II. SA RECHERCHE
La recherche du hacille coli dans le lait comprend : 1° Des essais préliminaires ou essais de fermen-
tation ; 2° Des recherches bactériologiques qualitatives et quantitatives.
4° Essais de fermentation. — Les ferments lactiques appartenant au groupe colt provoquent presque toujours la formation de gaz; ils agissent le plus souvent de façon très défavorable sur l’odeur et le goût du lait. On les décèle assez aisément, mais très grossièrement, par l'épreuve dite de fermentation (Lôhnis).
On verse dans des gros tubes à essais 50 centimètres cubes de lait et on les porte au bain-marie à 4o degrés. On les examine entre douze et quarante-huit heures. Après douze heures, le lait proprement recueilli n’est pas modifié.
Le lait contenant du B. coli et certains autres germes d'origine excrémentitielle est coagulé. Le caillot plus ou moins soulevé est dilacéré, fragmenté par les gaz dégagés et collectés quelquefois sous forme de bulles assez grosses; l'odeur n'est pas très agréable. :
Au contraire, quand le lait coagule sous l’action des ferments lactiques normaux, son caillot est massif, non déchiqueté, homogène, ferme, gélatineux et l’odeur aigrelette est agréable.
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Kufferath admet que les laits contenant du B. coli et qui ne donnent pas de bulles de gaz à 37 degrés ne sont que faiblement contaminés.
2° Recherche bactériologique du B. coli dans le lait. — Les procédés de recherche sont nombreux et généralement calqués sur ceux qui sont employés pour l’eau ; cependant ils ne conviennent qu'imparfaitement ; ils sont plus longs et moins exacts.
Le colthacille se multipliant rapidement dans le lait', ce qu'il ne fait pas dans l'eau, sa numération, quand elle est bien faite, n’a qu'une valeur toute relative. Nous en discutcrons, après en avoir étudié un microbe voisin, le B. laclis aerogenes.
Quels sont actuellement les procédés employés par les bactériologistes pour rechercher le colibacille dans le lait?
Disons, avant tout, qu'en France cette investigation n'a jamais été n1 préconisée, n1 tentée, et cependant elle paraît de première importance. C'est pourquoi M. le professeur Ch. Porcher, sachant ce qui avait été fait à l'étranger dans cette voie, nous a engagé a entreprendre cette étude pour appeler l’attention des hygiénistes français sur cette question.
Si les méthodes de recherche du colibacille dans l'eau sont, en France, de pratique courante dans les Laboratoires d'Hygiène, leur application au lait n’a
1 À 37 degrés, un lait cru contenant après la traite 3 B. coli par centimètre cube, en contient 100, sept heures après (Harrison et Vanderleck),
ES a jamais été tentée; aussi, celles que nous allons mentionner dans ce travail sont-elles de source américaine,
anglaise ou allemande. Elles comprennent habituellement :
1° Des essais de présomption; 2° Des épreuves de confirmation.
Les essais de présomption reposent sur la méthode dite d’enrichissement.
On s’efforce à cultiver le germe recherché dans un bouillon aussi électif que possible, rendu favorable à son développement et nuisible à celui des espèces qui peuvent l'accompagner, par l’adjonction de certains antiseptiques (bile, acide phénique, etc.).
Dans les épreuves de confirmation, on se propose d'isoler sur milieu solide le germe qui a décelé sa présence dans le milieu d’enrichissement. On termine l'identification par l'examen microscopique du microbe et sa culture en différents milieux.
Les milieux d’enrichissement couramment employés pour la recherche du P. coli dans le lait sont Les milieux sucrés (lactosés, avec ou sans addition de sels biliaires), les milieux à l'esculine, les milieux phéniqués.
L'isolement se fait sur les milieux usités habituellement pour la recherche du colibacille : gélose lactosée-tournesolée, simple ou phéniquée (Chantemesse), gélose de Drigalski-Conradi, gélose d'Endo, qui pourra être additionnée de 0,4 pour 1000 d'acide phénique (Dienert), gélose lactosée minéralisée de Kufferath, dont nous donnons plus loin la formule,
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