PARALYSIE GÉNÉRALE
tions antiseptiques. Quelques jours après, changement complet dans l’état du malade; les pupilles sont égales, les troubles mentaux et les douleurs de tête ont disparu. Le malade n’a pu être longtemps suivi.
Antérieurement (juillet 1889), le D" Claye Shaw avait pratiqué une opération semblable, mais avec incision de la dure-mère et écoulement du liquide céphalo-rachidien. En novembre l’état du blessé était encore satisfaisant.
Il faut dire que la décompression cérébrale par l’orifice du trépan a été considérée par un grand nombre d’auteurs comme une hypothèse assez invraisemblable ; et Revington la traite de contre-sens mécaniquefnmc/mnma^ nonsense).
Quand l’observation de Claye Shaw fut publiée, Percy Smith, médecin à Bethlem-Royal-Hospital, exprima son étonnement qu’elle n’ait pas soulevé plus de protestations dans le monde des aliénistes. Il fit remarquer, et avec raison, que l’on déclare souvent guéris des paralytiques généraux qui traversent une période de rémission; celleci peut être plus ou moins prolongée, mais ne comporte pas une guérison définitive. S’ilyadonc lieu, ajouta- t-il, d’admirer la hardiesse du chirurgien dans la tentative de guérison d’une si terrible maladie, on ne saurait considérer jusqu’à présent son opéré comme à l’abri d’un nouvel accès.
Il est difficile, à notre avis, de ne pas s’associer à ces réserves ; mais si l’on réfléchit au sort et à l’avenir de ces malades, on se laissera bientôt convaincre de la légitimité de l’intervention, quand le traumatisme ancien pourra seul être incriminé dans leurs antécédents.
5° Epilepsie. — La trépanation dans l’épilepsie traumatique a fait, en 1878, l’objet d’un mémoire d’Echevarria
EPILEPSIE
dans les Archives générales de médecine, où se trouve bien indiqué l’état de la question à cette époque. 11 affirme que jamais épilepsie par lésion traumatique ne guérit seule avec le temps ; il insiste d’autre part sur la rapidité avec laquelle les plaies des épileptiques se cicatrisent, circonstance qui éloigne les chances d’insuccès aussi bien pour le trépan contre les attaques tardives que pour toute autre opération chirurgicale pratiquée sur eux. 11 cite une statistique de 65 pour 100 de guérison et il conclut :
1“ Le trépan est le meilleur moyen pour guérir l’épilepsie accidentelle consécutive aux traumatismes du crâne.
2“ L’opération immédiate réussit au même degré que la tardive L
3" La folie et la paralysie sont des complications qui justifient, au lieu de la contre- indiquer, la trépanation en pareil cas.
Ce qui était vrai en 1878 l’est encore bien plus en 1890, grâce aux progrès dus à l’emploi de l’antisepsie. Nous espérons que les faits qui suivent le démontreront amplement.
Observ. XLVI. — Personnelle, recueillie dans le service de .M. le professeur Poncet. — Traumatisme ancien du crâne. — Epilepsie. — Trépanation. — Amélioration .
Clément J..., trente -sept ans, marchand de vins, né à Montferrat (Isère).
1 Voici, d après Bluhm (Arch. f. klin. Chir., vol. XIX), des résultats uii peu différents qui semblent plaider en faveur de l'intervention tardive dans
les trépanations.