MORTS POUR KO ARMES A FEU
Trépanations primitives 55,24 64,29
— secondaires 39,24 42,8d
— tardives 33,90 11,11
KFILEPSIK
Pas d’antécédents héréditaires, directs ou collatéraux, père et mère encore vivants et bien portants etdeux enfants en bonne santé; le dernier est né plus d’un an après le début de l’affection de son père et u’a jamais présenté de convulsions.
Très bonne santé habituelle. Pas de maladies depuis son accident.
Le 18 septembre 1888, il vint consulter M. le professeur Poncet, dans son cabinet.
Il y a trente mois, il reçut un coup violent dans la région temorale droite par une bille en fer servant de manivelle pour fixer les charges de voiture. Un de ses camarades frappé en même temps, également à la tête, a perdu connaissance, s’est relevé à peu près seul un moment après et est allé se mettre la tête sous le robinet. Il n’a jamais présenté aucun accident depuis. (Nous ne prétendons bien entendu, établir aucune relation de cause à effet entre ces deux faits).
Notre malade, un peu étourdi sur le coup, tomba sans connaissance seulement un quart d’heure après; il aurait eu à ce moment déjà des convulsions ?
Pendant les trois jours suivants, il resta au lit, hébété, paraissant sans mémoire. Pourtant un de ses amis (actuellement dans le service de M. Poncet, et qui nous a aidé à compléter cette observation), étant allé le voir à ce moment là, le malade eut la présence d'esprit de le charger d’aller faire un payement pour lui, en lui donnant de l’argent ; il n’a jamais pu se rappeler ce fait depuis.
Quelques jours après, apparition de troubles cérébraux; intelligence affaiblie, perte de la mémoire, petites et grandes crises épileptiques le plus souvent nocturnes, non précédées de cri, avec perte de connaissance, et secousses cloniques généralisées, sans prédominance d’aucun côté; écume des lèvres; propulsion et morsure delà langue, jamais d’incontinence des urines.
Crises de plus en plus fréquentes, changement d’humeur, vivacité, méchanceté, impulsions. Au moment de l’examen, ecchymose palpébrale et conjonctivale (produite pendant une crise).
EPILEPSIE
Pas de déformation crânienne apparente, douleur à la pression en un point situé à 5 ou G centimètres au-dessus du conduit auditif. Traitement : bromure, méthode révulsive.
10 octobre 1888. — Amélioration légère.
10 décembre. — L’amélioration avait augmenté ; mais, sous l’influence d’excès alcooliques, les crises sont devenues, ces jonrs-ci, de plus en plus nombreuses.
2, janvier 1889. — Les crises sont moins violentes qu’au début, mais plus fréquentes; chaque jour, une ou deux, sans compter les attaques nocturnes. Le malade sent venir ses crises ; elles sont annoncées par une aura spéciale, qu’il avait déjà dès le commencement, mais moins nettement accusée, aura buccale et pharyngienne (sensation de mauvais goût à la bouche, sensation de matières fécales avalées).
Diminution de l’appétit génital. Le coït produirait la crise.
20 avril 1800. — Le malade entre dans le service de M. Poucet. Les attaques surviennent plusieurs fois par jour, précédées de la même aura ; au moment des crises, « il regarde ses mains et fait le mouvement de rouler des boulettes de pain ».
Mémoire et intelligence affaiblies.
22 avril. • — Une crise assez violente le soir.
23 avril. — Trépanation. Le malade indique un point où il éprouve quelques douleurs à la pression, 1 à 6 centimètivs audessus du conduit auditif; mais il est obligé de chercher ce point et tâtonne un peu pour le trouver.
Une rondelle osseuse de 15 millimètres de diamètre est enlevée à ce niveau, de 2 à 3 millimètres d’épaisseur. Incision de la duremère, pas d’hémorragie. On ne trouve aucune trace de fracture ; rien de pathologique au niveau des méninges ou de la substance cérébrale. Antisepsie absolue.
28 avril. — Le malade «’est levé le lendemain soir de l’opération ; il se promène dans la salle. Il répond bien à toutes les questions qu’on lui pose ; d’après son ami, il serait moins obnubilé. Il dit entendre moins de l’oreille droite, mais c’est surtout à cause du pansement. Pas de crises depuis l'intervention.
ÉPILEPSIE
Cette observation est très probante au point de vue du développement des phénomènes nerveux consécutivement au traumatisme ; il est difficile d’en trouver une plus nette. Aucune autre cause en effet ne peut être invoquée. L’amélioration obtenue à la suite de l’application du trépan est manifeste, mais se maintiendra- t-elle? ne doit-on pas craindre la réapparition des attaques ? L’avenir seul le dira.
Nous ferons remarquer que l’incision des méning-es n’a pas été suivie d’hémorragie, contrairement à ce qui s’est passé au moment de l’opération chez le petit malade de l’observation XLllI; faut-il attribuer ce fait à la différence des régions où la trépanation a été pratiquée chez l'un et chez l’autre? Nous n’avons pas de raison anatomique pour l’affirmer, nous nous contentons de le signaler.
Nous avons reçu une lettre de ce malade, le 8 novembre 1800. L’amelioration ne s’est pas tout entière maintenue. Les crises sont aussi fortes qu’avant l’opération, distantes de quinze jours environ, précédées de la même aura, suivies chaque fois de perte de connaissance ; la mémoire n’est pas revenue; les impulsions persistent, l'appétit génital reste diminué. La cicatrice opératoire reste douloureuse; le malade espère qu’une nouvelle intervention rendrait peut-être plus durable l’amélioration qui a suivi la trépanation.
Nous ne sommes pas éloigné d’être de son avis.
M. le professeur Poncet fera probablement une nouvelle tentative, parfaitement justifiée par l’innocuité de la première et le désir du patient de sortir à tout prix de l’état misérable où il se trouve.
ÉPILEPSIE
Obs. XLVII (résumée*). — Épilepsie avec idiotie après
fracture du pariétal droit. — Trépanation et extraction
d'un caillot sanguin avec retour des facultés intellectuelles
et grande amélioration des attaques.
Jeune homme, vingt-deux ans. Il y a dix ans, chute d’un second étage, fracture du crâne, déplacement des fragments qui laissent entre eux un espace central déprimé où l’os fait défaut, qui présente des battements isochrones avec ceux du pouls.
Accès épileptiques ayant débuté six mois après l’accident (nocturnes, cri initial), de plus en plus fréquents, et s’accompagnant d’un degré extrême d’idiotie, sans intelligence ni mémoire.
Trépanation, on met à jour une poche contenant un ancien caillot sanguin* qui est enlevé.
Quelques crises pendant les jours qui suivent. Le sixième jour, le malade pouvait se rappeler les circonstances de son accident ; le treizième jour, il pouvait lire le journal et le comprendre. Il eut encore quelques crises, mais l’intelligence persistait en bon état.
Au bout de huit mois, après une longue promenade au soleil (?) il tomba insensiblement dans le coma et mourut. A l’autopsie, on constata de la pacbyméningite très étendue, et un vaste épanchement diffus ancien de la base.
Obs. XLYIII (Echevarria), résumée. — Jeune homme de dix-huit ans. Fracture du pariétal datant de l’tnfance après la chute du malade sous les roues d’une voiture. 11 ne tarda pas à devenir épileptique avec vertiges et grand mal, accompagnés depuis quelques mois, de cris violents, de manie homicide.
Trépanation. Cessation immédiate des attaques; au bout de douze jours, il s’échappa de l’hôpital et n’a pas été revu.
Obs. XLIX® (D. Mollière), résumée. — M. A., quarante ans. En 1876, eut la tète prise sous un ascenseur, put être dégagé
1 Echevarria, Zoco citato.
2 Pachymèningite hémorragique (voir plus haut : Troubles moteurs).
3 Congrès de chirurgie, 1885.
ÉPILEPSIE
et parut bientôt guéri. En 1877, congestions cérébrales répétées, avec perte de connaissance et spasmes cloniques. Incontinence nocturne des urines. Il devint triste et sournois.
Trépanation (1882). — Eburnation du crâne avec hyperostose. Incision delà dure-mère; on trouve un petit abcès caséeux. Disparition des accidents. Sort le huitième jour,
Quinze jours plus tard, hémiplégie gauche. Le crâne est rou vert avec un stylet; du pus s’écoule au dehors. Depuis lors, la guérison fut rapide.
Dix mois après, la guérison, absolument complète, ne s’était pas démentie.
Obs. L (D. Mollière), résumée. — B..., trente-huit ans. — Reçut, le 12 novembre 1875, le choc d’une poutre sur la partie postérieure du crâne. En décembre, hémiplégie gauche, avec épi lepsie jacksonienne.
En 1882, coup sur coup, trois grandes attaques d’épilepsie généralisée. Troubles mentaux très caractérisés.
Trépanation (11 avril 1884). Hyperostose osseuse, éburnation.
Quatre jours après l’opération, nouvelle crise peu marquée.
En août, le malade reprit son travail. Le 3 novembre, nouvelle crise. Traitement bromo -ioduré.
En 1885, tous les troubles présentés par le malade ont disparu. Plus de crises. Intelligence intacte. Aucun trouble moteur.
Obs. LI (M. Ducharnp), résumée *. — Enfant de huit ans, qui à l’âge de vingt-deux mois a reçu un coup de pioche sur la tête. Quinze à vingt jours après l'accident, accès épileptiformes avec secousses convulsives dans les membres à gauche. Au moment de l’examen (1888), le membre supérieur est en contracture; la main déformée. Depuis deux mois, l’enfant a huit à dix absences par jour.
Trépanation au niveau de la plaie ancienne. On tombe sur une couche grisâtre, pulpeuse, non purulente, plus étendue que la plaie
■4 In thèse de Dumas (Trépanation dans l'épilepsie, Paris, 1889).