‹ Des suites eloignees des traumatismes du crane et de leur traitement par la trepanationChapitre 20 sur 40 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

TROUBLES DE LA SENSIBILITÉ

Dans les observations qui peuvent entrer dans cette étude, les troubles isolés de la sensibilité sont très rares. Ils accompagnent le plus souvent les troubles moteurs.

La céphalalgie, plus ou moins violente est un symptôme assez souvent constaté dans les traumatismes anciens; à elle seule elle pourrait suffire à déterminer Tintervention.

Elle peut être légère ; ou intense et dans ce cas, elle présente des exacerbations plus ou moins fréquentes, et par sa persistance et sa ténacité, elle a pu suggérer des idées de suicide. En pareil cas, l’opération nous paraîtrait légitimée.

Au dernier Congrès de Berlin, Horsley a raconté que, dans tous les cas où les autres moyens de traitement avaient échoué, il pratiquait la trépanation en vue de guérir ou de diminuer les céphalalgies rebelles

Rarement, la céphalalgie est seule observée ; elle accompagne les troubles moteurs ou surtout les troubles

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intellectuels. Elle est générale ou partielle ; le siège peut alors avoir une certaine valeur au point de vue des localisations.

Frontale, elle serait symptomatique d’une lésion, corticale ou non, du lobe frontal ; occipitale, elle serait le plus souvent en rapport avec les lésions du cervelet. Disons toutefois que Séguin^ a constaté le })lus souvent que le siège de la céphalalgie ne coïncide pas avec celui de la lésion.

Obs. XXVI. — Troubles nerveux consécutifs à une fracture

de crâne. Résumée^.

Ancienne fracture du crâne, guérie au bout de deux mois. Le malade continue à accuser une céphalalgie et une douleur lombaire tenaces. Les fonctions de nutrition restent bonnes. Elles ne tardent pas à être troublées par suite de la persistance et de l’aggravation des douleurs précitées qui elles-mêmes sont moins localisées et s’irradient dans les membres. Affaiblissement général, et tendances syncopales. M. Guermonprez a recours aux émissions sanguines (?). Il en obtient un bon résultat (?).

Obs. XXVII. (Christian) — Une demoiselle reçoit, à l’âge de quinze ans, un léger coup sur le côté droit de la tête. Elle resta depuis ce temps et pendant trente ans sujette à de violentes céphalalgies, qu’elle rapportait constamment au point où elle avait reçu le coup. Elle mourut dans le coma à cinquante ans.

L’os du crâne, dans le lieu où le coup avait été porté, était aminci par l’absorption, au point d’être transparent dans l’étendue d’un écu.

1 Cité in thèse de Decressac.

2 Guerinonprez, BuU. Soc. chir., 18*^2, p. 841.

3 Tirée d'Abacrombic.

TROUBLES DE LA SENSIBILITÉ

Obs. XXVIII L — Blessure du lobe frontal gauche par éclat d’un canon de fusil. Des portions de substance cérébrale sortirent par la plaie. Néanmoins le malade survécut sans troubles de la motilité.

Un mois et demi après, M. Chénieux constata que la cicatrice frontale était animée de battements.

Anesthésie de toute la partie antérieure du cou et de la poitrine. Diminution de l'olfaction. Un morceau du canon de fusil était inclus dans le crâne (17 centimètres de longueur sur 2 cent. 1/2 de largeur). Il fut enlevé, le malade guérit. Mais il mourut peu de temps après à la suite d’excès alcooliques.

‘ Observations de Gliénieux (Soc. de chir., 9 avril 13.30).

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