‹ Des systemes de cultureChapitre 6 sur 12 · CHAPITRE m · texte numérisé non relu

CHAPITRE m

De la puissance productive des divers modes de culture.

Nous avons sijçnalé les causes qui contribuent le plus efficacement à différencier les systèmes d'organisation agricole. Il s'agit maintenant de rechercher si, parmi ces systèmes, il en est qui obtiennent du sol un plus riche produit que les autres. Tous ne réclament pas des soins et des labeurs semblables ; tous ne peuplent pas les campagnes de cultivateurs également riches, également éclairés; tous n'admettent ni les mêmes genres de production , ni le même emploi des terres ; ce sont là des dissemblances assez notables pour qu'elles puissent influer sur la puissance du travail. Voyons donc si tel est leur effet, et s'il est quelque mode d'exploitation auquel il faille attribuer une supériorité naturelle et constante.

Un mot auparavant sur les dénominations en usage en matière agricole. Les termes grande, moyenne et petite culture sont purement relatifs , et partout ne s'appliquent pas à des contenances territoriales identiques. Des cultures qualifiées de grandes, dans certains pays , seraient ailleurs considérées comme

moyennes ou même comme petites. De même, il y a dans les dimensions des fermes infiniment plus de variété que ne sauraient en exprimer les classifications habituelles. Pour nous, c'est d'après l'importance des moyens de production qu'elles concentrent aux mêmes mains que nous désignerons les diverses cultures. Nous nommerons petites celles qui n'occupent pafi à dles seules une charrue attelée; moyennes celles qui en exigent de une k deux ; et grandes toutes œUes qui en nécessitent davantage.

Ce système y au reste, bien que conforme aux léalités rurales, ne saurait non plus atteindre le degré de précision désirable. La taille et la force des attelages, l'usage des bœu& ou des chevaux, la nature du soi , la succession plus ou moins continue des récoltes 9 le degré d'activité des travaux, l'inégale durée des chômages, toutes ces circonstances, diverses suivant les lieux, influent sur l'ét^idue des superficies auxquelles peut suffire une charrue. Néan* moins nous l'admettrons malgré son insuffisance; et nous tiendrons pour petites les cultures qui embrassent moins de quinze hectares, pour moyennes celles dont la contenance est de quinze à quarante, et>pour grandes celles dont l'étendue est [dus consînble.

Quelques agronomes ont proposé de n'appeler petites que les cultures à la bèdie , cultures dont la superficie excède rarement deux hectares. 11 est oer-

tein, en eSet^ qaeaes modes d'exploîtâtton forment «M spécialité ; mais il suffirait de mentionner leur cafrae* tère dislinctif s'il en était question. Ici, nous D'aTons à nous oeeuper qae des eoltnres qui, pourropnft WÊX besoins prineîpamx de la oemsommation , const»* tuent Tordre ngricoie général dans les divers pays de l'Europe. Nous laisserons de c6té T horticulture et \» genres de ttarail qui s'^i: rapprochent le plus.

Depuis Tépoque oà s'est engagé le débat relatif aui dimensions des fermes , les assertions à l'aide de** quelles ont été défendus tes différents systèmes sont d^neurées les mêmes. Ce qui se disait, il y a plus de soixante ans, des grandes et des petites fermes , est ce qui se dit encore aujourd'hui , et il est aisé de le résumer et de le reproduire.

Yotci le thème des partisans de la grande cul* ture :

Plus les fermes sont grandes, plus l'importance des capitaux qu'en requiert l'exploitation contribue à n'appeler à leur direction que des hommes unissant la richesse aux avantages de l'éducation. Or, âe tel» hommes déploient naturellement dans l'exercice de leur industrie une habileté que ne saurait avcHr im petits fermiers moins aisés et moins instruits. Tevte» les améliorations praticables trouvent en eux des pn»^ moteurs intelligents, et leur empressement à le» effectuer est d'aotant pfais rî£ qn'ib tin»t de IcMS entreprises des bénéfices propettioiuiés h la s^fw^

ficie même des terraÎDS sur lesquels s'étend leur travail.

Les grandes fermes, d'ailleurs , sont les seules oii se réunissent les avantages attachés à la séparation des tâches. Les ouvriers y ont leurs occupations distinctes, et, grâce à la spécialité de leurs labeurs, ils acquièrent une dextérité dont manquent toujours des hommes obligés de vaquer successivement à des soins qui, pour être bien remplis, demandent des aptitudes diverses.

D'un autre côté, h l'économie de main-d'œuvre, produite par la bonne répartition das travaux, se joint celle qui naît delà grandeur même des surfaces mises en labour. Il faut moins d'attelages, et l'économie obtenue sur leur nombre laisse plus de moyens de nutrition pour le bétail. Un autre point important, c'est que les grandes fermes seules peuvent entretenir des moutons en assez grande quantité pour couvrir les frais de garde et de conduite, et de là des engrais d'une abondance et d'une diversité qui assurent la richesse des récoltes, f Enfin, il faut moins de capitaux pour les organiser, eu égard aux superficies en rapport. Maisons d'habitation, constructions rurales, bâtiments de service, tout se multiplie à mesure que les cultures se réduisent, et les moins grandes sont celles qui, proportionnémentàleurs dimensions, exigent le plus de dépenses improductives.

Atissi, rexploifation en grand, par cela même qu'elle est celle qui épargne davantage les hommes, les animaux de service et les capitaux, a-t-elle les moindres frais de production à rembourser sur ses récoltes, et laisse-t-elle un excédant dont la supériorité offre aux classes étrangères aux soins agricoles de plus abondants moyens de subsistance.

A ces assertions 9 les partisans de la petife culture en opposent de tout autres. Les petits fermiers, disent-ils, portent dans les moindres détails de Texploitation une attention féconde en avantages importants. Il n'est pas un coin de leurs champs dont ils ne connaissent toutes les particularités, et auquel ils ne sachent donner le genre même d'amendements et de soins qu'il réclame. Des produits dont les cultivateurs en grand ne sauraient s'occuper suffisamment sont pour eux une source de bénéfices considérables, et ceux de basse-cour, entre autres, h peu près nuls dans les grandes fermes, d'ordinaire, leur assurent un supplément de revenu qui ajoute sensiblement à celui qu'ils tirent de la terre.

Les petits fermiers emploient peu de journaliers : c'est en famille qu'ils exécutent la majeure partie des travaux d'exploitation ; eux-mêmes mettent la main k Touvrage , et certes c'est avec une ardeur et une intelligence que ne déploient jamais, dans les grandes fermes, des serviteurs que l'intérêt du maître touche fort peu. Le reproche qu'on leur adresse de

manquer des moyeDs d'amélioter leim terres tombe à faux ; car» si les profite qu'ils réalisât soot ré^ treinte, les surfaces qu'ils ont à amender scHDit étroite» et nexigent que des avances en rapport avec leur faible contenance.

Il n'est pas vrai que les petites culture» entrer tiennent moins d'animaux que les grande». Si \ta bêtes à laine y sont peu nombreuses, en revancbe le gros bétail y abonde: et il faut bien qu'il en soit ainsi ; car les produits qui font leurs bénéfices, dl qu'elles s'attachent à créer, sont en général ceux qui exig^it le plus d'engrais.

On dit qu'elles nécessitent et plus de bras et plus de dépenses de construction que les grandes ; mak qu'importe, si le surcroît de produit qu'elles donnent suffit pour couvrir tous les frais additionnels dont, elles peuvent être passibles? C'est là , au contraire^ un avantage, quand leur revenu net n'est pas infe* rieur à celui des autres cultures; car, entretenait alors avec autant de population manufacturière, plus de population rurale , elles contribuent davantage k la force et à la puissance de l'État.

Ainsi que déjà nous avons eu Toecasioii de le faket remarquer, longtemps la moye&ne culture demeurm sans organes et sans défenseurs. Si Scfanrw, dans suai Essai sur lesPays-Bm^esk avait fait un éloge raisonné^ oe ne fut pourtant qu'en 482â qu'elle trouva daus M« Cwdier un appréeiii^eur habile et un parti

zélé (1). Cet écrivain n'hésifa pas à regarder les fermes de 20 à 30 hectares de la Flandre français» comme les plus productives ; et il attribua à celles de l'arrondissement de Lille , un peu moins étendues «Dcore, la supériorité sur les exploitations du reste de la France et même de l'Angleterre. Parmi les motifs sur lesquels repose son opinion, les plus saillants sont l'économie des transports des champs à la ferme , l'occupation continue des hommes et des at« telagesy la variété des productions, et des travaux dont la distribution r^ulière ne fait pas sentir la nécessité de recourir à ces ouvriers supplémentaires dont les grandes fermes ne peuvent se passer, et qu'elles sont forcées de payer à très-haut prix.

Telles sont les raisons données de part et d'autre en faveur des divers modes de culture. Ces raisons, mus les tenons, quant à nous, pour fondées toutes sur quelques portions de vérité : car il n'est pas de légime rural qui n'ait à la fois des inconvénients et des avantages : mais ces inconvénients et ces avantages, quelle en est la mesure respective ? Comment discerner si la prééminence de fortune et de savoir attribuée aux grands fermiers opère définitivement mieux et plus lucrativement que l'activité persoaifteUe et les soins attentifs portés par les petits dans ks moindres détails de leurs opérations? CommMt

(1) Mémoiiesiirl'âgricultare de ]« Plandre françaiie et sur lliîcoiioDiit rurale.

savoir si les capitaux plus considérables des uns^ appliqués à de vastes superficies, les fertilisent plus que les moindres capitaux des autres employés sur de moindres espaces? C'est là ce qui a embarrassé les observateurs les plus dégagés de préoccupations systématiques, et fait dire à l'un des plus éminents d'entre eux , à Sismondi , que « les questions de grande et de petite culture sont au nombre des plus épineuses et des plus compliquées, et n'ont jamais été bien résolues, quoiqu'un grand nombre d'écrivains des deux partis les aient décidées fort légèrement en ne les considérant que d un seul point de vue (1). »

Que ces questions n'aient été d'ordinaire considérées que d'un point de vue exclusif et décidées fort légèrement, le fait est certain; mais sont-elles donc inextricables, et ne seraient-elles pas résolues dès longtemps, s'il était démontré, comme Sismondi luimême le supposait, que, i< pour obtenir de l'agriculture le plus grand profit possible, sans considérer la valeur du produit brut, mais celle du produit net seulement, il faut réunir les fermes, et que c'est sur les plus grandes que le profit sera le plus considérable (2)?

En effet, c'est dans l'élévation du profit ou produit neji, c'est-à-dire dans la valeur représentée par la portion du produit brut obtenue en excédant du montant des

. (1] Tableau de l'ag^cultare toscane; Grandeur des fermes. (2) Idm. /dm.

— osfrais de production que se trouve le véritable critérium de la bonté des divers modes de travail, la mesure ceitaine de leur puissance spécifique. Entre deux établissements industriels de même importance, à celui qui en Gn décompte laisse le plus grand bénéfice, appartient nécessairement la supériorité. Or, en agriculture où c'est la terre même qui forme le fonds mis en œuvre, du moment oii, déduction faite de l'ensemble des avances qu'elle reçoit, un système d^exploitation lui fait rendre, à superficie égale, plus d'excédant ou de produit net que les autres, c'en est assez pour que ce système doive être tenu pour le plus effit ace et le meilleur.*

Ce qui a entretenu tant d'incertitudes à cet égard, c'est qu'au lieu de prendre le fait dans toute sa sim-plicité et de se borner à mesurer la somme du pro- * duit net par l'étendue des surfaces cultivées, on a voulu mettre en balance les quantités d'argent et de travail à l'aide desquelles cette somme est obtenue. C'est l'erreur dans laquelle sont tombés Sismondi et la plupart des écrivains qui ont traité la question, erreur qui conduit nécessairement à regaider les terres incultes, oh l*homme peut ramasser quelques fruits venus sans son assistance, comme les plus productives, et qui, lorsque Arthur Young s'aperçut des conclusions qu elle imposait, le décida à chercher, dans le plus grand produit porté au marché, un autre moyen, à peine moins défectueux , d'évaluer la

capacité relative des diverses classes de fermes (I). Un peu d attention prêtée aux &its aurait dû, ce nous semble, dissiper tous les doutes. Toute œuvre industrielle exige des frais, et de là la division du produit en deux parts. Tune qui rembourse les avances du producteur, l'autre qui, demeurant h titre d'excédant, forme la richesse créée, richesse dont l'importance atteste le degré d'énergie et d'habileté du travail. Tenir compte du montant des avances, c'est oublier que ces avances ont eu leur rétribution propre, et qu'il n'a subsisté d'excédant que parce qu'elles ont été complètement soldées.

En agriculture, autant de genres de produits , autant de dépenses spéciales. Un hectare de pré, par exemple, peut donner une récolte de 300 fr. moyennant 60 fr. de main-d'œuvre ; un hectare en blé, au contraire, peut nécessiter 240 fr. de frais, pour livrer une valeur brute de 500 fr. En conclura-t-on

(i) Le bénéfice net ne saurait non plus servir de guide, parce que les terres les plus incultes sont susceptibles, en raison du capital employé, d*endonnerun plus grand que les plus riches jardins, disait Arthur Young. {Voyage en France, tome IIl, Grandeur des fermes.) C'est, en effet, à la folle conclusion qu'il signale , qu'arrivent inévitablement ceux qui cherchent i établir le rapport entre le montant des avances faites à la production et le produit net obtenu. Dans ce système, dont Arthur Young avait trop de lumières et de bon sens pour ne pas entrevoir l'erreur radicale, on est inévitid>lement conduit à ccmeluie que les terrée incultes où les animaux trouvent quelques ressources alimentaires sont les plus productives , attendu qu'elles donnent un produit si complètement net, qu'il n'en a rien coûté à qui que ce soit pour le recueillir.

que la caHare du foin ne coûtant , è tsuperficie semblaUe, que le quart de celle du blé est quatre fois plu8 puissante et plus lucrative? ia méprise serait étrange. Des deui côtés , les avances, bien que trèsinégales, ont été complètement remboursées; desdeux ^tés, a été réalisé un surplus de même valeur, et de quelque peu que la moisson en grains eût été plus forte , elle aurait été celle qui eût ajouté davantage aux profits des fermiers et à la richesse territoriale. £h bien, pas d'autre règle d'appréciation, en matière de systèmes généraux d'exploitation , qu'en matière de récoltes diverees. Tous ces systèmes n'emploient pas les mêmes quantités de capital et de salaires; mais tous commencent par solder entièrement leurs frais de production, et s'il en est qui en exigent plus que les autres, il ne peut leur rester autant d'excédant ou de produit net que parce qu'ils obtiennent un complément de produit brut assez considérable pour compenser le surplus de leurs charges.

Il n'y a donc pas à se préoccuper des proportions dans lesquelles l'argent et les bras sont appelés à concourir à la production. Leurs services ont leur rémunération distincte, réglée à raison même de leur utilité , et, en quelque quantité qu'ils soient admis, comme il ne reste de produit net qu'après que le prix qu'ils ont coûté a été remboursé, c'est ce même produit net qui demeure la seule et véritable mesure de l'état plus ou moins avancé de l'art, de la puis-

sance plus ou moins grande du système de travail. Il esta remarquer» au surplus, que toutes les améliorations rurales ne peuvent être que le fruit d'accroissements de dépenses, dont le remboursement s'effectue à Taide du supplément de produit qu'elles permettent d'obtenir. A partir des terrains en friche, jusqu'aux jardins les plus l'ertiles» les avances faites au sol augmentent progressivement; mais les récoltes se multiplient bien davantage encore , et les contrées les plus riches en revenu agricole net, comme en revenu brut, sont celles où la terre à surface égale reçoit les soins les plus actifs , les plus nombreux et conséquemment les plus chers.

i Rien de mieux caractérisé que ce fait. Comparez par exemple en France le montant des dépenses et de la production agricoles dans les régions où l'art est le plus inégalement avancé, voici ce que vous constaterez.

D'un côté, les frais de culture n'excèdent pas en général 80 fr. par hectare ensemencé en grains , et la récolte consistant en neuf ou dix hectolitres vaut environ 170 fr. De l'autre, les mêmes frais dépassent 250 fr.; mais le sol peut rendre jusqu'à vingt-cinq hectolitres et donner ainsi 450 fr. et plus.^Sil fallait mesurer le produit au montant des avances, il se trouverait quela culture la moins habile assurerait plus de 112 p. % de bénéfices, et 32 p. 7o de plus que l'autre; tandis qu'en réalité, elle ne laisse pas net la

moitié autant de revenu. Â chaque addition des avances dans les lieux les mieux cultivés ont répondu des accroissements considérables de produit brut et de produit net, et de là, d'énormes différences dans les fermages dont jouissent les propriétaires, comme dans les moyensdesubsistanceoffertsaux populations. Quelque secs et minutieux que soient ces détails, il fallait les exposer, sous peine de laisser place à une erreur devant laquelle ont échoué fréquemment les recherches relatives à la puissance propre aux divers systèmes de culture. Pas d'autre signe, d'autre mesure de la puissance d'un système que la quantité de produit net qu'il réalise sur une surface donnée ; mais ici même, les chiffres ne sont pas aussi faciles à constater qu'on serait tenté de le croire au premier abord, et avant de les recueillir, nous avons à présenter quelques explications.

C'est dans le taux des rentes ou fermages qu'il est d'usage de chercher l'expression du produit net agricole; or, cette expression n'est ordinairement ni complète ni facile à ramener à sa véritable signification. Les fermages sont loin de constituer la totalité du produit net du sol. D'un côté, restent en dehors les perceptions du fisc, toutes les fois que les propriétaires n'acquittent pas eux-mêmes le montant complet des contributions publiques et locales ; de Tau* tre, la portion des récoltes qui, les dépenses de Texploitation remboursées , reste aux mains des fer-

miers à titre de bénéfiee net , portion lowjoiirs «cimisidévable et qui souvent n*est pas 'tnférieiire è e^le dont se compose le prix mèmedu loyer (i );'nHiis, m les fermages ne sont pas tout le produit net, enrevandhe, ils «ontiennent dessonnnes'quiy ne représeostant que Tîntérét desicapitaux immobilisés dans les constructions i!urales » ne sauraient étve ^considérées comme afférentes au montant total des :baux oensentis pour les terres.

Voilà, (Comme on le voit, des faits dont il iaat néeessairement tenir grand compte dans les évaluations comparatives de produit net; 41 en est un plus considérable encore , c'<est l'influence exercée par k taux des denrées agricoles snr le obiffre même des -fei^ mages. Les -fermages xeprésentent en réalité une portion des réoolieSy tet ils s'élevait ou s'abaissent à raison du prix courant de la part «qui lexir revient. Supposez, >par exemple, deux centrées où des cul-

*(k) En Angleterre, ainsi que les enquêtes parlementaires en font Toi, cfest à;10p.'ailOqu'efitëYaiaé.le.bénéfieeqBe dâiTentiébtenir les ferBiiBn surles ci\pitaux liont ils font usjige. Or on jesUme aussi que, pourbien conduire une eiploitation, un fermier doit y porter environ dix fois le montant même du pm de loyer. En défalquant des 10 p. V/0 réservés aux fnBiirf»r5ip. 0/9*eofline ioléflftt, dl s'cnsiivralt .qi^ils gpHderaicnt te aubces.tt p. Q/0 comme profit.net. Ge.seraU.uae ,part despioduits neto égale à la moitié de celle que reçoivent les propriétaires à titre de fermage. En'France, tpiélques reclierdies nous ont conduit à reconnitlre 4M^ da«^beanmip]4e>dépaKlenaitf,tttlie obamaiilAipottion doprodiiil Dtf que secéservenLfitidontioat besoin les.feniuers qui onUivent au delà de 30 hectares. Cette portion croit d'ordinaire à^mesureque lesei^ploitatioot ont mon» U'étendue.

jnlfc aiwi

tmtetrrs également Tiabiles puissent consacrer la même quantité de produit au loyer de terres de même contenance, le revenu du propriétaire, converti en numéraire, montera plus haut dans celle de ces contrées où les fruits du sol auront le plus de valeur vénale, dans le voisinage de Bordeaux, par exemple, oîi le blé vaut de 20 à 21 fr. Thectolitre, qu'en Lorraine, où il se vend de 1 5 à 16 fr. ; et pourtant lart agricole n*en aura pas moins dans les deux pays une égale capacité productive.

Des faits bien connus attestent, au surplus, combien il importe , dans la comparaison des prix de fermage, de ne pas en confondre le chiffre avec la quantité même des produits affectés à leur payement. Depuis trente ans, les rentes territoriales ont diminué graduellement en Angleterre. Des fermiers qui , en 1S12, louaient les terres à raison de 45 et de 70 scfaellings l'acre, n'en donnent maintenant que de 20 à 30 (1); et certes quiconque s'en liendraît à ce fait pour mesurer la force productive de l'agriculture anglaise , devrait en conclure qu'elle a perdu plus de la moitié de son ancienne puissance. Il n'en est rien pourtant; mais le blé qui, en 1812, se vendait jusqu'à 122 schellings le quarter, n'en vaut plus maintenant 60, et avec son prix a décliné celui des loyers agricoles. Il est à remarquer, au reste, (ju'é-

(1) Progress ofthe nation. Vol. I, p. 164 et 165.

Taluée en quantité de blé , la part des récoltes qui revient aux propriétaires du fonds n'a pas laissé de décroître : car elle est descendue par acre de 57 à 50 centièmes de quarter ; mais c'est là encore un résultat de la différence du cours des denrées. A mesure que les grains ont baissé de prix, les fermiers ont dû, pour subvenir aux frais du travail et réaliser des profits conformes à leurs besoins, se réserver une plus forte proportion de produits dont la valeur vénale s'était amoindrie. Le contraire avait eu lieu durant la période de hausse. Ces effets si considérables et si distincts de l'inégalité du prix des denrées agricoles « montrent à quelles méprises on demeurerait exposé, s'ils n'obtenaient toute l'attention désirable, et quelles rectifications sont indispensables pour assigner et conserver aux faits leur véritable caractère.

Il est encore une cause d'erreur qu'il faut mentionner; c'est l'influence qui, en matière de produit net , appartient à la situation , et surtout à la densité des populations. Moins un pays a d'habitants, plus la terre y abonde, et moins elle reçoit de soins. Des cultivateurs, dont les exploitations en embrassent plus qu'il ne leur est possible d'en utiliser, se bornent à en ensemencer successivement des portions qu'ils laissent reposer parfois plusieurs années , après en avoir tiré une récolte. Tel est le mode de culture que pratiquent les plus riches laboureurs des Etats- Unis , tout aussi bien que les serfs inhabiles et pau-*

Très du nord de l'Europe (1 ) , parce qu'au fond, c'est témoins dispendieux partout où le manque de population force à laisser la majeure partie du soi en friche ; mais il est facile de comprendre combien le produit net, eu égard à des superficies arables dont quelques sections seulement entrent chaque année dans la culture, doit paraître faible, et combien aussi il serait difficile de le comparer à celui que réalisent des contrées où les besoins croissants de la consommation ont amené la suppression des jachères, ou du moins les ont réduites à ne plus occuper que de trèspetites portions du territoire.

Voici maintenant des chifires de fermage que nous avons lieu de croire exacts : nous les donnons, en nous proposant de ne rectifier que ceux qui nous serviront à juger le mérite des diverses formes de production rurale. Ces chifires sont les plus élevés que présentent en moyenne les pays les mieux cultivés; c'est là que nous les avons puisés, afin de n'avoir à comparer que des résultats qui appartinssent à des systèmes de travail arrivés à un degré de développement assez complet pour autoriser à en apprécier la valeur réelle. Tous, au reste, viennent de cultures où les céréales ont place; tous sont relevés sur

(1) £n Russie, par exemple, la culture se promène de place en place, . abattant jusqu'à des portions de forêts pour les transformer en terres labourables, qui, après avoir donné quelques récolte8,sont rendues à leur ancienne destination. C'est ce qui s'appelle la culture par rhoedungs ou par kuttis.

des surfaces assez étendues pour •xclure les particiilarités de situation et de sol qui peuvent influer siu* leur élévation.

OÊUMVE COLTVIIE. — raVX MOYENS BBS FEItVAGES PAR HECTARE.

Angleterre. — Comtéjtfe^LfncoIn et de NorlltumberiHd 411 fr. et)

Ouatés de WilU» de Berks, de Durban, d'York . . • • 92

F^ce.— Brie, Beauce, Vexin, Picardie, Normandie, Ffandre, arrondissements de Dunkerque, d'Avesnes et ACamèny. 75 (9

Balie.— Mtfanais, fermes de 15 à 20 hectares 240 (3)

France. — Département du Nord, ferme de 15 à 3^

iectares...,»* 90

Départements compris entre la frontière de Belgique

d la Bretagne 80

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