DÉMENCES
osseuse. Cette couche est enlevée partiellement ; pas de modification des crises.
Obs. lu* (M. le D'" Duchamp), résumée. — M'"® Th..., trentedeux ans. Sans accidents héréditaires; fit à dix-sept ans une chute sur la tête, de la hauteur d'un premier étage. Elle eut, quelque temps après, des crises épileptiques nocturnes dont elle ne gardait pas le souvenir, qui disparurent à la suite d’un traitement par la belladone.
Nouvelles crises à vingt- neuf ans. Chute, perte de connaissance, spasmes convulsifs, morsure de la langue.
En mai 1888, les attaques étant de plus en plus fréquentes, on conseille l’intervention.
Opêralion. — Dépression en coup de hache de la paroi crânienne à gauche. Cinq couronnes de trépan.
Pendant les trois mois, suivants, trois à quatre accès en tout.
Du 11 août 1888 au 18 mars 1889, une seule attaque.
Obs. lui ^ (J.-L. Championnière), résumée. — R. F..., quarante-quatre ans. Chute de cheval en 1872; fracture compliquée de la partie postérieure du frontal gauche. Deux ans plus tard, première attaque d’épilepsie. Rares au début, les attaques deviennent bientôt de plus en plus fréquentes.
A l’entrée, on constate un enfoncement très net sur le frontal ; le malade accuse, en arrière de cet enfoncement, des douleurs intolérables.
Opération. — 5 juillet 1888. — Les méninges et le cerveau ne présentent rien de remarquable. Ecoulement de liquide céphalorachidien abondant et constant pendant les jours qui ont suivi l’opération. Quelques attaques légères les jours qui suivirent. Depuis (mars 1889), plus d’attaques et plus aucune douleur de tête.
6“ Démence confirmée. — Dans les cas de démence confirmée, les troubles meutaux remontent à plusieurs
i In Thèse de Dumas.
* Idem.
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DEMENCES
années parfois ; lescellules cérébrales ont subi depuis longtemps déjà de nombreuses modifications qui aboutissent à la dégénérescence graisseuse, souvent à la mort complète.
Les indications de l’intervention sont ici moins précises; il ne s’agit plus de décompression du cerveau, d’ablation de lésions macroscopiques, etc. ; on ne voit guère comment agirait la trépanation.
Mais on peut autrement poser la question. Les aliénés étant des individus perdus, morts pour la société, en se basant sur les succès remarquables obtenus par l’application du trépan dans certains cas d’épilepsie avec folie, si l’on n’est pas en présence d’héréditaires, ne peut-on tenter la seule chance possible de rendre une lueur de raison à des malheureux, condamnés aune vie purement végétative ? Quels risques a-t-on à courir ? aucun (toutes nos observations le démontrent), sinon de blesser l’opinion publique, faite de préjugés. Peut-être ne faudrait-il pas pousser beaucoup certains aliénistes pour les faire entrer résolument dans cette voie. M. le professeur Pierret, entre autres, ne serait pas, a priori, l’adversaire déclaré de l’intervention, si l’on pouvait établir l’existence d’une indication, même légère.
Voici deux exemples de gâteux que la trépanation semble avoir améliorés et dont l’histoire paraît encourageante au point de vue de la thérapeutique chirurgicale.
Obs. LIV (Gras de Brest), résumée. — Fracture du crâne remontant à trente-Jiuit ans. — Intégrité des facultés cérébrales pendant trente ans. — Affaiblissement progressif de toutes les fonctions. — Trépanation du frontal extraor-
1 Bulletins Soc. de chir., 1877, p. 123.