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DES TEMPÉRATURES BASSES DANS LES INTOXICATIONS

Les substances toxiques ou médicamenteuses sont étrangères à la constitution du sang et n’agissent, lorsque nous les introduisons dans un organisme sain ou malade, qu’en raison des changements qu’elles peuvent y produire ; en un mot, leur effet est de déterminer chez l’être vivant une perturbation utile ou nuisible de la nutrition. Mais quelle variété dans leur action ! Les unes semblent modifier directement la constitution et les propriétés chimiques du sang ; les autres atteignent surtout le système nerveux ; celles-ci s’adressent à l’appareil cardio-vasculaire, celles-là à l’appareil musculaire ; toutes cependant, dès qu’elles sont actives, troublent en quelque point les échanges nutritifs, et par conséquent sont susceptibles d’agir (quand elles ont été introduites dans l’économie en proportions suffisantes) sur la calorification elle-même.

Or certains médicaments, ou certains poisons, semblent donner aux phénomènes nutritifs une activité plus grande : ils augmentent les combustions et, par suite, la chaleur du corps. Us ne sont pas nombreux, et parmi ceux que nous pourrions citer, plus d’un n’a pas une action nettement définie.

Au contraire, ceux qui ont le pouvoir d’abaisser la température, soit en diminuant la production, soit en aug-

mentant les pertes du calorique, sont en nombre assez considérable. Nous ne ferons que les passer rapidement en revue. Le refroidissement qu’ils causent n’est cependant pas un fait sans importance ; en effet, M. Brown Séquard a pu dire : « L’abaissement de température peut être la cause qui entraîne la mort dans certains empoisonnements.... C’est ainsi qu’agissent l’opium, l’acide cyanhydrique, la jusquiame, la digitale, la belladone, le tabac, l’euphorbe, le camphre, l’alcool, les acides acétique, oxalique, sulfurique, azotique, chlorhydrique très dilués.» Par une série d’expériences, cet auteur a fait voir qu’une dose suffisante pour tuer un animal, lorsqu’on laisse sa température s’abaisser, ne peut plus produire cet effet, lorsqu’on s’oppose à la déperdition du calorique.

Il est assez difficile d’établir pour les médicaments ou les poisons susceptibles de produire une dépression de la température, une classification naturelle ; car ceux dont l’action thérapeutique semble le plus opposée se rapprochent souvent par leur effet sur la calorification. Demarquay disait à la fin de sa thèse : « Ces résultats sont curieux en ce sens que des substances rangées par les toxicologistes et les thérapeutes, dans des classes tout opposées, donnent au point de vue de la température des résultats semblables. » On a tenté d’établir une séparation entre les poisons métalliques et les poisons végétaux (Falck) ; ceux-ci élèveraient la température tandis que les premiers l’abaisseraient toujours. Mais il suffit de citer l’action de la digitale, de la quinine ou de l’alcool pour faire tomber cette assertion. Nous ne citerons que les substances dont l’effet sur la température présente un

certain intérêt ; il est donc juste de commencer par celles que l’on a employées pour combattre la fièvre.

Quinine. — La quinine doit, sans contredit, être placée an premier rang, parmi les antipyrétiques, car son action contre les accès fébriles de l’impaludisme est de toute évidence. Cependant son influence sur la température animale a été diversement interprétée. Toutes les expériences sont loin d’être concluantes.

On ne croit plus, avec Demarquay, Duméril et Leconte que le sulfate de quinine soit un bypersthénisant ; mais il arrive parfois qu’aucune dépression thermique ne se produise chez des individus sains, après l’ingestion de 2 grammes de ce sel (Wachsmuth, Liebermeister) ; seulement les élévations de température qui surviennent facilement dans l’état physiologique à la suite de diverses excitations, tendent à disparaître (Kirner-Jürgensen).

La chaleur centrale diminue pourtant dans un certain nombre de cas après l’ingestion du médicament, même chez les sujets en parfaite santé. Favier et Colin (1872), expérimentant sur eux-mêmes, ont toujours noté un abaissement de température.

Lewisky produisait facilement une dépression thermique sur un lapin, en lui injectant dans les veines des doses massives de sulfate de quinine ; l’effet était plus prompt quand il sectionnait préalablement la moelle épinière ; mais il est difficile de comparer ces expériences aux résultats que donne l’observation clinique.

Si l’effet de la quinine n’est pas très énergique sur les individus bien portants, il n’en esl pas de même chez les

fébricitants. Tous les auteurs sont à peu près d’accorcl sur ce point (Wachsmuth , Liebermeister , Lorain, etc.,). Glaser aurait vu la température tomber de 40° à 35° sous l’influence d’un gramme de chlorhydrate de quinine, dans' le cours d’un typhus. Ce n’est pas ainsi que les choses se passent d’habitude quand on administre les sels quiniques.

La dépression ne va pas au-delà de quelques dixièmes de degré ou d’un degré (Lorain, Liebermeister) .

Dans la fièvre intermittente, l’action de la quinine est véritablement merveilleuse. « Mais qu’on ne s’y trompe pas, dit Lorain, il n’est pas question d’un abaissement de température de quelques dixièmes de degré ou même de quelques degrés, c’est la maladie elle-même qui est supprimée, ou dont toutes les manifestations disparaissent. » C’est surtout dans la nuit que le médicament agit sur la chaleur du corps. La quinine, on le voit, n’est pas une substance capable de produire des dépressions thermiques profondes,, même quand elle est donnée à doses assez élevées. Elle a plutôt sur la température et la circulation une action modératrice. Pour quelques auteurs, elle agirait directement sur la fibre cardiaque, et ils basent leur opinion sur ce fait, que le cœur d’un animal empoisonné parla quinine s’arrête en diastole, et ne peut plus se contracter sous l’influence d’un courant énergique, tandis que les muscles se contractent encore. Pour d’autres, la quinine porterait son action sur le système nerveux et le système musculaire, et n’atteindrait le cœur qu’indirectement ; il est certain qu’elle diminue l’excitabilité réflexe de la moelle.

Digitale. La digitale exerce surtout son action sur

l’appareil circulatoire; à close élevée, elle est le type des poisons du cœur; à close modérée, elle en est le médicament. En effet, quand on l’administre clans un but utile elle augmente la tension artérielle et ralentit le pouls. C’est peut-être à ce ralentissement cle la circulation, ou tout au moins à la modification qu’elle imprime au cours du sang, que la digitale doit son action sur les phénomènes cle la nutrition, car elle diminue la production cle l’urée et abaisse la température. C’est du moins ce qui résulte des expériences cle Mégevand, cle Chauveau et Marey, cle Cl. Bernard, cle Legroux, de Constantin Paul, etc. Lorain s’est constamment servi cle la digitale pour combattre les températures élevées , à l’exemple cle Liebermeister et cle Hirtz, et il dit avoir eu souvent à se louer cle son emploi .

Hirtz avait peut-être exagéré l’action cle la digitale sur la fièvre. « Dans la fièvre, dit-il, la digitale ralentit toujours le pouls et déprime la chaleur, et cet effet est beaucoup plus prononcé que hors l’état fébrile. Même lorsque la fièvre est accompagnée d’une inflammation locale, la digitale produit néanmoins la défervescence, et la maladie locale cesse cle progresser. Dans les pyrexies primitives, à évolution régulière, la digitale employée pendant la première période, peut arrêter définitivement la fièvre : mais plus souvent celle-ci reprend son cours avec moins d’intensité. »

D’après Wunclerlich, la température est influencée avant le pouls; elle baisse dès le deuxième jour de l’emploi cle la digitale, lentement cl’aborcl, puis assez vite. En une soirée, le thermomètre peut descendre d’un degré. D’après Traubcy cette action hyposthénisante se manifeste

de La 36e à la 60° heure Mégevand a constaté sur luimême que la digitale déprime la température des individus sains aussi bien que celle des fébricitants. Après qu'il eût pris pendant trois jours seulement 1[4 de milligr. de digitaline de Nativelle, la proportion durée excrétée avait diminué, et le thermomètre était descendu de 37°, 2 à 36°, 6 puis à 36° et 35°, 8.

Les individus empoisonnés par la digitale ont les extrémités froides, et la température centrale elle-même est abaissée.

Il semble donc bien prouvé que la digitale peut déprimer la température aussi bien chez les individus sains que chez les fébricitants; mais quand on ne la donne pas à doses toxiques, cet effet n’est pas toujours très marqué, ni surtout très durable.

Vératrine et Veratrum viride. — A côté de la digitale on peut placer la vératrine et le veratrum viride qui ont souvent été employés comme antipyrétiques. A dose modérée, dit Gftibler, la vératrine entraîne rapidement la sédation de tout éréthisme fébrile préexistant. Si la dose est outrepassée, ou si le sujet présente une susceptibilité spéciale, le pouls devient petit, misérable, irrégulier, des vomissements * se produisent, la température s’abaisse considérablement et là mort survient. Dans les conditions ordinaires d’expérimentation, c’est sur le pouls bien plus que sur la température que la vératrine exerce son action déprimante. Ses effets sont beaucoup plus rapides que ceux de la digitale mais durent moins longtemps. Chez les individus sains, elle n’agit pas aussi énergiquement que chez les fébricitants. Stôhr a déterminé un abaissement

do 2° avec 2 grammes de résine de veratrum viride. Lorsque la température est très élevée, ce médicament peut non-seulement la faire baisser, mais provoquer un véritable collapsus algide.

Alcool. — On croit dans le vulgaire que l’alcool réchauffe. Cependant la tradition populaire nous a légué cet autre fait d’expérience, que les gens en état d’ivresse meurent refroidis (Lorain). Dès leurs premières expériences (Duméril et Demarquay) notèrent un abaissement de température chez les animaux auxquels ils faisaient avaler de l’eau-de-vie. La dépression thermique qui fut, dans un cas, de 9°, 6 variait avec la dose ingérée, et avec le degré d’ivresse que l’on produisait. Ces expériences ont été reproduites bien souvent. Sydney Ringer et Richards constatèrent une diminution de la chaleur du corps chez des individus qu’ils enivrèrent avec de l’eau-de-vie; cependant, chez un alcoolique il n’y eut pas d’effet produit.

E. Smith, Maurice Perrin, Marvaud, Magnan, Béhier, Wunderlich, etc., soutiennent aussi que l’alcool déprime la température. S’il en est ainsi, dit Magnan, c’est parce que l’alcool n’est pas transformé dans l’économie. Godfrin vit sa température baisser de 1°, une heure après qu’il eut pris 150 gr. d’eau-de-vie. Du reste les observations cliniques faites sur les individus ivres ne sont pas rares.

Un jeune homme de 20 ans qui était tombé dans un coma profond après avoir bu un litre d’eau-de-vie, avait .‘35° dans le rectum quand on l’amena dans le service de M. le professeur Bouchard. La face était cyanosée, les pupilles étroites, et la respiration stertoreuse ; le pouls battait 90. Sous l’influence d’un traitement énergique il

sortit peu à peu de cet état de collapsus, mais il eut une pneumonie double des plus graves, compliquée de lésions de décubitus.

Dans les faits qu’ont rapportés Magnan et Reincke, des abaissements considérables de la température furent observés, mais ils eurent pour cause bien plus l’action du froid extérieur que l’influence de l’alcool.

Cependant quelques auteurs, Donders, Kremiansky, et plus récemment Parkes, soutinrent que l’alcool au lieu d’abaisser la température est capable de l’élever.

Cuny Bouvier essaya de résoudre la question, et arriva aux conclusions suivantes : 1° De petites doses d’alcool abaissent toujours la température du corps, tandis que la fréquence du pouls est accrue. Cette action est peu durable. 2° De grandes doses abaissent la chaleur du corps plus fortement, le pouls gagne en plénitude et en fréquence. 3° L’alcool peut diminuer les hautes températures de la fièvre, à la condition qu’on le donne avec suite et à doses suffisantes. Pour lui, l’alcool entraverait les oxydations, dans les vaisseaux et les tissus.

C’est à ce titre que l’alcool a pu être considéré comme un médicament d’épargne. Chez des enfants qui succombaient en état d’ivresse on a noté des températures de 34° (Paluel de Marmon). M. Bochefontaine a bien voulu faire, au laboratoire de l’IIôtel-Dieu, plusieurs expériences sur des chiens auxquels il injectait dans l’estomac des doses variables d’alcool :

1° — 10 gr. d’alcool n’abaissèrent la température d’un chien de 15 kil. que de 0°,7.

2° — 5 gr. causèrent une dépression de 2°, 1 sur un chien de 1 kil. 610.

3Ü — 3 gr. ne produisirent qu’un abaissement de 0°,1 surun chien de3kil. 750; une nouvelle injection de 7 gr. laite trois heures et demie après, fit descendre le thermomètre de 0°,3; une troisième dose de 10 gr. l’abaissa de 0°, 6.

4° — 150 gr. d’alcool injectése n trois fois, à trois heures d’intervalle à un chien de 1 3 kil . , diminuèrent sa chaleur centrale de 3°, 4.

Dans ces expériences, il a fallu introduire dans l’économie une proportion considérable d’alcool, vu le poids des animaux, pour amener une dépression thermique; il a fallu produire un empoisonnement. Nous serions donc bien tenté de conclure avec Obernier, avec Parkes et Wollowicz, et avec Lorain que la température ne change pas, ou même s’élève légèrement quand un homme sain prend de l’alcool à dose non toxique. D’ailleurs, M. le professeur Peter, dans le premier volume de sa clinique, a fait de toutes les expériences et de toutes les théories sur la dépression thermique par l’alcool, la critique la plus judicieuse ; nous ne pouvons que nous associer aux idées qu’il a si bien exprimées.

Quand l’alcool est ingéré à dose toxique, il ralentit les oxydations ; en effet, la production de l’acide carbonique et de l’urée diminue, mais comment produit-il cet effet ? Est-ce en agissant sur les globules rouges (Sulzinski, Magnan) ? Est-ce en augmentant l’afflux du sang aux extrémités et par suite la perte de calorique (E. Smith) ? En vérité, il nous est difficile de choisir entre ces hypothèses.

Antimoniaux. — Ces médicaments sur lesquels les an-

ciens ont tant écrit semblent avoir lorsqu’ils sont donnés à doses fractionnées, une influence assez marquée sur le pouls et la température. Leur action contr o-s timulante est assez comparable à celle de la digitale. Demarquay et Duméril, Pécliolier, etc., virent la température baisser chez les animaux auxquels ils faisaient prendre du tartre stibié. Chez l’homme malade, surtout dans le cas de pneumonie, cette action thermo-dépressive parut encore plus forte. Orfila vit tomber le thermomètre de 41° à 36° chez un sujet auquel il avait donné 0 gr. 50 d’émétique. Dans les cas d’empoisonnement, l’abaissement de la température est tel que les sujets semblent glacés, la circulation est ralentie, les muqueuses sont cyanosées, la face est grippée, une diarrhée profuse épuise les malades, ils ont l’aspect des cholériques ( choléra stibié).

Les antimoniaux peuvent donc produire une perturbation considérable de la nutrition. Mais comment agissentils ? Sans doute sur les systèmes musculaire et nerveux, car ils ralentissent les battements du coeur et la respiration. Dans ces conditions même on peut sectionner les pneumogastriques sans accélérer les contractions cardiaques. Mais ce n’est qu’à doses élevées, que ces médicaments exercent une action bien nette, et dans ces cas, il se produit souvent des accidents qui rendent leur effet difficile à interpréter.

L ’lpécacuanha a une action analogue à celle de l’émétique. Il ralentit la respiration et les battements du cœur et abaisse la température. Pécliolier a fait voir qu’une dose de 2 à 4 gr.de poudre d’ipécacuanha administrée à des lapins diminuait considérablement le nombre des respirations et des pulsations cardiaques, et faisait baisser la tem-

pérature de plusieurs degrés. Les résultats produits par cette substance semblent moins nets que ceux que l’on obtient avec l’émétique.

Arsenic. — Ce poison violent, lorsqu’il est donné à doses trop faibles pour déterminer la mort modifie la nutrition, ralentit les combustions intimes et abaisse la température. Dans les expériences de Duméril et Demarquay, nous voyons l’arsenic produire une dépression thermique de 2°, Nothnagel obtint des résultats analogues. Sklarek vit le thermomètre baisser, chez un chat, de 2°, 4, après l’injection hypodermique d’une dose d’arsénite de potasse suffisante pour causer la mort. Schmidt et Brettschneider ont vu, sous l’influence des arsenicaux, l’urée et l’acide carbonique baisser de 20 à 40 pour 100. Lolliot rapporte dans sa thèse des expériences faites sur lui-même et dans lesquelles il a obtenu le même résultat. Le thermomètre baissa progressivement de 4° à 5° sur des chiens et des lapins auxquels il avait fait prendre de l’acide arsénieux à doses suffisantes pour déterminer la mort. Dans les empoisonnements par l’arsenic, il se produit une réfrigération extrême, une diarrhée abondante, et un collapsus algide qui rappelle le choléra. C’est peut-être en raison de cette propriété thermo-dépressive que l’on a songé à employer l’arsenic dans la fièvre intermittente. Il n’est pas certain qu’il agisse dans ces cas en diminuant la chaleur centrale, mais il n’en a pas moins une action remarquable, quoique inférieure à celle de la quinine.

L’arsenic se retrouve dans le caillot et non dans le sérum du sang de l’animal empoisonné (Schmidt et Brettselmeider). Cette particularité semble prouver que lepoi-

son agit sur les globules du sang. Ceux-ci, en effet, se détruisent quand la dose du sel toxique ingéré a été considérable, l’hémoglobine se dissout et passe dans le plasma. Il semble donc que sous l’influence de l’arsenic, les globules sanguins consomment moins d’oxygène, et que le ralentissement de la nutrition et de la calorification dépendent de ce fait.

Mercure. — Le mercure et ses composés peuvent troubler la nutrition quand ils sont pris à doses élevées, et ils paraissent altérer directement les globules du sang; leur action se rapproche en cela de celle de l’arsenic. Mais plus encore que ce toxique, ils déterminent des hypercrinies capables de produire des perturbations nutritives. Demarquay, dans sa thèse, avait classé le sublimé parmi les substances qui abaissent la température. Dans une intéressante observation qui nous a été communiquée par M. Barthélemy, nous avons vu le thermomètre tomber graduellement jusqu’à 35u chez un malade qui avait avalé du sublimé, et qui en mourut.

D’après Wunderlich, dans le traitement de la fièvre typhoïde par le calomel, on obtiendrait rapidement un ralentissement du pouls et un abaissement de la température.

Phosphore . — Le mode d’action de ce poison n'est pas encore bien connu, Rabuteau le place à côté de l’arsenic, il ralentirait les combustions intimes en altérant les globules sanguins. Battman a signalé une dépression notable de la température dans un cas d’empoisonnement par le

phosphore. Duméril et Demarquay avaient vu le thermo- Hutinel. 13

mètre s’élever après l’ingestion de faibles quantités de poison, et s’abaisser après les fortes doses. Mais la marche de la température dans l’intoxication par le phosphore est variable, comme celle des accidents qui ne tardent pas à se produire. Elle s’élève ordinairement quand surviennent l’ictère et les hémorrhagies qui rappellent l’ictère grave.

Nous citerons maintenant quelques 'poisons métalliques qui semblent abaisser la température, mais dont l’action est beaucoup moins marquée que celle des précédents. Ce sont surtout des composés du cuivre, du plomb et du zinc.

On a cité un cas d’empoisonnement par la liqueur de Villate chez une jeune fille à qui on fit une injection de ce liquide pour une carie osseuse. La mort survint le soir même, après des hémorrhagies abondantes et une chute de la température à 34°. Ce fait n’est nullement probant.

Nous avons trouvé un cas d’intoxication par le plomb, avec convulsions épileptiformes, dans lequel la température s’était abaissée à 36°, 8. Dans un autre fait que nous a communiqué M. Debove, le thermomètre descendit à 36°, 7; mais, ces dépressions pouvaient ne pas être mises sur le compte du poison. Cependant, dans l’observation de M. Debove on n’avait jamais trouvé d’albumine dans l’urine.

Les sels de potasse ou de soude abaisseraient aussi la température, mais dans de bien faibles limites. Sève aurait cependant noté une diminution de la chaleur centrale et de l'urée, et un ralentissement du pouls.

Bromure de potassium. — Ce sel a une action certaine

sur les phénomènes cle la nutrition. « Apres l’ingestion de 2 à 4 grammes de bromure de potassium, dit Gubler, le pouls se ralentit. Ce symptôme est peu apparent chez les individus en état de santé ; il est au contraire manifeste chez les sujets qui présentaient précédemment une accélération morbide ; le fait est le même pour la température, qui s’abaisse d’autant plus que la fièvre l’avait élevée davantage. » Cette action du bromure sur le pouls et la température est admise par la plupart des physiologistes. Si on administre le sel à doses plus fortes, on peut voir le pouls tomber à 46 par minute et la température baisser de 1 ou 2 degrés. Krose (Archiv. fiir experim. path. undpharm., 1876) a essayé le médicament sur luimême et sur plusieurs de ses amis, et il est arrivé à des résultats semblables.

Pour expliquer ces effets, il a fallu recourir à la méthode expérimentale. Eulenburg et Guttmann, Laborde, Martin-D amourette et Pelvet, Rabuteau ont étudié la question et obtenu des résultats qui n’ont pas beaucoup varié, mais dont ils ont donné des interprétations différentes. En injectant dans les veines d’un chien, 2 grammes de bromure de potassium dissous dans 40 ou 50 grammes d’eau, on détermine une mort immédiate par arrêt du coeur ; mais les différents sels de potassium produisant un effet analogue, la mort est imputable à ce métal.

Le bromure de potassium diminue le pouvoir réflexe, puis atteint les nerfs moteurs et enfin les muscles (Pelvet et Martin-D amourette), on en a donc fait un médicament névro-musculaire. Eulenburg et Guttmann l’avaient regardé comme un poison du cœur. M. Vulpian (Société de biologie, 1869) observant un affaiblissement général et

une incontinence de l’urine et des matières fécales, chez des sujets auxquels il avait fait prendre de fortes doses de bromure, attribue ces effets à l’action spéciale exercée par ce médicament sur les centres nerveux et, en particulier, sur la moelle. Quoi qu’il en soit, c’est en modérant les combustions nutritives que ce sel paraît agir sur la calorification.

Ether. — [Pendant l’éthérisation, lorsque la période d’excitation a cessé et que la résolution se produit, le pouls se ralentit et la température s’abaisse.

Demarquay a fait les premières recherches sur cette action de l’éther. Dans une première expérience, le chien qui respirait les vapeurs d’éther présenta une élévation de température de 1 degré au bout de neuf minutes. Chez un second animal, la température n’avait pas varié au bout du même temps; mais deux heures après, l’expérience ayant été continuée, l’animal semblait mourant, et le thermomètre ne marquait plus que 36°, 5. On suspendit les inhalations, l’animalrevint àlui,etsa température remonta à 40°. Dans une troisième expérience, la dépression thermique fut de 1 degré au bout d’une heure. D’autres recherches, entreprises par Demarquay et Duméril, donnèrent des résultats analogues. Le thermomètre montait d’abord dans la période d’excitation, puis il baissait de 1°, 2°, 2°, 5 ou 2°, 6, suivant la durée de l’éthérisation. Il baissait plus encore chez les oiseaux que chez les chiens (3°, 8). Absorbé par la voie gastro-intestinale, l’éther produit des effets moins marqués; Duméril et Demarquay injectant cette substance dans le rectum, n’ont pu obtenir qu’une dépression thermique de 1°,4.

Lorsque F éthérisation est poussée jusqu’à l’anesthésie, on voit les vaisseaux cutanés se dilater ; il peut donc se produire une déperdition exagérée de calorique par la peau; mais il est probable que l’éther agit encore d’une autre façon sur l’économie. Nous reviendrons, du reste, sur ce point, à propos du chloroforme qui a une action analogue.

Chloroforme. — En 1848, DumériletDemarquay virent que le chloroforme, de même que l’éther, abaisse la température, et que cette dépression est précédée d’une légère ascension correspondant à la période d’excitation. Sur un premier chien, ils trouvèrent une diminution de chaleur de 0°,6; sur un second, l’abaissement fut de 0°,7; sur un troisième, il fut plus net (1°,5), et sur un quatrième, il fut considérable (4°, 8). Ils sectionnèrent ensuite un des pneumogastriques et obtinrent encore, par la chloroformisation, une dépression thermique.

D’autres expériences sont venues confirmer ces premiers résultats. Celles de Sclieinesson semblent surtout probantes. En deux heures dix minutes, la température d’un chien, de moyenne taille, tomba de 38°, 6 à 34°, 5. Dans une autre expérience, la dépression fut de 3°, 2 dans l’espace d’une heure et demie ; dans une troisième, de 3°, 8 en trois heures et demie. L’abaissement se produisait même quand l’animal était enveloppé d’ouate. Wegner, après avoir tenu un chien pendant cinq heures sous l’influence des vapeurs chloroformiques, trouva que la température s était abaissée de 3/", 5 à 129°. Chez l’homme, après une chloroformisation assez prolongée, on a trouvé 35°. M. Simonin, de Nancy, a étudié les modifications de la

température pendant l’anesthésie chloroformique. Il conclut que, chez l’homme, la température s’élève de 0°,1 à 0°,8 au-dessus de son point de départ, pendant la période d’excitation; mais, qu’elle s’abaisse pendant la période de résolution de 0°,2 à 0°,9 au-dessous de la normale. Les oscillations extrêmes sont de 2 degrés. Dans presque tous les cas l’accroissement de la chaleur coïncide avec une accélération, et sa diminution avec un ralentissement du pouls.

L’anesthésie ne saurait dépendre seulement du trouble que la dilatation des vaisseaux périphériques peut déterminer dans la circulation des centres nerveux. La plupart des physiologistes, Flourens, Cl. Bernard, Longet, Vulpian, P. Bert, admettent qu’elle est produite par la présence du chloroforme dans le sang, et par son action spéciale sur les centres nerveux. Le cerveau, puis le cervelet perdent d’abord leur activité, ensuite la moelle. La moelle allongée survit seule dans son action.

Chloral. — L’action de ce médicament sur la température est des plus manifestes, et la plupart des auteurs l’ont constatée. Demarquay, le premier, puis Labbéet Goujon notèrent que la chloralisation profonde détermine une chute de la température d’au moins 1 degré. Richardson, Krishaber et Dieulafoy expérimentant sur des animaux, et avec des doses relativement faibles, purent obtenir une dépression de 2 degrés.

Hammersten a vu, chez un animal, une hypothermie de G0. M. le professeur Vulpian, dans ses expériences, a obtenu des résultats encore plus remarquables. « C’est,

dit-il, la dilatation des vaisseaux cutanés qui explique en

partie le refroidissement si rapide que l’on observe chez les animaux chloralisés. On sait que cet abaissement peut aller jusqu’à 12 degrés centigrades, et même être plus considérable encore. J’ai vu un chien, chez lequel, en 3 ou 4 heures, la température rectale s’est abaissée de 39°, 5 centigr. à 27°. Ce chien a survécu. L’amoindrissement des mouvements d’inspiration contribue aussi, et pour une grande part, à l’abaissement de la température chez les animaux chloralisés. Il faut tenir compte encore de l’engourdissement des centres nerveux, qui exerce une certaine influence sur les actes physico-chimiques de la nutrition intime. » (Leçons sur l’appareil vaso moteur T. II p. 720.)

Ce qui prouve que la réfrigération du sang dans les vaisseaux dilatés de la périphérie cutanée ne suffit pas pour expliquer l’hypothermie produite par le chloral, c’est qu’elle se montre encore quand les animaux ont été préalablement entourés d’une épaisse couche d’ouate, et tenus dans un milieu à température élevée.

Chez l’homme, de fortes dépressions thermiques ont également été notées lorsque les doses de chloral introduites dans l’économie dépassaient les limites raisonnables. Lewinstein rapporte un cas d’empoisonnement chez un homme de 35 ans qui avait pris 25 grammes d’hydrate de chloral cristallisé. Les principaux symptômes furent un affaiblissement considérable de l’action du coeur, un trouble de la respiration, qui devint intermittente, et une chute de la température à 32°, 6. Cet homme guérit j le traitement consista surtout dans la faradisation du phrénique, et en injections hypodermiques de strychnine. Imps-

tein, clans un autre cas d’empoisonnement, a vu le thermomètre descendre à 35°.

L’emploi de la chaleur pour guérir l’empoisonnement chloralique a été préconisé par Richardson et Brunton. Ce dernier donna la même dose de chloral à trois cochons d’Inde : le premier de ces animaux fut abandonné à luimême, et mourut au bout de 4 heures ; le second, enveloppé d’ouate, survécut, mais resta endormi pendant 22 heures ; le troisième, plongé dans un bain cl’air chaud, se réveilla complètement après 7 heures de sommeil.

Tous ces faits prouvent l’action énergique du chloral sur la calorification. C’est ce qui a déterminé plusieurs médecins anglais à l’employer dans les maladies hyperpyrétiques. Le résultat a d'ailleurs été médiocre ; à peine le thermomètre baissait-il de quelques dixièmes de degré.

Comment agit le chloral ? Pour certains physiologistes son action serait la même que celle du chloroforme, car il se dédoublerait dans l’économie en chloroforme et en formiates. Cl. Bernard n’a pas pu trouver trace de ce dédoublement, et pour lui, l’action du chloral est tout- à-fait différente de celle du chloroforme.

« Tout dans les symptômes observés, dit-il, nous permet de rapprocher les effets du chloral de ceux de la morphine, et non de ceux du chloroforme. Le chloroforme est un anesthésique ; le chloral n’est qu’un hypnotique,» (Leçons sur les anesthésiques, p. 309.)

Guider, dans ses expériences sur les animaux, n’a pas constaté non plus le dédoublement du chloral.

1 /abaissement de la température est dû sans doute,

à des causes multiples, à la diminution de la tension artérielle, à l’affaiblissement des mouvements respiratoires, et aussi cà une action directe sur les globules sanguins dont le chloral diminuerait l’affinité pour l’oxygène. .

Voici d’ailleurs les conclusions de M. Vulpian :

« L’abaissement de la température s’explique, d’un côté par l’affaiblissement du cœur, la paralysie des petits vaisseaux, et le ralentissement de la circulation capillaire qui résulte de ces deux modifications anormales ; d’autre part, par l’affaiblissement des mouvements respiratoires et la diminution de l’oxygénation qui s’ensuit; puis par les modifications subies, sous l’influence de la pénétration du chloral, par les divers éléments anatomiques des tissus de l’organisme ; et enfin vraisemblablement par les altéraions du fluide sanguin lui-même, altérations qui diminuent peut-être sa réceptivité pour l’oxygène, ou rendent difficiles ses échanges avec la substance organisée extravasculaire. »

Morphine. — Si tous les auteurs admettent l’action thermo-dépressive du chloral, il n’en est plus de même pour la morphine. Pour les uns, cette substance accélérerait la circulation et la respiration, et ferait monter le thermomètre ; pour les autres, des phénomènes inverses se produiraient.

Trousseau et Bonnet avaient noté une turgescence vasculaire et une élévation de la température de la peau sous son influence. Bailly, au contraire, prétendait que la morphine n’a d’action ni sur le pouls, ni sur la température qu’elle abaisserait plutôt. Cependant Demarquay, en 1847, avait obtenu un abaissement per-

sistant de la température (de 39°, 6 à 37°) sur un chien auquel il avait injecté une assez forte dose de morphine. Chez l’homme, à la suite des empoisonnements, on a plusieurs fois constaté une dépression thermique.

Pour Calvet (thèse 1877), après une injection souscutanée de morphine il se produit d’abord une légère accélération du cœur et des mouvements respiratoires, puis, survient une période de dépression qui peut aller jusqu’à la syncope ; de même la chaleur légèrement augmentée d’abord, baisse ensuite assez rapidement. Quelquefois la période d’excitation fait défaut ; alors la chute de la température et le ralentissement des battements du cœur s’observent dès le début. Ce sont là les symptômes du morphinisme aigu.

Dans les cas de morphinisme chronique, la température baisse progressivement, et la mort est le plus souvent le fait d’un trouble de nutrition qui aboutit au dernier degré du marasme. Ces résultats sont complètement opposés à ceux qu’avait publiés R. Oglesby en 1870 (in the Practitioner).

Il nous est difficile à l’heure actuelle, de dire comment la morphine agit sur la calorification. Il est probable qu’elle exerce son influence par l’intermédiaire du système nerveux.

Nicotine. — Les effets delà nicotine ont été étudiés par CL Bernard, et depuis quelques années, cette substance a été l’occasion de nombreuses recherches qui se trouvent résumées dans le livre de notre maître M. le professeur Sée, sur le Diagnostic et le Traitement des maladies du cœur. Pour Cl. Bernard, la nicotine agissant par l’inter-

médiaire du grand sympathique sur le système vasculaire produirait une augmentation de la chaleur centrale ; nous n’aurions donc pas parlé de cette substance, si quelques physiologistes, Tscheschichin entre autres, ne prétendaient pas avoir observé des dépressions thermiques après l’injection sous la peau d’un animal, de doses élevées de nicotine ; d’ailleurs cette question ne nous paraît pas encore jugée.

Le curare pour plusieurs expérimentateurs élèverait la température (Fleischer, Voisin et Liouville, etc.); pour d’autres au contraire, il l’abaisserait. Tscheschichin compare les effets du curare à ceux que produit la section de la moelle. Riegel a vu, chez des animaux curarisés, des abaissements de 2 ou 3 degrés au moins. Israël regarde même la curarisation comme un bon moyen de déprimer la température des animaux à sang chaud. M. Vulpian a constaté quelquefois cette dépression ; mais pour lui le curare agit bien plus énergiquement sur les nerfs musculomoteurs que sur les vaso-moteurs, et par suite, son action sur la température serait minime. C’est aussi l’opinion de CL Bernard qui dénie même à ce poison toute action sur la thermogénèse.

L’action de Yésérine sur la température n’est pas encore nettement démontrée. Cependant d’après Fraser elle produirait un abaissement pouvant aller à 2°. Tout ce que 1 on sait c est que 1 ésérine paraît jouir de propriétés opposées à celles de l’atropine.

Aride cyanhydrique . — Ce poison violent agit énergiquement sur la calorification, Demarquay dans ses expériences l’avait vu abaisser le thermomètre de 1 degré et

demi à 2 degrés et plus ; CL Bernard a vérifié cet effet. C’est par son action directe sur les globules que cette substance produit ses fâcheux effets; elle les rend rutilants et impropres à l’hématose. On peut ainsi comparer ses propriétés toxiques à celles de l’oxyde de carbone. De même que ce dernier ,elle agit à faibles doses comme modérateur réflexe ; elle produit alors le ralentissement du poids et l’abaissement de la température (Rabuteau) .

Les acides organiques , acétique, tartrique et citrique, passent pour déprimer la température. Hirsch, Heine et Hergott, ont vu le thermomètre descendre chez l’homme jusqu’à 34°, 2 après une injection sous-cutanée d’acide acétique.

L ’ acide phénique aurait une action semblable ; Krônlein rapporte l’observation suivante (Berl. Klin. Woch. 1873): Un malade avait avalé par mégarde 15 grammes d’une solution concentrée d’acide phénique cristallisé. Après avoir éprouvé une douleur vive et fait des efforts infructueux de vomissement, malgré les lavages de l’estomac que l’on s’empressa de faire, il tomba dans le coma et mourut. Le thermomètre était descendu d’abord à 36°, pms à 35°, 2.

Dans un autre cas, rapporté par Ferrier (Britisch med. journ. 1873), il s’agit d’un enfant de 7 ans qui but dans une cruche, une solution d’acide phénique. Il tomba immédiatement dans le coma, le pouls devint misérable et fréquent, la température s’abaissa, et la mort survint au bout de sept heures.

Chez une petite fille de 2 ans 1/2 qui but dans une bouteille à potion une certaine quantité d’acide phénique, le coma survint promptement, et le thermomètre descendit

à 34°, 7 ; on fit le lavage cle l’estomac avec la pompe, et l’enfant guérit.

Acide sali cy ligue. — Salicylate de soude . — L’action antipyrétique de ces médicaments puissants a été tantôt admise, et tantôt niée. Ainsi, Kôhler les avait toujours vus produire un abaissement de la température. Führbringer prétendit au contraire, qu’ils n’avaient aucune influence sur la calorification. Dans les cas où la température est fébrile, ce dernier auteur admet cependant que l’acide salicylique peut la déprimer. Wolfberg reconnait que cette substance donnée à la dose de 4 à 6 gr. peut faire baisser la température du malade, mais il est convaincu que son action antipyrétique est bien inférieure à celle de la quinine. C’est aussi l’opinion de M. le professeur Sée, qui n’attribue pas à une action antipyrétique les effets puissants du salicylate de soude dans le rhumatisme articulaire.

L’action de Y eucalyptol sur la fièvre fut d’abord admise de confiance ; mais des expériences récentes ne nous permettent pas de la regarder comme très efficace.

On a, depuis longtemps, insisté sur la propriété qu’aurait l’ammoniaque ou ses composés de modifier la température du corps, et on a fait jouer à ces substances un rôle important, et sans doute exagéré dans la production de certains accidents, tels que ceux de l’urémie ou de la septicémie. Demarquay, un des premiers, a vu baisser la température d’un chien auquel il avait fait ingérer de l’ammoniaque (de 39°, 3 à 35°). Ces résultats ont plusieurs fois été confirmés par Bôhm, Billroth et Husemann.

Les venins peuvent agir, à la façon des poisons, sur la

chaleur centrale. Dans une remarquable observation citée par M. Radouan, le thermomètre placé dans l’aisselle, descendit à 31°, 2, chez un homme qui avait été mordu par un cobra, et qui finit par guérir.

Nous aurions pu étendre cette courte analyse à bien d’autres subtances, mais, quand on aborde ces études difficiles, on se sent pris d’un découragement profond, en voyant toutes les assertions qui se heurtent et qui se contredisent, et en reconnaissant combien il est difficile d’apercevoir une lueur de vérité, au milieu de ce chaos.

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