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se demander s’il n’y aurait pas lieu de reprendre la malade prochainement pour lui faire une hystérectomie.
Une phlébite providentielle survint, qui obligea à patienter plusieurs semaines pendant lesquelles on commença à surveiller de très près les modifications de volume de l’utérus. La phlébite apparue à la jambe droite dès le cinquième jour, avec 39°5. Il est à noter : que 7 jours avant l’opération, la malade avait eu la même température sous l’influence d’une poussée grippale passagère et qui avait été précédée ellemême de plusieurs poussées thermiques.
La température était tombée à 37°8 quand, le jour de l’ablation des fils, c’est-à-dire le 21 avril, une seconde phlébite apparue à la jambe gauche, amenant quelques températures à 39°, puis, tout rentrait dans l’ordre. j
25 mai. — On note au palper abdominal que le fond utérin remonte exactement à trois doigts au-dessus du pubis, ce sera un point de repère pour la surveillance du développement de l’utérus.
17 octobre 1921. — Mme B... marche encore peu, mais va
bien, a repris un bon état général. Ses règles reviennent
tous les mois, sont raisonnables comme quantité et durent trois ou quatre jours.
Examen local: l’utérus ne dépasse pas certainement le volume du 25 mai, il est plutôt un peu au-dessous, au palper bimanuel, il est de volume à peu près normal : il n’y à pas de récidive de fibrome ni surtout de sarcome,.
19 avril 1922, -— Pas de modification.
16 juin. — Début manifeste d’une grossesse qui était déjà en évolution lors du dernier examen : le premier jour des dernières règles étant le 30 mars : vomissements, lombalgie.
27 juillet. — La grossesse évolue, mais un peu péniblement, le ventre est sensible, il y à des contractions utérines, les nausées persistent, les urines ne renferment pas d’albumine, bien que la malade ait souffert passagèrement du rein gauche. On remarque que l'utérus, et cela à plusieurs examens, est plus développé que ne le comporte l’âge de la grossesse, ce qui renouvelle les inquiétudes et fait penser entre autres
hypothèses à la possibilité du développement gravidique de quelque fibrome et rappelle aussi le diagnostic histologique.
6 novembre. — La malade revient de la campagne, elle va bien, mais elle ne sort pas. Elle a souvent des « maux de
cœur » et présente un léger état syncopal à la fin d’un simple examen.
La grossesse devrait se prolonger jusqu’au commencement de janvier et à 7 mois la hauteur utérine est de 32 centimètres.
A trois reprises, à près d’un mois de distance, de petites hémorragies se sont produites, cédant à un ou deux lavements de laudanum. La dernière s’est accompagnée de deux caillots comme des noix et le fait suscite un peu la crainte d’une assertion un peu anormale du placenta. Le toucher vaginal ne l’indique pas nettement.
16 novembre 1922. — Examen avec le Docteur Trillat qui a vu la malade avant sa myomectomie, qui lui avait paru impossible. Il trouve une hauteur de 34 centimètres, une circonférence de 105 centimètres, mais il constate que la paroi utérine, quoique très tendue, est souple, sans aucun relief suspect. Il admet que le volume anormal de Putérus est dû à de l’hydramnios; le fœtus se présente en S. I. G. A. Il élimine toute crainte de fibrome ou de dégénérescence
OBSERVATION II, {nédite (Docteur GouILLOUD)
Myomectomie, grossesse normale, accouchement à terme
Mme C.…, âgée de 36 ans, mariée à 24 ans, a eu quatre enfants, le dernier, né à 7 mois, n’en a vécu que deux. La malade prétend avoir eu une délivrance normale. A été accouchée par une sage-femme et raconte qu'avant cette couche, elle aurait eu des règles régulières, mais très abondantes. Son médecin attribuait cet accouchement prématuré à l’existence d’un fibrome. Elle aurait eu aussi de fortes pertes rouges 15 jours après l’accouchement, une autre deux mois après. La dernière il y a 15 jours. À son entrée à l’hôpital,
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on découvre à l’hypogastre une tumeur remontant jusqu’à deux travers de doigts au-dessous de l’ombilic : tumeur dure et mobile transversalement.
Le toucher vaginal indique un col légèrement refoulé à gauche, mobile et légèrement entr’ouvert. On sent un utérus très augmenté de volume, globuleux, atteignant les dimensions d’une tête fœtale à terme. La palpation combinée permet de mobiliser la tumeur avec le col utérin. Tout confirme le diagnostic de fibrome.
30 novembre 1917. — On se décide à intervenir : anesthésie Kélène-éther. Il s’agit bien en effet d’un fibrome du fond de l’utérus, on distingue très bien le col utérin et l’origine des trompes sur la paroi antérieure de la tumeur. La présence d’un seul fibrome fait opter pour une myomectomie.
Incision elliptique sur la face saillante de la tumeur, correspondante à la face postérieure de l’utérus. On trouve facilement un plan de clivage bien que la tumeur soit fondue d’une manière intime avec la paroi. L’énucléation se fait pour ainsi dire à la compresse sans grande hémorragie.
Surjet du capitonnage sur les parois de la cavité laissée par la tumeur, surjet sur la paroi interne; enfin, surjet séroséreux. L’utérus est recouvert avec VS iliaque et l’épiploon. On enlève l’ovaire droit dont la moitié est ocupée par un kyste. L'autre ovaire est sain, et les deux trompes perméables. Bonnes suites opératoires.
26 novembre 1921. — On apprend par la malade qu’elle a eu un bébé âgé de six mois, très gros à sa naissance. Antérieurement, ses règles ont été régulières, assez abondantes, d’une durée moyenne de quatre ou cinq jours.
OBSERVATION III, inédite (D' GouLLioup)
Grossesse et accouchement normaux.
Mme R.., 36 ans, mariée à 32 ans, deux enfants en bonne santé. Entre à l’hôpital Saint-Joseph le 20 avril 1914. L’af-
En OT mie fection remonte à 3 ans, à ce moment, la malade alors enceinte de 3 mois constate la présence d’une tumeur anormale du volume d’une grosse orange, occupant l’hypogastre. Un médecin consulté aurait diagnostiqué un fibrome et conseillé à Mme R.. de se faire opérer après son accouchement, Mais, ne souffrant pas alors elle ne se décide pas à se faire opérer,
En décembre 1912, un an après, elle est à nouveau enceinte et souffre « de sa tumeur » jusqu’au moment de son nouvel accouchement qui fut d’ailleurs assez pénible,
Par la suite, les règles revinrent abondantes et régulières durant 4 ou 5 jours chaque fois ; mais souffrant périodiquement avant chaque menstruation, elle se décide à se faire opérer.
20 avril 1914. — Examen de M. Goullioud : au toucher vaginal, on note l’existence d’une tumeur ayant, dans le culde-sac utéro-vésical, le volume d’une petite orange. Elle est mobile et fut d’abord prise pour le corps utérin.
D'autre part la malade présente une perforation de la cloison recto-vaginale au-dessus du sphincter interne, laissant passer une sonde cannelée,
22 avril 1914. — Intervention. Anesthésie à l’éther.
1° Laparotomie médiane sous-ombilicale. On tombe sur une tumeur fibromateuse développée dans la région de la corne gauche de l’utérus. Enucléation. Surjets au catgut Triollet de la paroi utérine, en trois plans.
2° Réfection du périnée.
10 mai. — Suites opératoires excellentes,
23 novembre 1920. — La malade écrit au Docteur Goullioud qu’elle allaite un enfant de 11 mois, qu’elle a eu une grossesse normale et qu’antérieurement, ses règles ont été régulières, assez abondantes, d’une durée de quatre ou cinq jours.
27 novembre 1921. — Règles normales, régulières, revenant toutes les quatre semaines pendant un ou deux jours.
OBSERVATION IV, inédite (D' GOULLIOUD)
Fausse-couche à 5 mois
Mme Ch, 34 ans, mariée à 18 ans, un enfant en 1907 mort à 5 mois, une fausse-couche en 1910 (5 mois).
En mai 1921, la malade souffre subitement du bas-ventre et des « reins »; malgré une accalmie au bout de 5 jours, elle entre à l’hôpital ayant l’impression que « son ventre descend ».
A l’examen, elle présente un abdomen de volume normal. On perçoit cependant une tumeur dure à l’hypogastre, remontant à quatre travers de doigt de l’ombilic. Légère sen-
sibilité annexielle assez vive surtout à droite.
Toucher vaginal : on perçoit une masse du volume d’une grosse orange en avant de l’utérus; de consistance dure, sans fluctuation. Le col utérin est mou, situé en arrière et déjeté vers la gauche. Le cul-de-sac gauche est légèrement empâté et sensible.
\ En somme fibrome de la face antérieure semblant justifier a priori une myomectomie.
14 juin 1921. — Enucléation d’un fibrome de la face antérieure et du fond du volume d’une orange, adhérent aux tissus voisins de la coque, lequel avait l’aspect inflammatoire. Deux surjets de capitonnage, un surjet de péritonisation, On reconnait que les ovaires et les trompes sont saines, Suture de la paroi sans drainage.
28 juin. — Bonnes suites opératoires.
23 octobre 1921. — La malade avoue qu’à la suite de son premier accouchement, suivi de fièvre puerpérale, elle a craint une deuxième grossesse.
Aujourd’hui, ses règles durent trois ou quatre jours au lieu
de six à huit jours, et sont peu abondantes. À engraissé de 5 kilos depuis son départ de l'hôpital.
Au toucher. on trouve un petit utérus de volume normal. on conseille une grossesse.
20 novembre. — Règles normales, état général excellent,
l ES: NOUS
21 juin 1922. — Mme Ch. annonce la Suppression de ses règles depuis deux mois et demi, et présume être enceinte : maux de reins, vomissements, etc.
Septembre 1922. —— On apprend que la malade a fait une fausse-couche au cinquième mois,
OBSERVATION V (D' GouLLroup)
(parue dans la fhèse de LEFEBVRE, Paris, 1922, et complétée par nous).
Fibrome, myomectomie, 1° enfant mal conformé, mort.
Deuxième enfant né à terme, et bien portant.
Mlle de C.….., âgée de 28 ans, vient me consulter en février 1918 pour un fibrome du volume d’un utérus gravide de trois mois.
Elle n’a pas renoncé à l’idée du mariage,
Je préconise un traitement médical d’attente. En décembre, la question du mariage se pose; cependant, les pertes ont augmenté et le fibrome se rapproche de l’ombilic, faisant saillie en avant et à droite. Espérant pouvoir faire une myomectomie dans l’avenir, je ne déconseille pas le mariage, qui a lieu en août 1919.
Quelques mois après, les pertes deviennent graves, et en avril 1920, l’anémie rend une intervention urgente. L’opération a lieu le 17 avril 1920, sous anesthésie à l’éther. L’utérus, hors du ventre, il semble y avoir deux fibromes, un sur la face postérieure, le plus important, un second sur la face antérieure. Incision médiane sur la face postérieure saïllante. On peut énucléer un gros fibrome avec deux ou trois autres moins importants, mais ne faisant qu’un bloc.
La face antérieure était seulemement refoulée sans renfermer de fibrome distinct. Surjets au triolet de la cavité du fibrome, des tranches de section, de la paroi utérine et enfin surjet superficiel séro-séreux avec un catgut plus fin et une aiguille non tranchante.