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CHAPITRE IV

SYMPTOMATOLOGIE,

C'est surtout pour la description symptomatique (|ue la division des syphilides, d'après leur aspect^ pourra nous rendre des services. Dans cette description nous nous attacherons surtout à bien exposer les caractères objectifs de ces lésions, car ils sont souvent la principale source des données diag^nostiques.

Il ne fajidrail pas croire que nous ayons la prétention de donner une classification dont on puisse faire une application rigoureuse aux lésions vulvaires ; chacune de nos variétés ne répond qu'à des cas types, et la séparation que nous faisons, comme du reste pour toutes les classifications nosolog^iques* est purement artificielle. On rencontre, en effet, dans la pratique, un g^rind nombre de cas intermédiaires, qui représentent des termes de transition entre les variétés voisines.

Pour abrég*er l'exposition des symptômes, nous allons passer rapidement en revue certains carac-tères communs que présentent les accidents vulvaires ; puis nous aborderons l'étude de leurs caractères distinctifs, en suivant l'ordre que nous avons déjà énoncé.

Rappelons d'abord que ce sont des lésions de développement spontané^ ne réclamant, pour pouvoir se constituer, que l'influence de la diathèse, aidée

de quelques conditions locales ou indispensables. Nous voulons dire par là que ces accidents surviennent en dehors de toute condition àe contagion nouvelle. La connaissance de ce caractère est importante, surtout au point de vue de certaines questions de médecine Iég*ale.

Presque tous ces accidents sont, par suite de leurs caractères de syphilides muqueuses* des lésions sécrétantes ; le liquide exsudé varie depuis une sérosité limpide jusqu'au pus le plus épais ; l'abondance de la sécrétion varie aussi dans de» limites très-étendues. Lorsqu'elle est très-considérable, elle devient cause d'exacerbations locales et de complications inflammatoires, ainsi que nous le verrons plus loin.

Cette sécrétion est non inoculable au sujet qui porte les lésions. Des inoculations qu'on pourrait conripter par centaines ont été faites par mon maître, M. Fournier, ainsi que par d'autres, avec ce résultat invariable : inoculation négative.

Il est vrai de dire qu'on a prétendu obtenir la reproduction de ces accidents par un mode spécial d'inoculation ; en appliquant sur des surfaces saines de petits vésicatoires et en pansant la surface excoriée avec les matières recueillies à la surface de plaques muqueuses; on a pu reproduire, en ces points, des lésions qu'on a considérées comme des exemples

d'auto-inoculalions de plaques muqueuses. Mais il y a là une erreur dang^ereuse pour l'histoire doctrinale de la syphilis. La lésion qui se produit sous

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Vinfluence du vésicaloire, suivi de pansements ir* ritants, est une manifestation constitutionnelle évoquée en un point donné du tégument e:îi:terne par l'action d'une irritation locale; cette explication est parfaitement conforme à ce que nous avons déjà dit relativement à la pathogénie des localisations de la syphilis secondaire.

Mais si les liquides sécrétés par ces lésions sont sans danger pour la personne qui les porte, il en est tout autrement lorsqu'il s'agit de leur action sur un sujet non vérole, La contagiosité des accidents secondaires est établie sur des milliers de preuves et n'est plus contestée par personne. Ces accidents, en particulier les syphilides génitales de lafemme, sont, sans exception, les plus dangereuses de toutes pour la société, par leur rôle prépondérant dans la dissémination de la vérole. Les circonstances suivantes expliquent leur terrible fécondité : elles sont non-seulement extrêmement fréquentes et persistantes chez Içs femmes des basses classes, mais, par suite de l'absence de toute dou^ lêUTi même à la pression, les malades se trouvent souvent en être atteintes sans en avoir conscience; on voit se présenter à Lourcine, le jour de la con^ sultation , des femmes qui portent des lésions vieilles déjà de plusieurs mois, tellement exubérantes que la vulve se trouve complètement déformée, et qui avouent avoir eu des rapports sexuels avec plusieurs individus la veille même de leur visite à l'hôpital 1 Même chez des personnes plus intelligentes, plus

soucieuses de leur état et de la santé de leurs amants, la syphilide, surtout si elle appartient à la forme érosive, peut être assez insignifiante en apparence pour passer inaperçue et n'en être que plus dangereuse pour la transmission de la maladie.

Un autre caractère de ces lésions est de céder très -rapidement à la médication. Malgré leur multiplicité et leur confluence habituelle, elles disparaissent et récidivent avec une égale facilité. Une seule espèce de syphilide fait exception à cet égard : c'est la forme ulcéreuse qui est souvent très-opiniâtre. Cette curabilité résulte directement de ce que nous avons dit de la pathogénie de ces accidents ; dans l'immense majorité des cas, il suffît de très-peu de soins pour les voir disparaître sous l'influence du repos et de lotions.

Il y a un dernier caractère commun à toutes les formes de syphilides génitales, sans exception, qui présente une grande importance au point de vue clinique et au point de vue doctrinal: je veux parler de Vétat induré de la base qui peut se rencontrer dans chacune des formes d'accidents. Je me contente ici de dire que cette induration, dans certains cas, représente exactement Tinduration du chancre infectant, sans qu'on puisse l'attribuer à une transformation in situ du chancre en accident secondaire.

Pour les détails nombreux que comporte cette question, je renvoie le lecteur au mémoire publié

par M. Fournier (1). A propos du diag^nostic entrç les syphîlides et le chancre induré, nous devrons reparler de la valeur de ce phénomène.

Nous pouvons maintenant aborder la description de chaque variété d'accidents vulvaires, en commençant par la forme érosive,

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