DÉMENCES
dinairement épais. — Issue d'une grande quantité de
pus. — Guérison.
M. V., à l’âge de six ans, avait fait une chute en tombant d’une voiture sur le front, en 1837. On retira quelques esquilles, mais la plaie continua à fournir un léger suintement par un orifice étroit. Il put continuer cependant ses études ; à dix huit ans il entra dans l’administration de la marine et se maria il y a quinze ans.
Depuis cinq ans, il avait dû suspendre tout travail; une céphalalgie persistante, l'affaiblissement progressif de la mémoire, des accès fébriles répétés, une hémiplégie peu apparente à gauche, tels étaient les phénomènes saillants. Depuis dix -huit mois les symptômes d’affaiblissement organique s’aggravaient progressivement.
En 1872, perte de connaissance ; coma profond, respiration stertoreuse, pouls 120 à 150. Depuis quelques mois, crises fréquentes^ qui coïncidaient avec la suppression de V écoulement parla fistule frontale; l’application d’un cataplasme chaud amenait une amélioration notable en favorisant l’écoulement de sérosité purulente.
En mars 1873, nouvelle aggravation des symptômes. Une intervention chirurgicale est proposée, mais reportée à plus tard.
En avril 1874, la situation s'aggravait; les facultés intellectuelles baissaient de plus en plus ; le malade ne pouvait plus lire ni ércire, n’avait plus la notion du temps; la vie végétative existait seule; on lui donnait à manger et souvent il laissait retomber sur les draps de son lit les aliments qu’on lui introduisait dans la bouche; il avait des selles involontaires fréquentes.
Opération le 22 juin 1874. — La fistule siégeait à la partie supérieure du front à deux centimètres à droite de la ligne médiane. Large couronne de trépan. Issue abondante par fiots saccadés d’un liquide purulent, 250 grammes au moins.
Suites excellentes. Chaque jour l’intelligence renaît; le malade parle de ses affaires ; la vue reste trouble.
Le 1®'' juillet, symptômes d’excitation.
Le 6, il écrit très correctement et en ligne droite, il peut lire; intelligence complètement revenue. Deux mois après l’opération, M. V., avait repris la direction de ses affaiies abandonnée de-
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puis plus de cinq ans; la vigueur musculaire avait reparu en môme temps que l’énergie cérébrale. Un an après les résultats ne s’étaient pas démentis.
« Ce fut une véritable résurrection, et lorque je le vis vers cette époque sautant lestement dans un tilbury, conduisant d’une main sûre un cheval ardent, j’éprouvai une satisfaction réelle en songeant au misérable gâteux à l’œil éteint, si heureusement transformé par l’intervention chirurgicale. » (Gras.)
Réflexions. — Evidemment, l’indication était, dans le cas de M. Gras, aussi nette que possible. L’écoulement du pus par une fistule, les crises coïncidant avec l’arrêt de cet écoulement, et disparaissant quand on le rétablissait, permettaient d’affirmer que les troubles cérébraux étaient dus à la compression du cerveau par le liquide. On pouvait prévoir, a priori, qu'ils disparaîtraient sans crainte de retour, si l’on en combattait la cause. L’opération fut faite, en 1874, avec succès. Il est à peine utile de faire remarquer combien le succès serait encore plus assure aujourd’hui en pareil cas, par l’emploi de la méthode antiseptique.
Obs.lv. (Lucas- Ghampionnière) *. — 'Iraumatisme du crâne.
— Accidents cérébraux. — Gâtisme. — Trépanation. —
Amélioration.
B., quarante ans, officier, est tombé de cheval il y a quatre ans et s’est fait une petite plaie au crâne, à droite. Deux mois et demi plus tard, il fut atteint de paralysie des quatre membres. Pendant un mois l’impotence fut complète.
En novembre 1888, il présente les phénomènes suivants : fatigue générale, troubles vagues, tremblement de la langue et des mains, parole hésitante, troubles cérébraux; de temps en temps, il a de l’incontinence des matières fécales au lit et même debout.
1 Jn thèse de Dumas,