‹ Des suites eloignees des traumatismes du crane et de leur traitement par la trepanationChapitre 28 sur 40 · INDICATIONS DU TRÉPAN · texte numérisé non relu

INDICATIONS DU TRÉPAN

la forme symptomatique, même alors je crois qu’il y a lieu d’examiner et de peser mûrement les chances d’une opération. Si minimes qu’elles puissent être, j’estime qu’on peut et même qu’on doit y revenir ».

La question est alors surtout du domaine de l’aliéniste. Comme le fait remarquer Ballet, la trépanation cesse désormais de rester exclusivement chirurgicale pour devenir médico-chirurgicale. Nous allons toutefois chercher à établir les indications de l'intervention opératoire, en nous basant d’une part sur les observations que nous avons pu réunir, en raisonnant d’autre part d’après les idées et l’opinion qu’elles nous ont suggérées. Nous serons très prudent sur ce terrain qui nous est peu familier et nous demandons ici toute l’indulgence de nos juges.

En présence d’un malade qui présente des troubles mentaux, et dans l’histoire duquel on retrouve un traumatisme ancien, il faut d’abord rechercher quelle part on peut accorder à cet élément étiologique dans la genèse des symptômes constatés.

On doit d’abord se poser une première question. Avant tout, eü-ce un héréditaire ? 11 faut fouiller les antécédents avec soin, interroger la famille qui souvent cherche à égarer le médecin; en ce cas, l’allure générale de l’affection peut souvent suffire pour établir le diagnostic (Pierret ^).

Le traumatisme n’est alors que la cause occasionnelle des accidents cérébraux chez un prédisposé; toute autre circonstance aurait pu les faire naître. L’intervention

1 Taty (Théodore), Des aliénés he'réditaires, thèse de Lyon, 1886.

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est contre-indiquée. Ce qui le prouve bien, c’est que les troubles disparaissent parfois spontanément par le repos, l’isolement, un traitement approprié en un mot, pour reparaître ou non plus tard, suivant les circonstances.

L’hérédité étant écartée, on recherchera si, dans l’histoire du malade, aucune circonstance adjuvante ne peut expliquer l’apparition des phénomèmes intellectuels. L’alcoolisme, la syphilis, les fièvres éruptives, l’impaludisme, les affections cardiaques, puerpérales, etc., et, pour une certaine catégorie d’auteurs, les excès de table, de boisson, de coït, le surmenage, les secousses morales, etc., peuvent donner naissance à des symptômes cérébraux chez un prédisposé par le fait du traumatisme ancien; jusqu’alors l’accident n’avait causé aucun trouble, mais avait cependant fait du cerveau un locus minoris resistentiæ dans l’organisme, et préparé un terrain favorable à la localisation de l’affection intercurrente. Le traitement doit s’appliquer à combattre la cause, qui est, surtout ici, cette afïection accidentelle. On donnera de l’iodurc de potassium au syphilitique, du sulfate de quinine au paludéen, de la digitale ou de la caféine au cardiaque, etc., quitte à rechercher plus tard les indications d’un traitement chirurgical, si l’on a échoué par les moyens médicaux.

On arrive ainsi à éliminer toutes les causes secondaires de l’affaiblissement intellectuel. On se trouve en présence du traumatisme seul. Dès lors l’indication est nette : le trépan est la seule chance d’amélioration ; quelle que soit l’idée théorique par laquelle on est guidé, il faut opérer. S’il y a une cicatrice, si l’on trouve des points douloureux à la

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