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CHAPITRE II

Causes de la diversité des modes de culture.

Comme la plupart des faits économiquesi ceux de Tordre agricole sont d'ordinaire très^complexes. A des circonstances na tu relies» à des pa r ticulari tés de latitude et de territoire, se sont mêlés pour les produire des conjonctures mobiles et factices, des accidents nés Au hasard des lois et des institutions humainéSi et il n'est pas toujours facile d'en suirre la marche et d'6il démêler les complications.

Sur les modes d'exploitation territoriale otit influé surtout des occurrences nombreuses. Etat des citili*sa tiens, condition des populations ^ distributloti déS richesses, systèmes de législation^ nature des climdts, qualités des terres, espèces des 'produits et des dofl^ sommations, toutes ces cattses de diversité ont opéré tantôt à la fois j tantôt successivement ou dans des mesures difierentes» et il importe de constater com* ment se manifeste, se modifie et se combine leur in^ fluence respective.

De rinfluence de Tétat des populations sur les systèmes de culture.

L'influence etercée par Tétat des poptilaiidtiii i^r les formes du travail agricole est considérable. Dans le sein des populations pauvres ne se trouvent pas de cultivateurs en élat d'embrasser dans leurs la-

beurs de vastes superficies , et la grande culture ne peut apparaître qu'aux âges où non-seulement la richesse est devenue le partage des campagnes, mais oà la distribution s'en est effectuée avec une inégalité marquée.

Voilà pourquoi la contenance des exploitations fut si longtemps limitée par la quantité de travail que pouvait fournir une seule famille. Tel fut le régime auquel les anciens furent constamment ramenés , soit que les hommes libres labourassent eux-mêmes leurs propres champs, comme dans les beaux jours d'Athènes et de Rome , soit qu'ils en confiassent le soin à des serviteurs. S'il y eut des époques où de grands personnages en possession de provinces entiè* res y jetèrent des milliers d'esclaves, condamnés à travailler en commun sous le bâton d'un intendant, ce régime engendré par la dépopulation de l'Italie, et qui, suivant Pline, en acheva la ruine (1 ) , ne put se soutenir. Quelque rigueur que déployassent les maîtres ou leurs préposés, l'agriculture ne pouvait que dépérirsous desmains privées de toute rémunération, et, pour rendre un peu de vie aux campagnes, pour en obtenir quelque revenu, il fallut subdiviser de nouveau les terres entre des familles intéressées à les féconder par l'appât d'une part dans le produit. Ainsi, sous l'empire romain, se réorganisa le colonat.

(1) Latifundia perdidere Ilaliam et jam vero provincias. (Lib. xviii,

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