal gauche. La malade commence à éprouver de la gêne après les repas : pourra-t-elle arriver à terme ? Cette masse surajoutée était-elle un fibrome sous-péritonéal ou un kyste
de l’ovaire ? FX j
16 décembre. — Elimination d’un petit caillot.
28 décembre. — La malade ne perdant plus de sang depuis dix jours, rentre chez elle. Il semble que sa grossesse soit interrompue : elle ne se sent plus gonflée comme avant, on trouve une goutte de lait aux seins.
14 février 1921. — La malade souffre de ballonnement du ventre. On distingue au-dessus de son fibrome qui atteint l’ombilic un kyste de l’ovaire qui remonte dans l’hypochondre gauche. Les règles sont fortes sans être excessives, grippe légère. La constatation de cette volumineuse tumeur complexe impose une intervention : myomectomie ou hystérectomie,
11 avril. — Opération à la clinique Saint-François d’Assise. Anesthésie : Kélène-Ether-Billroth (à cause de la grippe antérieure).
Très grande incision, le prétendu kyste de l’hypochondre gauche était un très volumineux fibrome kystique du volume d’un utérus gravide de 4 mois environ.
Ce fibrome est fluctuant, formé de plusieurs poches contenant du liquide séro-sanguinolent. Il y a des adhérences épiploïques à l’épigastre, on détache celles-ci.
Pendant qu’on essaie de sortir le fibrome kystique, il éclate, le corps utérin lui-même paraît mou. Malgré ces grosses lésions, on tente la myomectomie. Les annexes gauches gènent un peu, on les résèque ; le fibrome ne s’énucléait pas facilement, on le décortique de sa base au bistouri, on espère, en décidant la myomectomie, qu’il s’agit de ces transformations œdémateuses et kystiques que l’on voit dans les fibromes du fond,
1°Surjet de capitonnage avec un long et fort catgut Triollet, sur la coque du fond de l'utérus.
2° Surjet sur les bords de la coupe de l'utérus.
3° Surjet séro-séreux avec une aiguille courbe non tranchante.
Il reste de cette opération un utérus allongé portant ses annexes droites que l’on couche dans le cul-de-sac antérieur. On ramène l’épiploon, et on glisse entre celui-ci et le fond de l’utérus une mèche de drainage de peur que la malade ne soit shockée on lui fait du sérum et une piqûre d’éther.
Le soir, le malade est bien, avec un pouls à 108.
18 avril. — Ablation de la mèche de drainage ou plutôt de péritonisation.
22 avril. — Examen histologique faisant craindre une tumeur maligne (hématéine-éosine-safran) « Trois fragments de la tumeur ont été examinés. On retrouve sur deux d’entre eux un muscle utérin à peu près normal, légèrement sclérosé puis soudain l’aspect change et on se trouve en présence de la tumeur qui constitue à elle seule la troisième préparation.
La néoformation est composée d’éléments fusiformes extrêmement courts, avec un noyau possédant un réseau chromatinien grossier, assez dense, et un protoplasma acidophile très peu abondant. Ces cellules sont noyées dans un stroma fibreux discret par place, ailleurs plus dense, il n’y a aucune encapsulation conjonctive de la tumeur qui se continue insensiblement avec les fibres musculaires normales de l'utérus. En outre, on rencontre par place des éléments de taille irrégulière : il s’agit tantôt de phénomène de dégénérescence et de ratatinement du noyau, tantôt au contraire d’atypie nucléaire marquée, avec cellule à noyau bourgeonnant très riche en chromatine et faisant des taches particulièrement som-
bres sur le fond de la préparation.
La vascularisation est abondante et se fait par des capillaires dont la paroi endothéliale est nette. En face de ces caractères, il semble que l’on doive porter le diagnostic histologique de : myome malin. » ÿ
Cet examen histologique était fort troublant et on pouvait