‹ Des suites eloignees des traumatismes du crane et de leur traitement par la trepanationChapitre 35 sur 40 · HYSTÉRO-TRAUMATISME · texte numérisé non relu

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L’examen local révèle une cicatrice à droite sur le crâne; la région est douloureuse à la pression, mais ne présente aucune irrégularité.

Opération. — 3 décembre 1888. — Couronne de trépan, dans la région des centres, pour arriver sur le centre de la parole.

Excision en T de la dure-mère; on remarque de la congestion et un aspect rougeâtre, singulier des méninges. Incision de l’arachnoïde, il s’écoule un pus de sérosité.

20 janvier 1889. — Amélioration de la parole et de la marche; le malade continue à perdre ses matières au lit alors qu’il les garde quand il est debout.

14 mars 1889. — Amélioration très notable. Plus du tout d’incontinence ; parole plus facile; un retour sensible de l’intelligence.

iO juillet 1889. — L’intelligence est restée altérée malgré le retour complet de la parole.

7° Hystéro-traumatisme. — Il est toute une classe de troubles nerveux plus ou moins bizarres qui peuvent succéder aux traumatismes quels qu’ils soient, et que M. Charcot rattache à l’hystérie h M. le professeur Pierret fait rentrer les malades qui présentent ces accidents dans la grande classe des convulsifs, avec les épileptiques*. Quoi qu’il en soit, nous ne pouvons ici discuter sur la pathogénie de ces phénomènes (raihoay-spiné des Anglais). Sans rien préjuger de leur nature, nous allons citer deux faits où les troubles cérébraux paraissaient dus à l’action d’un traumatisme ancien du crâne.

M. Charcot (loco citalo) cite le cas d’un individu, dont une sœur et une cousine ont présenté des crises de nerfs, et qui, tombé d’une voiture, eut ensuite une commotion

1 Charcot, Maladies du système nerveux, 1887.

2 Cours de la Faculté.

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cérébrale intense, avec cette forme d’amnésie qui a été appelée amnésie rétrogade.

Quelques mois après, il eut une grande attaque précédée d’une sensation de boule remontant au cou, avec perte de connaissance, mutisme et impuissance motrice des membres inférieurs. 11 fut porté à l’Hôtel -Dieu de Paris et là présenta tous les stigmates classiques de l’hystérie; sa paraplégie offrait tous les caractères des paralysies psychiques et morales, avec anesthésie limitée.

Plus tard, cette paraplégie disparut subitement ; mais, un an après l’accident, les stigmates hystériques et l’anesthésie paraissaient encore en même temps que des changements bizarres du caractère.

Obs. LVI*. — Trépanation pour accidents convulsifs bizarres

survenus plusieurs mois aimés un traumatisme crânien.

Un jeune homme fit en courant une chute, d’une hauteur de environ. Après quelques instants passés sans connaissance, il put continuer sa route et faire environ trois quarts de mille. Gomme seule lésion apparente, bosse sanguine temporale avec érosion légère des téguments. Les premières heures se passèrent bien, mais, vers le soir, il commençait à se plaindre de la tête et à présenter de la torpeur 1 Le lendemain, on le trouvait dans le coma.

Il en sortait au bout de vingt -quatre heures, pour rester plongé, pendant tout un mois, dans un état de torpeur et de somnolence dont on peut le tirer facilement, mais dans lequel il retombe de suite. Pas d’incontinence.

Trois semaines de séjour à la campagne parurent le rétablir entièrement, sauf un certain degré de mal de tête qui ne cessa jamais. A cette époque (deux mois après l’accident), il essaya de

1 W. Hülke, Med. Times and Gazette, vol. II, p. 8"), 1881, analysé in Revue de Ilayem, vol. XXI.

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reprendre son travail, mais il retomba presque aussitôt dans l’état morbide antérieur, état qui persista sans modification jusqu’à la fin du sixième mois.

A ce moment, il présenta tout à coup une série d’attaques convulsives (quatorze en vingt-quatre heures), tellement violentes, que trois hommes avaient peine à le tenir. Le lendemain on comptait dix attaques et quatre le surlendemain.

C’est alors (23 janvier 1879), qu’il entra à l’hôpital. L’attaque commence par une sorte d’aboiement suivi d’un rictus qui découvre les dents fortement serrées, mais sans propulsion ni morsure de la langue ; les doigts sont fléchis, les membres raides, dans l’extension ; pas de raideur des muscles de la nuque. Cet état tonique est interrompu de cinq en cinq minutes par des secousses convulsiv'es. L’attaque, qui dure deux heures environ, est suivie de quelques heures de torpeur ; puis, peu à peu l’intelligence revient, et tout se termine par une miction abondante.

Le malade parfaitement lucide, répond très bien à l’interrogatoire; les facultés intellectuelles sont saines ; aucun trouble de la vision, ni d’aucun sens. Pas de paralysies, ni de contractures. Douleur de tête vive, à forme constrictive.

L’examen méthodique du crâne ne révèle ni tumeur, ni dépression. Seulement, lorsqu’on vient à presser avec le bout du doigt en un point limité, répondant au siège de la contusion initiale, on arrache un cri au patient, qui se plaint qu’on lui enfonce quelque chose dans la tète. Cette recherche, renouvelée à plusieurs reprises, donne toujours le même résultat. Ni fréquence du pouls, ni élévation de la température.

Le 28 janvier, on trépane au niveau du point douloureux ; rien dans l’épaisseur des téguments, rien au niveau du squelette, dure-mère d’aspect normal ; une ponction aspiratrice, faite à 3 centimètres de profondeur, reste sans résultat ; on note seulement que, après le retrait de l’aiguille, le liquide céphalo-rachidien jaillit par la piqûre, à plus d’un pied. — Pansement antiseptique.

Quarante-huit premières heures calmes.

Le 31 janvier. — A la suite d’une émotion, une première crise réparait. Du 1®’’ au 12 février, crises convulsives tous les

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