‹ Des suites eloignees des traumatismes du crane et de leur traitement par la trepanationChapitre 6 sur 40 · ESQUILLE · texte numérisé non relu

ESQUILLE

Observation I. — Traumatisme ancien. — A ccès épileptiformes. Trépanation. — Esquille implantée dans le cerveau. — Guérison. (Williamson et Robert Jones, Brit. med. journal, 20 octobre 1889.)

Jeune homme employé dans une forge à Manchester. Il y a deux ans, il fit une chute contre l’angle d’une muraille, et eut uneplaie au niveau delà région rolandlqne gauche. Etourdissement et hémor-

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ragie abondante. Transporté à l’hôpital, il reprit connaissance et sortit au bout de trois semaines. En ville, il contracta un érysipèle et revint à l’hôpital. Là, il eut la tête toute boursouflée et eut une première attaque épileptiforme, suivie de quelques autres. Il fut sans connaissance une partie de la journée et on vit se développer une paralysie du bras et de la Jambe droite, qui dura trois semaines. La parole était lente et peu compréhensible, mais au bout d’une semaine, le langage était normal et bientôt la paralysie disparut. La plaie étant cicatrisée, le malade quitta l’hôpital le vingt et unième jour.

Antécédents. — Le père et la mère se livrent à la boisson. Le malade est l’aîné de quatre enfants, tous vivants; sa sœur aînée est épileptique et presque imbécile.

État actuel. — Deux ans après le premier traumatisme. — On trouve une petite dépression triangulaire sur la région rolandique du côté gauche, à la place du traumatisme ancien.

Dans la nuit du 31 octobre 1888, le malade fut pris de deux attaques épileptiformes, et se rendit près du D’-‘ Williamson pour subir un traitement. Des pilules apéritives furent prescrites et jusqu’au 2 novembre il n’y eut aucun accès. Le 3 novembre, il y eut une série d’attaques qui forcèrent le malade à garder le lit ; depuis il n’a pas repris connaissance, si ce n’est après l’opération. Les attaques étaient courtes, mais se renouvelaient toutes les dix minutes.

Le D’’ Eug. Byrne, médecin résident à l’hôpital Latchford, qui a pu suivre la succession des symptômes les décrit ainsi : au début, il y a des gémissements et de légers mouvements dans le côté droit, puis des tremblements dans le même côté, et enfin une rigidité tétanique des membres du côté droit, et des secousses dans la face. L’œil droit est pris de clignotements violents, bientôt suivis par un nystagmus rapide. Le soir il y avait encore des clignotements sans nystagmus et le malade était dans un coma profond.

Dans la même soirée, lorsque le D’’ Jones vit le patient, celui-ci était très bas, le pouls marquait quelques pulsations, la respiration était superficielle et pleine de râles ; les extrémités froides et

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violacées, la perte de connaissance complète. Les attaques se renouvelaient toutes les dix minutes. Jones fit la trépanation surle-champ.

Opération. — Assistants : D” Bjrne et Williamson. La tête rasée et lavée à la térébenthine, on fit une injection hypodermique de morphine et on administra l’éther.

Incision semi-circulaire à convexité supérieure, faite au-dessus de la cicatrice. Le périoste est décollé et rabaissé, mettant à nu l’ancienne dépression. Un trépan de 3/4 de pouce est placé à ce niveau. La rondelle osseuse relevée portait sur sa face profonde une esquille triangulaire implantée à angle droit et pénétrant dans le cerveau à une profondeur de près de 1 pouce.

L’ouverture correspondait à l’union du tiers moyen et du tiers inférieur de la scissure de Rolande, un peu en avant cependant et découvrant surtout la circonvolution frontale ascendante. La réimplantation osseuse ne fut pas faite. Pansement antiseptique rigoureux (sublimé, iodoforme).

Après plusieurs jours d’agitations, il y eut une amélioration considérable; le pouls devint bon, la respiration parfaite, et les douleurs disparurent; il n’y eut pas d’attaques, mais les mouvements n’étaient pas parfaits. Le seul accident à noter fut une hernie cérébrale qui guérit par la compression.

Au mois de mai suivant, c’est-à-dire six mois après l’opération, il y eut de nouvelles attaques et un léger écoulement de pus parla plaie.

Nouvelle opération le 6 mai. — Nouvelle incision dans le voisinage de l’ancienne; on découvre un fragment osseux, pointu qui s’enfonçait dans le cerveau. — Hémorragie assez abondante. En juillet, le malade quitta l’hOpital complètement guéri et sans aucun trouble cérébral.

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