‹ Des systemes de cultureChapitre 7 sur 12 · PETITE CULTURE · texte numérisé non relu

PETITE CULTURE

Espagne.— Basse Catalogne et*royaume de Valence. • 260

(1) Le* efMDtéi de Noriftumbertané et^de Lineoltt sont, en Anglefene, flPQX dMii les terres aoBt i^fenaéas «u pkis haut prâ » et Porter ohaatie 91e si tout le pays rendait autant, le revenu et la richesse agricole s'j lèveraient au moins au double du taux actuel. On remarquera que les €nrtés du nord dooiieni les plus Ibrtes rortes , et tout atteste quil ftat fattcibuer principalement à Vaboadanœ et à la q«alîté d« leurs pltiilages. Les fermes des^vallées y sont louées à des prix, très-élevés. Ici nous jAnrons donn^que des moyennes : celle de F Angleterre , en général, ne pBopas miainteBaBt 20 scbotliiigs Taere on SB fr. par bectare.

(S Nous ne donnons que des moyennes : le prix de location des terres iUgrande fecsierdaiNi eette partie de la France vam de 09 à 9011.

9) C'est d'âpre IL LhUîd do GhaltaBviMa qam mqs dmmw «s dUOBR : pent-itre «MA «uipéié; mis il ImU le lippthMr f«s k Mitsatii •ifesfdneft d'une igotoadeiw et d'niw fertiKt^ tiJsiwdniBlrefc.

Italie. — ToÊCtme.9, ptisi de Luoqueft«. dt Sienne,, de ,

Bergame 230

Belgique. — Pays de Waes et de Tennonde. . . .^ . . . iWï k 160 ft) Bnat», *- Pkuienre eantom éH) dflpaxfiniaii de;

SflUie^Oise — ...«...«.. lûOÀlSQ

Département du Nord 100 à 120

Départements d^ l'Alsace, de l'Artois, delà Picardie; tela IlMmiaadi».. .^.. ^ .«,.... *. . . .h^....^.. flâJà iOO.

Maintenant y quelle signification ont ces cbifFres et quelles inductions en tirer? D'abord, il en est que nous ne citons qu'à titre de renseignements et sans prétendre en faire usage. Si les petites cultures' de FEspagne et de Tltalie, par exemple, ont une si grande supériorité de produit, ce n'est pas èi ce que leur forme a de particulier qu'elles Te doivent, c'est à Fassistance que leur prefte le climat. Grâce à sa cha^ leur féconde , des récoltes diverses se succèdent presque sans interruption* (2), lé laboureur a peu de moments de chômage , et \^ oh Tëau ne manque pas. Ta terre ne cesse de donner des produits d'une abondance inconnue dans lé reste de FEurope. Aussi n'y

(1) Ce ehififi^e est plutiftt au-dessous qu'àu-dessar de Fa réidité'; il r été fii&è uiiedMe5d^.cBeîenfle;. et da^^iin kntsleîpRiiL dM baui m wnribUiaient.augmente.siir plusieucs yoints.

(2) Dans la partie de la Catalogne quiavoisine Barcelone, par exemple» la récolte du froment étant achevée en juin, onsèmeiimnéâtàtttnentduman, iamîlliA^diDctanM0,.ibs Inricott^ou dis U9«im,.qii)€iirleteaqH de mûrir anranttles moia d'iûrer- On comprend aisément qpeU. ayantagpg naissent d'un tel' climat, et combien il serait mal entendu de mettra en paraHèfe^lë prodtdt dèt' culture» qo^H' autorise aTec cehd'des cuRuits db contrées plàsiftoitak.

a-t-il , entre ces contrées et celles qui n'ont ni les mêmes avantages de température ni les mêmes genres de production , aucune comparaison à établir. Leur culture est admirablement appropriée aux circonstances locales; mais ces circonstances si favorables , le laboureur les met à profit , il ne lui est pas donné de les créer.

De même , nous laisserons , sans nous en occuper, le chiffre des petites cultures de plusieurs cantons du département de Seine-et-Oise. L'élévation en tient au voisinage de Paris, et d'ailleurs, parmi les produits qui concourent à le fixer, figurent des vignes, des arbres à fruits , et bon nombre de denrées complètement horticoles. Pour que nos recherches aboutissent autant que le comporte leur nature, il importe de les confiner sur des points où les conditions du travail ne différent que le moins possible.

A cet effet, c'est en Angleterre, en Belgique, et dans le nord de la France surtout, que nous comparerons les résultats des diverses formes de culture. Température , espèce dos productions, tout, jusqu'à la quantité des populations, s'y ressemble assez pour offrir des bases suffisantes aux conclusions que nous aurons à prendre.

Or, en nous en tenant aux prix de fermage existant dans ces pays, et ce sont les plus élevés qu'il soit possible d'y trouver sur des espaces de quelque étendue, nous avons en moyenne les chiffres suivants :

— lOS- Grande culture, par hectare 102 fr. (1)

Moyeone culture • • • 85

Petite culture 110

Il Dous reste à présent à apporter à ces chiffres les modifications sans lesquelles il serait impossible d'en tirer l'expression suffisamment approximative de l'étendue du produit net des cultures auxquelles ils appartiennent.

La première consisterait à en dé&lquer la portion du prix des baux qui doit être considérée comme l'intérêt des capitaux dépensés en constructions par les propriétaires. Il est difficile d'obtenir à ce sujet des indications d'une exactitude complète. Toutefois on serait , ce nous semble , assez près de la vérité en évaluant la déduction à opérer à un dixième pour les grandes cultures , à un septième pour les moyennes, et à un cinquième au moins pour les petites. Ainsi , nous aurions pour fermages, provenant uniquement des terres» les sommes suivantes :

Grande culture 92 fr.

Moyenne culture 73

Petite culture 88

Les impôts qui pèsent sur la terre doivent mainte-

(1) Nous n*avong pris ici que les chiffres afférents à rAng^eterre* Ceux qui, en France, appartiennent à la grande culture sont un peu plus faibles, et nulle part, d'ailleurs, cette culture n'y occupe d'assez grandes superficies pour offrir un de ces vastes ensembles agricoles qui se reo* contrent en Angleterre.

nanf être ajoutés au me uteal de» t ë ima / gm : or, s* il est possible d'en donner la quotité par hectares en France, nous ne saurions en faire autant pour l'An- ^ieterre. Les bnre^ des eoflrfés et èes payfHsses, y eompris eelfe die» pauvres , sr'étévenft asses baut ; mms €¥m ^Rff^eot shtt ast te«F localités, et les nnrisoM en payent une pairlie. Resfléwt, en Mtre, diBS^ portion; d'impôt territorial non rachetées, de» dlttiesi et diss gM!)es eectésiastiques q«LP «e sest pas pcnyiM éfalemenf ni dans tes mêmes preportions sur fbos les points êfi territoire (t) . Tout ce qu'o» peut aflffirmer, clest que les contributions d)e toute espèce, auatqoetles fc terre est sovntse, acquRtées pw les fenuffers, dians les diverses contrées auxquelles ont été demandés nos chiïRres, sont, dans leur ensemble-, moins Ibrtes en Angteflerre qu'en France ^ et qu^en tes* négfîgesnt, &ufe de^ données assez précises, c'est amr petites cultures" que nous* ne tenons pas compte dé- ht partie (fe produit net", comparatrrement h phis considéraBfe. Quant k la portion du produit qui ^ déduction faite des frais de Texploitation , reste êmok hnamws à titre de bénéfice net , quoique considéraftfe, elTe est néan-

(1) On évalue à 408 millions la totalité des charges qui, en Angleterre, w» ÉooMB at eot Irbads^ fèaeir. air la: piapriMé: tatièNv nHÛansf comfiiieawDaBi a» diiflks^ Iss^ébbk fi^umUi pan «!•» BiUnna^ efeVimpdt tadteiièf0V'ai^ ■mqiiAfeaàliDpaclida: V^yhÉsiwr jflaia,.ati<MllB 4m oanlrii «pfe amu aart^fiMni les taiK <kr feiMai«^ documents détaillés qui permettent de les discecMK.

tàikr àaot Fomasiion. a le main» d'mcoBfétticAt. PftrtaNttt cette fovtrôfi est réglée parh mmcnrnno» fà le tftvx con^ttum de L'intérêt et è» profits Midustrids^ «i elle m doit pas^ fnBBBà^r, de ev^ne è ettltiire» nk mène de ptya à pa^fs, d« meîns pMH* Mm dont il est qveatioii duKs* nes> sappuitatioiiB , de diâûreoees biei notables^ L'éfdtuepMl^n èms les une à 5 p- (yo des capttaim; eagagés^^ dans les autres à&Wkk 1 (iAtéffèts noA eoaipm]|, WMHseiiiemeDt 3 s'y aumt pas là de; c{uoi da«Bger Ineii seinbfomifc»t la proportion des chiffres, mais peut-être &n(keit-^il em&îdérer Ifis diffièreBces eosMoe répofftdflni à des iétriJdttti4Misd6 trayaii pers<»nei inégalooent Jovroî jEttÂTMit les medes de eakure.

Ub point, au ecintraire, d'une ioipertaiMe eitFêiiie, «'est de ittesiirer lesefEsts de k difiEévenee <!■ pni das deBréeSv. Nousi %Kea& à coittpaFeir des qiseÉîÉés de diût 9u^ réftlifiée& em Angleterre ^ e» France et Belgique,, et il est iod^pensaUe de les raneaer i Irar» éléments. Or. veibi les mofennea des esvors dm ïàé dABScesdlte» pey&d^piiifl dix mm zEa B^i^e, les moyennes donnent un peu moins de 1 7 fr. Thectolîltfe; dans le Bevd de 1» Franfee, f 9 fr. , et en Angleterre, eiïTiren 25 fr. flj. H est à remarquer toute-

tD C«ffcàSaflcbriIu4{»1«4piairf«r« ottaSfr. VhMMtÊH^ffk'm éPOÈÊ», tUF^TTiii* Vw» ^^ww tiTft iwTMihtofi itf TmiS fHMi nHrantai4ÉM0éLifeSIIL

fois que la même disproportion de yaleur vénale n'existe pas pour une partie très-importante de la production anglaise, pour les fourrages; aussi, en prenant des quantités de blé pour expression de la valeur des fermages, oonvient-il de réduire un peu le prix anglais » afin d avoir un terme de comparaison qui comprenne l'ensemble des denrées dont la vente sert, dans ce pays, à acquitter les loyers. C'est à 22 tr. seulement que nous supputerons le prix du blé y et nous admettrons ainsi d'un côté 18 fr., et de l'autre 22 fr.

D'après ces rectifications , la grande culture la plus avancée laisserait , en moyenne, par hectare, un produit net appréciable équivalant à 419 litres de blé; la moyenne, également la plus avancée, en laisserait un de 405, et la petite un de 489. Rapportées à un type commun en numéraire , à raison d'un prix de 20 fr. par hectolitre , ces quantités donneraient pour expression de la capacité productive des divers modes d'exploitation, 83 fr. 80 c, 81 fr. et 97 fr, 80 c. (i).

De tels chiffres, eu égard à ce qu'ils opt d'incom-

(l)Dans l'état présent des choses, ces chiffres nous paraissent être le résumé le plus ûdèle, Feipression la plus exacte qu'il soit possible d'en donner. Nous avons élagué, pour les fermes, toutes les données exceptionnelles, tous ces prix extraordinaires de loyers dus, dans les contrées dont nous examinons les cultures, à des circonstances particulières de situation ou de terrain. Ainsi, nous n'y avons pas plus fait entrer les loyers énormes de quelques fermes des vallées anglaises que ceux également énormes des pAtures du pays de Bray ou de la vaUée d*Àuge en France.

plet, et aux difficultés qui empêchent de préciser suffisamment les données sur lesquelles ils reposent, ne Suffiraient pas pour autoriser è déclarer qu'il est des formes de travail auxquelles appartient une supériorité décidée et constante. Si la petite culture est celle qui semble l'emporter, il se pourrait qu'elle dût cet avantage h des circonsiances passagères ou accidentelles^ et nous hésiterions beaucoup è admettre qu'elle parvient h tirer, en général, du sol, un peu plus de richesse que les autres , si d'autres faits ne joignaient leur témoignage à celui qui ressort de nos évaluations.

Dans toutes les contrées où l'art agricole a réalisé des améliorations nombreuses , la petite culture est celle qui maintenant afierme au plus haut prix. En Angleterre même, hors des districts dont la nature de leurs terres a fait le principal siège de l'industrie herbagère, les moyennes et les petites fermes ne subsistent que parce qu'elles fournissent des rentes tout aussi élevées que les grandes. En Ecosse, dans le comté d'Edimbourg, c'est la petite culture qui l'emporte à cet égard (1 ) ; et dans le pays de Galles , comme dans la malheureuse Irlande , les parcelles dont jouissent les paysans ne leur sont cédées qu'à un taux supérieur à celui des loyers de l'Angleterre.

En Belgique, où les deux systèmes sont en contact,

(1) Général report of the agricultures state and politicàî cireumstances •f Scottond, bj tir Johù éclair. Vol. I» p. 198.

— il» —

c'est la pdtiie oukane qui, piKmrt «eà le sol se prête à son genro de produetioii , mim Men qci'à cettsi et la ^aode , «en douche les plus hmits fermages, et s'en empai^e*

Eii Fraaoe^ il eft est de mênie ; et dans une foule de défAFtoments sabsîstent des diflfére&ees fïotables daàtë les oStes des peUte et des grands fermier».

Assurément, de tous les départements de la France, odui du JNord est le plus Itabîlement <^ltÎTê. Bien que la moyeiiiie et la pelî(e eaUare y dominent, Ions les systèmes d'exploi4atioa y <ent place; €t it est des arrondissements oii des cantons presque tout entiers soat «couverts de grandes fermes. Eh bien , sur tous les points, les petits cultiyatears aflferment à pins havt prix que les autres , et de là des locations en détail dont i'iKS»ge se r^nd de plus en pins \i).

(1) Voir Agriculture française , par MM. les iaspecleurs 4e T'Afiiottlture, département du Nord ; état de la propriété et baux. L'auteur n'est pKftkftn ni A« la petite culture ni des locations en détail, qu'il suppose devodr épuiser râvesir. Hais les fuis qu'l cite nenitreiit à ^pael peint la petite culture, en payant plus cher l'usage du sol, acquiert de âaveur et succède aux plus grandes cultures à mesure que les baux existants arûwai à leur terme. Au «urplm, nous confessons ne pas bien saisir le a^s de cette eif ressien, <^iser l'awoir, em^eyôe par fécrivaiii cHié dans cette note. Veut-il dire que la petite culture appauvrit prqgressivoment le sol en lui demandant plus qu'elle ne lui restitue par les engrais qaTefle liii àmme f Dans ce cas, Twenir ne tarderait pas à devenir le pré» sent; trois ou quatre aînées jmffîraieBt pour cèb. }Êam wa ibA Résultat ne s'est offert nulle part, et nous tenons pour impossible que des cultivateurs ifoi ae ipa|«iit de j^iis ImhIs frtwii^yw ifM Itt «Htiies ifM parce qu'ils obtiennent davan^ge de la terfe» ne iaeri «tt» <q«i «ea ^

— ttl —

Die qpi^cpie habileté ipàB lufieat prenne les ^randk fermière de (l'Angleterre^ l-état «ilfa vereeu ferrilorial dtt:p&f s c(mGrmeipleimeiiient iesasDohiBionfifou^rBikefi par ies*d]il&es «miqiieik nous «eiames arrivés. Il ?est éjHtmij, «en effet , .qne la part des ^fpapriéttiiies n y est pas «luaii forte <|oe 6eoQl)leraîent Je fpernaettpe Tabottdance «dos capitaiiK et la den^iiédes populattotta.

C'est ii 20 sdaeUings par Bcoe, ic'efit-'à^ipe à umûis de 62 £r. par hectare, qvte mmite la oftoyenfBe des 1er» mages; <er, preoaei ém Belgique ou en Frasioe les* proTineeB eu la populatio^n s*iélève, oemme aa Ân^e* terre, à quatre-vingt-treize habitants par kilonaètre oarré, «mis y trouvères des prix de loonûon qui, éraloés^eiLqiiafQlitéS'de dôupées,, ^eig^oeot witdéf^asseDt ce dbaffre.

Bft^i plus : ooDsparez la partie de rAngletonre où,, gràoe À la honlé et â rélendue des pkurages, les teives rappmrteid le plus, la pégioia eu >Dord qm oeeapy<6ûd les ûomrtés d' York, de Durhadii^ de Comberkiidyde.LiiicokiydeNorlfaiumb^laBd etde Lai^easliie» avec la région également la plus florissante de la Firaûce» oette partie du iior-d qui trieaierme^ «nére la IpoBtfère ée la Belgique, la mer, IXïise ^ k S^ne,

BCMt iraBSt le niieiiK 'hifëf (niâfté* H5*fl len étiitt niflii, teor indnsirie ne fO soifCienaraH patron ms. Dès faHKeonâeffniiée, elfe Tendrait nroiiu 'que fat prenrière, et les Téoohes fraieiit «^appanwtmfflt fnrosretrilferaeiit. Ûr, mras ne t^onraissfms ^pas é'eiemilkiB ae pays (C^ tel ^t pa ^re le toqtb dos choses.

les départements du Pas-de-Calais, de la Somme» de l'Oise, de la Seine-Inférieure, presque tout celui du Mord, une partie de ceux de TÀisne et de l'Eure, ainsi que quelques cantons de Seine-et-Oise , c'est dans la région française que vous trouverez le produit net le plus élevé (1). Et la différence deviendrait bien plus saillante encore, si nous faisions entrer la Belgique dans la comparaison, et mettions ainsi en parallèle avec la plus riche portion du sol britannique une section territoriale dont la grandeur serait de près de moitié de la superficie totale de l'Angleterre.

Or, il n'en devrait pas être ainsi : une cause trèspuissante agit sans cesse en Angleterre pour y élever les fermages au delà du taux qu'à degré pareil d'habileté rurale ils peuvent atteindre sur le continent : c'est la supériorité de valeur vénale des produits. Cette cause opère de deux manières également décisives. D'abord, ainsi que Tont fait voir les faits réalisés en Angleterre avant et depuis 1814, la rente

(1) On peut hardiment éyaluer à 75 fr. au moins par hectare la moyenne actuelle des fermages pour toute cette partie de la France, ce qui, en comptant le blé à raison de 18 fr. l'hectolitre, suppose qu'il en revient au propriétaire 415 litres par hectare. Or, en portant à 90 fr. par hectare, et c'est faire la part très-large, la moyenne des rentes dans le nord de l'Angleterre, et en supposant, afin de compenser la moindre différence des prix des fourrages, la valeur du blé en Angleterre à 22 fr. seulement, nous n'aurions pour portion affectée aux fermages que 409 litres.

des terres croit toujours dans une proportion un peu plus forte que le prix même des denrées. La raison, ainsi que déjà nous l'avons dit , en est que les fermiers , quand ils vendent cher, réalisant, à l'aide d'une moindre portion de la récolte, les profits dont ils ont besoin , sont contraints par la concurrence à grossir la part des propriétaires. D'un autre côté, et ce point est fort important, c'est la valeur vénale des produits qui décide de la plupart des dépenses destinées à faciliter et à amender le travail. Telle amélioration dont les frais ne seraient pas couverts par le surcroît des quantités obtenues, tant que les prix sont faibles, devient lucrative et s'effectue quand les prix s'élèvent, et de là vient qu'avec leur hausse se multiplient les frais destinés à ajouter à la capacité productive du sol. Cest la cherté des grains qui en Angleterre amenait, pendant la guerre continentale, tant do demandes de billsde clôture; c'est la supériorité actuelle des cours qui continue à assurer aux terres des avances qu'elles ne reçoivent pas ailleurs, et qui, dues en grande partie aux propriétaires, rendent des intérêts dont le montant se retrouve dans le chiffre des fermages. Mais le système d'exploitation du pays à des avantages considérables joint des inconvénients non moins réels. S'il convient à merveille à la production des céréales, à l'élève et à l'entretien du bétail, et surtout des moutons; en revanche il ne se prête bien ni aux soins réclamés par les plantes

auiquelles il &ut beaucoup de fiiçons et de maia* d œuvre, ni auxdétaikmiDutieux du faire-valoir ( I ) , et laisse ainsi sans les utiliser des éléments de revenu d'une véritable importance. C'est là son côté bible, c'est là ce qui» malgré Tassistance des nombreux capitaux successivement incorporés au sol, Tempéche de donner tout ce qu'obtiennent d'autres ^tèmes sur des points oà les circonstances locales sont loin de stimuler et de rémunérer aussi amplement les efforts de Tartet les sacrifices propres à multiplier les récoltes.

Les faits que nous signalons méritent d'autant plus d'attention que beaucoup d'agronomes, faute de discerner tout ce que l'agriculture anglaise doit uniquement à l'élévation du prix des denrées qu'elle

(1) L'Angleterre n'a pt§ la centième partie de son lol cultivable conflicrée aux cultures difficiles et laborieuses. C'est l'Irlande et l'Ecosse qui loi fournissent ses lins, ses chanvres et ses plantes tinctoriales et légumi- «emes, ainsi que les produits de basse-cour, qu'elle tire aussi des parties les plus rapprochées du continent européen. En France et en Belgique, les cultures délicates tiennent d'autant plus de place, que les départements font plus peuplés et plus florissants. Elles occupent 13 centièmes du terrifoire dans la région du nord de la France, que nous avons citée, et 17 centièmes dans le seul département du Nord. Quant aux produits d'étable et de basse- cour, dont ne peuvent s'occuper les grands fermiers de l'AngieCerre, ils figurent pour une portion considérable dans le produit des petites fermes. Dans le département du Nord, une ferme de 20 hectares recueille en veauxi laitage, œvSs et volailles, parfois pour uu millier de francs dans l'année ; et, les frais défalqués, c'est l'équivalent d'une addition au produit net de Itf à 20 tt, par hectare. On peut consulter à ce fiijei le Mémoire de M. Gordier «ur ragrleiiliture de la Flandre française.

recHeille, ont «ttribué à ises fomies une énergie toate particulière, et les ont recommaiidées comio^ les seules (![Bi pussent imprimer à la richesse terrilotîale un déreloppemeol Tapiile et continu. A leurs yeux, toute indu^rie qui en «i revéto d'autres ne saunut remplir pieinemenl; 9on bot, et la petite culture, qm en a de tout opposées, a été par eela même Tobjet d'attaques î»ce»santt^. On lui «neproehé de manquer deoapîtaui[, d'<^>uiser l'avenir, de ne poufoir nourrir le nombre d'animaux néoessaîre pour réparer les pertes de fécondité qu'elle impose au sol, et de li des inquiétudes toutes les fois qu'elle a multipNé ses conquêftes et élargi son domaine. Assurément, un régime rural ^ui laisse au moins airtant de produit net que les autres répond, par cela même, bien suffisamment aux accusations dont il est l'objet; mais telle esl, chez des hommes éclairés d'ailleurs, la force des préventions à cet égard, qu'il ne sera pas sans intérêt de montrer combien les faits soigfieusement consultés les démentent.

A cet effet, nous nous arrêterons au reproche qui, k coup sûr, serait le plus grave s'il était fondé, À celui de ne pouvoir alimenter en assez grand nombre les animaux dont la présence sur les exploitations est îndis^nsable à la production des engrais sans lesquels la terre, de plusen plus épuisée, (inirait par ne céder que des récoltes trop appauvries pour rémunérer les efforts de l'honnsie. Cest le reproche capital, celui

qui est le plus fréquemment articulé et qui jusqu'ici a obtenu la plus constante croyance.

Voyons donc ce qu il a de vrai ou d'erroné.

Sans nul doute, c'est T Angleterre qui, à superficie égale, nourrit le plus d'animaux; laHoUande.et quelques parties de la Lombardie pourraient seules lui disputer cet avantage; mais est-ce là un résultat des formes de l'exploitation, et des circonstances de climat et de situation locale ne concourent-elles pas à le produire? C'est, à notre avis, ce qui ne saurait être contesté.

En effet, quoi qu'on en ait dit, partout où la grande et la petite culture se rencontrent sur les mêmes points , c'est celle-ci qui , bien qu'elle ne puisse entretenir autant de moutons, possède, tout compensé, le plus grand nombre d'animaux producteurs d'engrais. Voici, par exemple, ce qui ressort des informations fournies par la Belgique.

Les deux provinces où règne la plus petite culture sont celles d'Anvers et la Flandre orientale, et elles possèdent en moyenne, par 100 hectares de terres cultivées, 74 bêtes bovines et 14 moutons. Les deux provinces où se trouvent les grandes fermes sont celles de Namur et du Hainaut, et elles n'ont en moyenne, pour 1 00 hectares de terres cultivées, que 30 bêtes bovines et 45 moutons. Or, en comptant, suivant l'usage, 1 moutons comme l'équivalent d'une tête de gros bétail, nous rencontrons, d'un côté, 76

animaux servant k maintenir la fécondité du sol ; de Tautre, moins de 35 (1 ), différence & coup sur énorme. II est à remarquer, au surplus, que le nombre des animaux n'est pas dans la partie de la Belgique dont le sol est divisé en très-peti les fermes beaucoup moindre qu'en Angleterre. En l'évaluant dans cette dernière contrée à raison seulement du territoire en culture, il y existe, par centaine d'hectares, 65 bétes & cornes et près de 260 moutons, c'est-à-dire l'équivalent de 91 des premiers, ou seulement 1 5 de plus que dans l'autre. Et encore est-il juste d'observer qu'en Belgique presque rien n'est perdu des engrais donnés par des animaux nourris k peu près toute Tannée à l'étable, tandis qu'en Angleterre la pâture en plein air affaiblit considérablement les quantités qu'il devient possible de mettre entièrement k profit.

Dans le département du Nord aussi, ce sont les arrondissements dont les fermes ont la moindre contenance qui entretiennent le plus d'animaux. Tandis que les arrondissements de Lille et de Hazebrouck, outre un plus grand nombre de chevaux, nourrissent, l'un, l'équivalent de 52 têtes de gros bétail; l'autre.

(1) D'après les documents statistiques publiés par le ministre de Tintérieur» troisième publication officielle. Il faut dans ces sortes d'évaluations s'en tenir à mesurer les quantités de bétail par les surfaces cultivées, puisque ce sont celles-là seules dont les animaux entretiennent la fertmté.

l'équivalent de 46 ; les arrtmdisfiefDente où les esploitatioiis soaX les plus grandes» eeui de Dunkerque et d'Avesnes ne conûennent , le premier,, que Téqui* Talent de 44 bétes. bovines , Tautre, que celui de 40 (1).

Pareilles recherches étendues sur d antres points de la France offriraient des résultats analogues. S'il est vrai que dans la banlieue des villes, la petite culture s abstienne de ^der des animaux» au produit desquels elle supplée facilement par des achats d'engrais» il ne se peut que la genre de travail qui exige le plus de la terre iie soit pas celui qui en entretienne le plus activement la fertilité. Assurément, il n'est pas donné aux petites fermes de posséder de nomfaceux troupeaux de aM>utons, etc'est un inconvénient; mais, en revanche, elles nourrissent plus de bétes bovines que les grandes. C'est là une nécessité à la* quelle elles ne sauraient se soustraire dans aucun des pays oik les besoins de la consommation les ont appelées à fleurir; elles périraient si elles ne réussis* saieut pas à y satisfaire.

Voici, au surplus, sur ce point, des détails doat Tesactitude nous parait pleinement attestée par 1'^cellence du travail où nous les avons puisés. Ces détails, contenus dans k statistique de la commune de Yeiisat (Puy-derDème), publiée réeemment par M. le

{l)û'a|^la iMliiliqpwécLk FniNSv pnUiée |Mt te mîMitKdii « merce, Agriculture, t. I.

docteur Jusseraud, maire de la commone, sont d'au« tant plus précieux, qu'ils mettent dans tout leur jour la nature des changements que le déTeloppement de la petite culture a, dans le pays dont il s'agit, apportés au nombre et à l'espèce des animanx dont le produit en engrais soutient et accroilt la fertilité des terres^

Dans la commune de Vensat, qui comprend 1 ,642 hectares divisés en 4,600 parcelles appartenant à 591 propriétaires, le territoire exploité se compose de 4 ^466 hectares. Or, en 1 790, 1 7 fermes en oecu-* paient les deux tiers, et 20 antres tout le reste. De^ puis lors, les cultures se sont morcelées, et mainte* nant leur petitesse est extrême. Quelle a été Finfluence du changement sur la quantité desanimauil Une augmentation considérable. En 1790, la com^ mune ne possédait qu'environ 300 bétes à cornea, él de 1,800 à 2,000 bêtes à laine; aujourd'hui, elk compte 676 des premières, et 533 seulement dea Mcondes. Ainsi, pour remplacer 1,300 moutons, elle a acquis 376 bœufs et vaches, et, tout compensé, k somme des engrais s'est acci ne dans la proportion de 490 à 729, ou de plos de 48 p. 0/0. Et encore est-il k remarquer que, plus forts et mieui nourris k pré-* sent, les animaux contribuent bien davantage h entretenir la fertilité des terres.

Voilà ce que les faits nous apprennent sur ce poîfil? il n'est donc pas vrai que la petite culture ne netti^ risse pas autant d'animaux que les autres; loin delk^

à conditions locales pareilles, c'est elle qui en possède le plus, et il ne devait pas être difficile de le présumer ; car, du moment où c'est elle qui demande le plus aux terres, il faut bien qu'elle leur donne des soins d'autant plus réparateurs qu'elle en exige davantage. Que Ton prenne un à un les autres reproches ; qu'on les examine h la clarté de bits bien appréciés, on s'apercevra bientôt qu'ils ne sauraient être mieux fondés, et qu'ils n'ont été formulés que parce qu'on a comparé l'état des cultures dans des contrées où les causes de la prospérité agricole n'agissaient pas avec la même énergie.

Ce n'est pas cependant que nous tenions la petite culture pour exempte de tout inconvénient. Comme tous les autres modes d'organisation rurale, elle a les siens, au contraire; mais, en pareille matière, pas d'autre règle que les résultats définitifs, et il suffit qu'une forme de travail ne donne pas moins de produit net que les autres, pour qu'on doive admettre qu'elle ne leur cède en rien, et qu'à titre de compensation des défauts qu'on lui reconnaît, elle possède des avantages qui lui sont propres. Bien des causes diverses concourent à déterminer les systèmes de production industrielle. L'état des arts, de la richesse et des consommations a sa part d'influence, et à chaque époque sociale s'opèrent des transformations commandées par. les changements survenus dans les goûts, les besoins, les demandes des populations. Dans

— IM

Tordre agricole^ ces transformations ont été fréquentes; et ce qui les a déterminées, c'est Taugmentation que leur accomplissement amenait dans le taux des fermages. Là étaient le signe de leur utilité, le gage de leur opportunité, le principe et la cause de leur réalisation. Il n'en sera pas différemment à Tavenir ; et jamais, dans Tintérét de tous, comme dans leur intérêt propre, les propriétaires n'auront rien de mieux à faire que de laisser leurs terres passer aux mains d'hommes qui ne leur en offrent le plus haut prix de location que parce que leur mode de culture est devenu le plus apte à en tirer tout ce qui, dans la situation du moment, doit et peut en être obtenu.

Page 1