‹ Des suites eloignees des traumatismes du crane et de leur traitement par la trepanationChapitre 7 sur 40 · ENFONCEMENT · texte numérisé non relu

ENFONCEMENT

Obs. il — Traumatisme ancien. — Monoplégie brachiale. — Attaques épileptiformes. — Trépanation. — Guérison. (Fischer, deBreslau, Congrès allemand de chirurgie, 1888.)

Homme de quarante -sept ans. Choc sur le crâne, enfoncement

LÉSIONS OSSEUSES

de la voûte qui détermine, malgré la réduction des fragments, une paralysie gauche qui ne disparaît que lentement; le membre supérieur gauche resta toujours un peu faible; environ deux mois après le traumatisme, se produisit une première attaque d’épilepsie, qui débuta par le bras paralysé, prit ensuite les muscles de la face, puis ceux du membre inférieur du même côté, pour passer enfin du côté opposé, et de bas en haut. Il y eut assez souvent de six à douze accès dans les vingt-quatre heures. Le siège du mal étant supposé au niveau de la frontale ascendante, on fit, le 20 octobre 1887, une trépanation à cet endroit, qui correspondait à la partie postérieure de la cicatrice osseuse.

On trouva un enfoncement de la table interne qui pressait sur la dure-mère; pas de pulsations cérébrales. On enleva l’os jusqu’à ce que le cerveau battit librement. Guérison de la plaie, de l’épilepsie et de la faiblesse parésique du membre supérieur gauche.

Obs. III. — Fracture ancienne du crâne avec enfoncement. — Accès épileptiformes — Trépanation quatre ans après. — Guérison (Routier, Soc. de chirurgie, mars 1888). Résumée dans thèse de Decressac, Paris, 1890.

Malade de trente ans, employé de chemin de fer. Pas de syphilis, tubercule ou épilepsie dans l’hérédité. En juillet 1881, il est pris entre deux trains et mutilé (amputations).

Plaie du cuir chevelu avec fracture du crâne. La plaie fut réunie très vite, mais il resta une fistule qui donna du pus pendant deux ans, sans élimination de fragments osseux. Le lendemain de l’opération, il n’y avait ni troubles cérébraux, ni paralysie.

La fistule s’est tarie en 1883. Huit jours après la fermeture de la fistule, le malade a commencé à ressentir au niveau de sa cicatrice des douleurs vives, spontanées, irradiantes, se montrant par crises.

En mai 1885, sans accident précurseur, le malade tombe dans la rue, perd connaissance et constate lorqu’il revient à lui, au bout d’une demi-heure, que la main droite et tout le membre droit étaient contracturés. Cette contracture dura deux heures. Depuis

LÉSIONS OSSEUSES

il y a eu quatre attaques semblables, mais sans contractures permanentes. La douleur persiste entre les crises et devient si violente que le malade ne dort plus et reste comme hébété.

L’examen des yeux, des oreilles, de la langue, l’état de la sensibilité et de la motilité ne révèlent rien d’anormal. Apyrexie complète.

Sur le côté gauche du crâne, à 2 cent, 1/2 de la ligne médiane, à 8 cent. 1/2 au-dessus du rebord orbitaire, on trouvait une cicatrice déprimée en godet, et où l’on pouvait loger l’extrémité du petit doigt, la pression à ce niveau était douloureuse.

Le godet avait 10 millimètres de profondeur; la peau était très adhérente à l'os que l’on sentait nettement dans la profondeur.

La trépanation fut faite antiseptiquement, et une couronne placée entre la dépression en godet, et la ligne dos centres située en arrière. La rondelle osseuse enlevée, on constate un épaississement de l’os, qui produit une dépression très nette de la substance cérébrale. L’os épaissi est enlevé à la gouge. La dure-mère adhérente à l’os reprend alors sa convexité.

Le trou fait au crâne avait la forme ovale et mesurait 5 cent. 1/2 sur 4 de lai'gc. Dans sa plus grande épaisseur, l’os mesurait jusqu’à 18 millimètres.

Les suites opératoires furent simples, la guérison se fit rapidement.

Le deuxième jour, attaque épileptiforme ; mais depuis, le malade a recouvré la santé, il est débarrassé de tous les phénomènes cérébraux qu’il présentait antérieurement.

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