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C. Syphilide papulo-hypertrophique

Les syphilides papulo - hypertrophiques confluentes, accompag'nées d*accidenls cutanés, buccaux, etc., en un mot de tout le cortège des accidents secondaires de la syphilis sont d'un diagnostic simple et facile. Mais quand on a sous les yeux une ou deux tumeurs isolées, quelquefois ulcérées, croûteu ses, on peutêfre embarrassé pendant quelques instants. On peut alors songer, soit à un concroïde, soit à des végétations simples.

La confusion des papules hypertrophiques avec le cancrdide semble à peu près impossible. On pren-

(I) Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques, article : Chancret iimplei^ p. 119.

dra tout (fabord en considération Tftge de la malade. Puis Vépithélioma a un cachet tout spécial; il est isolé et non multiple, il ne présente pas Taspect mamelonné, hémisphérique, la teinte roug^e de la papule hypertrophique ; il forme à la vulve des tumeurs souvent énormes, envahissantes, à contour inégal, qui se recouvrent de croûtes multiples, d*érosions suintantes, d'ulcérations extensives, progressives, qui dépassent en profondeur tout ce que peut présenter >la papule hypertrophique qui n'excède guère Tétat érosit. Il résiste enfin à toute tentative de trailement*

Les végétations simples se distingueront facilement des sy philides papulo-hyper trophiques: ces der* nières forment des tumeurs mamelonnées, rosées, à large base, présentant quelquefois à leur surface de petites fissures superficielles. Dans les tumeurs constituées par des végétations accumulées, serrées les unes contre les autres, on parvient au contraire à isoler chaque petite végétation formée par une papille hypertrophiée, avec son pédicule généralement étroit, resserré, et soii sommet étalé, élargi. Chaque papille est séparée de la papille voisine par un sillon profond. Puis on rencontre presque toujours simultanément sur d'autres parties de la vulve ou à Tanus, de petites végétations isolées.

Du reste les syphilides papulo-hypertrophique^et les végétations simples se comportent d'une façon complètement différente à Tégard du traitement. Los

premières, comme nous le verrons tout à l'heure, disparaissent très-rapidement sou& Tinfluence de simples moyens hyg^iéniques ; les secondes, au contraire, exig'ent des cautérisations répétées au nitrate acide de mercure, et même, dans la majorité des cas, Texcision.

D. Syphilide ulcéreuse.

Nous ne discuterons pas le diagpnostic différentiel du chancre induré et de la syphilide ulcéreuse : nous avons suffisamment insisté sur ce sujet à propos du diag'noslic des syphilides vulvaires en général.

Certaines formes de syphilides ulcéreuses profondes, creuses, à fond jaunâtre, pourront en imposer pour des chancres simples. Dans ces cas le diag-nostic se basera sur cinq ordres de phénomènes : le nombre des ulcérations, leur physionomie, l'état de leur base, l'état des g^ang'lions, et les renseig*nements fournis par l'inoculation.

Et d'abord le chancre simple est presque toujours multiple : M. Fournieren a observé jusqu'à 30, 40 et même dans un cas, 74 sur une seule vulve. Puis le chancre simple est plus creux, ses bords sont plus abruptes, son fond est plus inégal que celui de la syphilide ulcéreuse ; cette dernière présente un fond plus roug'e, plus luisant, ses bords sont moins renversés en dehors.

Un sig'ne différentiel plus important est celui que fournit la base même de l'ulcération. Molle et dif«

fuse dans le chancre simple, elle est circonscrite, souvent parcheminée, très- dure dans la syphilide ulcéreuse ; de phis le chancre mou s*accompag*ne fréquemment de bubons chancreux, distincts par leur volume, les douleurs qu'ils provoquent et leur suppuration fréquente; les ulcérations secondaires donnent, au contraire, lieu tout au plus à des adénopalhies indolentes, souvent même ignorées des malades.

Reste enfin un critérium indiscutable, Tinoculation.

Mais il est des cas fort difficiles, et, il faut l'avouer, excessivement rares, c'est la coïncidence des chancres simples et de la syphilide ulcéreuse. Dans ces cas on ne pourra arriver au diagnostic qu'en analysant un à un tous les symptômes en se servant de tous les moyens d*expIoration, et surtout, en suivant et en étudiant attentivement l'évolution consécutive de la maladie.

Syphilide ulcéreuse simulant des chancres mous. Trois inoculations

négatives.

Obs. XXVI. — Ga... (Marguerite), 22 ans. Entrée, salle St- Jean, Iei4avrill869.

Antécédents — Pas de maladie vénérienne antérieure? Il y a un mois elle aperçut des boutons aux parties génitales. Quelques jours après d'autres boutons sont apparus. La malade n'a fait aucun traitement.

Etat actuelle avril. — La grande lèvre gauche présente une coloration rosée sombre et une tuméfaction considérable ; elle a environ le volume d'un quartier d'orange. Sa surface est mamelonnée, couverte de saillies papuleuses sèches de coloration plus pâle que le reste de la grande lèvre, et formant par

confluence plusieurs lai'ges plaques. Celles-ci sont assez dure au toucher; Tiaduration est très-marquée pour la lésion de la partie supérieure de la grande lèvre gauche, lésion que la malade dit être apparue la première. II existe également une ou deux saillies sèches sur la fesse à côté de la fourchette, ces lésions paraissent être des cicatrices. Dans le sillon génito-crural gauche se trouve une assez large surface exoriée, superficielle, rouge, sans induration aucune à sa base et paraissant être en voie de réparation.

Quand on sépare les grandes lèvres on trouve à Tentrée du vagin, à la fourchette, sur la face interne de la grande lèvre gauche et sur la face interne de la petite lèvre droite, quatre ulcérations assez larges ayant en moyenne i à 2 centimètres de diamètre, de formes très-irrégulières, toutes assez creuses, à fond jaunâtre, lardacé, assez analogue à celui du chancre simple; elles sont limitées pur un bord net, d'un rouge assez vif. L'exploration de leur base est impossible.

Adénopathie biinguinale un peu douloureuse.

Inoculation avec le pus de Tulcération de la grande lèvre gauche.

Traitement. — Badigeonnage des ulcérations à la teinture d*iode.

Le 17. Inoculation négative. — Les ulcérations conservent leur aspect chancreux. Secondes inoculation avec le pus de l'ulcération de la petite lèvre droite. Bubon inûammatoire à gauche.

Le 21. La seconde inoculation est aussi négative. Les ulcérations de l'entrée du vagin persistent mais paraissent se réparer Elles conservent toujours l'aspect du chancre simple. L'ulcération de la petite lèvre gauche sécrète encore abondamment. Troisième inoculation avec le pus de cette ulcération.

Le *13. Les cicatrices des ulcérations de la grande lèvre gauche sont sèches, mamelonnées, rosées, et présentent tout à fait l'apect des cicatiices de papules muqueuses.

Ouverture du bubon; il en sort un pus verdàtre.

Le 28. Toutes les ulcérations des lèvres sont cicatrisées. Le bubon s'est déformé mais il est encore fluctuant. Les inoculations sont négatives.

1«' mai. Réparation avancée des plaies du vagin. Bubon toujours fluctuant. Les inoculations sont définitivement négatives.

Le 4. Réouverture du bubon qui laisse écouler une sérosité assez foncée de coloration. Inoculation avec cette sérosité.

Le 6. Cette nouvelle inoculation est négative. Les inoculations vulvaires se réparent.

Le 19. Réparation très-avancée, il ne demeure que deux petites plaies.

8 juin. Cicatrisation presque complète. Rien sur le reste du corps.

Le 19. Sortie de la malade ; il demeure une érosion insignifiante qui est cautérisée au moyen du nitrate d^argent.

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