CHAPITRE III
TROUBLES DE LA MOTILITÉ
Les symptômes qiToii observe dans le domaine de la motilité sont dus à des lésions corticales irritatives ou convulsivantes, qui produisent toujours des effets plus ou moins variables, mobiles ou intermittents, en particulier des paralysies transitoires. Leur existence prouve seulement que la lésion est superficielle et qu’elle loge dans la zone motrice ou dans son voisinage. D’autres lésions, plus ou moins destructives, produisent des effets certains et permanents, du moins tant que persiste leur cause.
Ces paralysies peuvent se diviser en :
Monoplégie ;
Hémiplégie, avec ou sans aphasie (trouble du langage articulé) ;
Paraplégie.
Elles sont accompagnées, le plus souvent, d’épilepsie partielle ou jacksonienneL On peut d’ailleurs observer
1 Bergmann signale sur 8925 blessures de têle, 132 cas de crises épileptiformes. Cette forme est nommée Epilepsie jacksonienne, du nom du méde-
LESIONS OSSEUSES
seule cette dernière affection, symptomatique de l’irritation de la substance corticale.
On peut rencontrer aussi des cas d’atrophie des membres et d’arrêt de développement à la suite d’anciens traumatismes du crâne remontant aux premières années de la vie.
L’agent causal de l'irritation ou de la lésion corticale peut être varié, nous l’avons déjà vu L Nous allons chercher à démontrer, par quelques observations récentes, que la trépanation dirigée contre lui a été généralement suivie de succès plus ou moins durables, en tout cas d'amélioration. Les troubles moteurs y sont souvent accompagnés de troubles intellectuels; nous étudierons ici les cas où les premiers sont prédominants.
A. - LÉSIONS OSSEUSES
Elles agissent par irritation ou compression delà substance cérébrale, lorsqiC elles amènent des accidents. Cette restriction est nécessaire. Tout le monde sait, et Bergmann ^ a longuement insisté sur ce fait, combien peut être inoffensive la dépression des fragments osseux. Hutchinson affirmait n’avoir jamais rencontré de symptômes de compression cérébrale dus à ce seul mécanisme
Textor^ rapporte sept cas d’autopsie où le défoncement
cin, Hughlings-Jackson, qui, le premier (1863), indiqua la relation qui existe entre sa présence et les lésions de l'écorce.
1 Voyez page 18.
2 Bergmann, Die Lehre von den Kopfverletzungen (Deutsche Chirurgie, de Billroth et Lücke, 30« livraison).
3 Hutchinson, Lectures on compression of the Braiu (London Hosp. Report, 1867-1868).
* Textor, Mémoire sur l'inutilité du trépan dans les dépressions de la voûte (cité par Forgues).
LÉSIONS OSSEUSES
complet (lu fragment osseux n’avait été suivi d’aucun trouble dans les fonctions cérébrales. (( Le nombre des observations de fragments osseux défoncés, sans symptômes, est vingt fois plus considérable f{ue celui des faits où l’on voit la compression cérébrale disparaître après l’élévation osseuse ou la trépanation. » (Forgues, loc. cit.)
Volkmann, Oré, Abernethy, Langenbeck, Stromeyer, Le Fort ont publié des exemples parfois extraordinai res de cette bénignité relative.
Quand nous avions l’honneur d'être interne dans le service de notre excellent maître, le professeur Léon Tripier, nous avons été témoin d’un fait de ce genre. Il s’agissait non plus d’un fragment osseux, mais d’un fongus de la dure-mère, développé lentement, et qui avait creusé dans la substance cérébrale, au niveau des lobes frontaux, une dépression du volume d’un gros œuf, sans présenter aucun symptôme de compression.
Quand il y a des accidents, il faut intervenir. Ils peuvent être causés par différentes lésions osseuses, telles que esquilles, enfoncements, dépressions, cicatrices, productions nouvelles, épaississement, exostose, ostéophyte, etc.