‹ Des Terminaisons Du Phlegmon PrévésicalChapitre 10 sur 13 · SH · texte numérisé non relu

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avec fusées vers le canal crural, qui avait envahi le bassin, les fosses iliaques, les hypochondres et arrivait jusque dans la plèvre gauche.

On à vu aussi le pus fuser par les ouvertures normales de l'abdomen et gagner la cuisse et le scrotum.

Nous allons donner ici le résumé de cinq observations qui ne rentrent pas dans les terminaisons précédentes, et enfin, nous rapporterons une observation publiée dernièrement dans le Progrès médical de 1885.

Observation L (R.). — (Gas. des hôpitaux 1864, p. 242 in Pouilly).

Malade de 66 ans. Incontinence d'urine et de matières fécales. Douleur à l’hypogastre. Mort. A l’autopsie, pus dans le tissu cellulaire sous-péritonéal, abcès de la prostate.

Observation LI (R.). — (Bull. Soc. amant, 1865, t. X in Bouilly).

Fracture double verticale du bassin. Ecartement de 4 centimètres des surfaces articulaires du pubis.

Mort par infection purulente. Au devant de la vessiÿ, abcès volumineux communiquant avec le foyer de la fracture.

Observation LIX (R.). — (Due à M. leo docteur Budim, in Eouilly).

Abcès de la cavité de Retzius chez un enfant de 13 jours. Mort par infection purulente. Phlébite de la veine ombilicale.

Observation LILI (R.). — (Duplay, Arch. Gén. de Méd. 1877, in Eouilly).

Malade de 65 ans, atteint de rétention d'urine par hypertrophie de la prostate. Gonflement de la région sous-ombilicale avec douleur. Mort. A l’autopsie, on trouve un abcès sous-péritonéal extrêmement étendu avec décollement remontant jusqu'au diaphragme. Ulcération et perforation de la vessie.

Observation LIV (R.). — (Reliquet. Umion med. 1878, in Bouilly).

Phlegmon périvésical consécutif à une inflammation aiguë de la

vésicule séminale droite. Guérison.

Hot

Observation LV. — Uréthro-vaginite chronique. Cystite secondaire. Phlegmon de Ia cavité prépéritonéale de Retzins. Mort. Autopsie. — Progrès médical 1885, n° 22, page 441. — (Observation et autopsie par Jules Para,

externe des hôpitaux, et Tuffier, interne des hôpitaux).

Eugénie F., âgée de 31 ans, couturière, entre le 25 janvier 1884 à l'hôpital Necker, salle Sainte-Cécile, lit n° 1 (service de M. le Professeur Guyon).

Les antécédents héréditaires ne présentent rien de particulier. Cette femme, ordinairement d’une santé délicate, n’a cependant jamais fait de maladie grave ; elle a été réglée pour la première fois à 18 ans et a eu périodiquement ses règles jusqu'en 1881, époque à laquelle elles ont définitivement disparu. Elle raconte qu’en 1878, elle contracta une vaginite, caractérisée par un abondant écoulement verdâtre et un peude cuisson pendant la miction. Elle négligea cette affection jusqu'au jour où survinrent des accidents abdominaux et vésicaux.

Il y a six ans, un soir, elle fut mouillée à la suite d’une longue course. Ce soir-là même, elle fut prise de vives douleurs abdominales et de tous les symptômes d'un pelvipéritonite, sous l'influence de laquelle des phénomènes de cystite, qu'elle présentait depuis quelque temps, s’agogravèrent également. Elle fut portée dans un hôpital et y séjourna pendant plusieurs mois. Pendant le temps de son séjour dans cet hôpital, elle se plaignit surtout de désordres vésicaux, et ce furent surtout ceux-ci qui retinrent l'attention du chirurgien. Elle prit en effet force médicaments (de la térébenthine, du santal, etc.) On lui pratiqua même des lavages intra-vésicaux, mais devant la douleur qu'ils provoquaient, on dut y renoncer. N'obtenant aucune amélioration, la malade quitta l'hôpital; à son départ, on lui remit une ordonnance où nous lisons: «2, Jamais ne se laisser appliquer de vésicatoire. » Il est donc probable qu’on avait pensé à une néphrite compliquant les accidents du côté de la vessie. Après un long séjour dans sa famille, à la campagne, elle entre dans le service de M. le Professeur Guyon. Elle est maigre, pâle, et ressemble à une phtisique à la dernière période.

Toute la région hypogastrique, depuis le pubis jusqu'à l’ombilic, est tuméfiée, douloureuse à la palpation, sonore à la percussion, chaude, sansempâtement,nirougeurdelapeau. Le vaginestlesiècedesaltérations

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les plus profondes ; il est comme rétréci et permet difficilement l'introduction du doigt, qui, à peine entré, constate le boursoufflement et la chaleur dont la muqueuse est le siège ; en l’introduisant plus profondément, on trouvel’utérus en situation normale, mais complètement immobilisé ; entre l'utérus et la face postérieure de la vessie, on con- State l'existence d’une petite masse indurée. La malade rend avec les matières fécales une quantité assez notable de pus. Par le toucher rectal, on ne trouve aucune ulcération, aucune fistule.

L'examen au spéculum ne permet pas de trouver de lésion. Elle expulse toutes les demi-heures une petite quantité d'urine, au prix d'efforts violents et douloureux. Elle n’a jamais eu d’hématuries, même peu abondantes. Les urines sont troubles et contiennent un épais dépôt muüco-purulent. Le cathétérisme de l’urèthre est douloureux pendant toute sa durée et donne lieu à l'écoulement d’une urine dont les dernières gouttes sont purulentes; le bas-fond de la vessie est douloureux; on ne sent point, par la palpation abdominale, la sonde introduitedans ce réservoir.

La malade n'a pas d'appétit, vomit constamment. De temps en temps, elle a de la diarrhée fréquente, mais passagère ; pas de sueurs nocturnes; quelques poussées fébriles, irrégulières et peu élevées le soir; à l’auscultation des poumons, on ne trouve rien d’anormal.

M. Guyon pose le diagnostic de phlegmon périutérin.

Les choses restèrent en cet état pendant quatre mois, la malade vomissant tout ce qu'elle prenait, souffrant toujours beaucoup, urinant fréquemment, et luttant par des efforts constants contre sa contracture du col. C’est pour lutter contre l'extension de cette cystite aux uretères et aux reins que M. Segond, suppléant M. Guyon, a pratiqué le 11 juillet la dilatation forcée du sphincter vésical. Cette opération n'a donné aucun résultat: il n’y à pas eu d’incontinence. [L'état général s’agsrave chaque jour, et cette femme succombe le 5 août.

Autopsie. — A l'ouverture du cadavre, on trouve une collec— tion purulente, bien limitée, en avant par la paroi postérieure de l'abdomen, au-dessus de la symphise du pubis et en arrière par la face antérieure de la vessie; on y trouve environ un litre de pus grisâtre, fétide ; le tissu conjonctif de la cavité péritonéale est en voie de transformation purulente, aussibien que la partie interne des muscles droits,

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qui sont détruits dans une largeur de 3 centimètres et demi. Dans le haut, c'est surtout la gaine, et dans le bas les muscles, que le pus à minés. Le périoste qui recouvre le pubis et lasymphiseest intact. Cette collection purulente ne communique pas avec le péritoine, ni avec la cavité du bassin.

La vessie, dont les parois sont légèrement épaissies, est adhérente à. sa partie postérieure à l'utérus par quelques brides, faciles à détacher. En l’ouvrant, on trouve environ 200 grammes d'urine mélangée à du muco-pus. Le col vésical, ainsi que le bas-fond, sont tapissés par de petites végétations rougeûtres, nombreuses et pressées les unes contre les autres. Les uretères sont perméables et non dilatés. L’urèthre n’est pas dilaté ; sa muqueuse est recouverte de fines granulations, surtout. au niveau du col de la vessie.

La muqueuse vaginale est rouge, enflammée, épaissie, et présente des saillies disséminées qui lui donnent un aspect irrégulier, comme chagriné. L'utérus et ses annexes paraissent sains.

Les intestins sont dilatés par des gaz, mais il ne présentent, ainsi que le péritoine pariétal, aucune lésion ancienne ni récente. La muqueuse rectale est rouge, boursoufflée, non ulcérée, n'offrant aucune communication avec le, phlegmon prévésical. Les autres organes sont sains.

Réflexions. — Il y a donc eu un phleomon de la cavité de Retzius, consécutifàune inflammation propagée de la muqueuse vésicale au tissu cellulaire de cette cavité, sans destruction ni suppuration des parties intermédiaires à la muqueuse vésicale et au tissu prévésical. En aucun point, il n'existait de perforation faisant communiquer la vessie, le vagin, ou le rectum, avec le foyer prévésical. Ce cas se rapproche des faits de phlegmons de la cavité de Retzius consécutifs à la blennorrhagie (Duplay, Arch. de médecine 1877). Le diagnostic a été également difficile. Dans ces abcès, on sent généralement, par la paroi abdominale, une fluctuation ou au moins un empâtement mat et circonscerit. Dans le cas présent, les gaz développés dans la cavité donnaient à la percussion une sonorité remontant jusqu’au niveau de l'ombilic. Aussi M. le Professeur Guyon différa-t-il une ouverture d'un foyer qui était sonore et non fluctuant, sans changement de coloration de la peau. Certainement, ces symptômes éveillèrent l’idée d'une péritonite enkystée provoquant des adhérences intestinales beaucoup plus que celle d’une tumeur gazeuse prévésicale.

CHARIRRENTTI

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