‹ Des «Tests» Microbiologiques de Contamination dans le Contrôle Rapide du LaitChapitre 15 sur 35 · LES STREPTOCOQUES DANS LE LAIT · texte numérisé non relu

LES STREPTOCOQUES DANS LE LAIT

JL LEUR SIGNIFICATION

A. Dans le lait cru. — Comme le À. coli et le B. lactis aerogenes, et mieux qu'eux peut-être, les streplocoques du lait ont diverses sources et, si Orla- Jensen pense que certains d'entre eux trouvés dans l'intestin des herbivores passent dans le sang circulant, puis de là dans le lait, on peut dire d'une façon générale que les streplocoques ne viennent ensemencer le lait qu'après la mulsion.

On les rencontre dans le sol, sûr les végétaux, dans les urines, la salive, les excréments ! de la vache, dans le vagin, sur la peau et sur le pis. Ils viendront contaminer le lait de la même façon que les microbes du groupe coli.

Aussi, certains hygiénistes ont-ils, depuis longtemps, proposé d’exclure du marché les laits contenant des streplocoques ; d'autres, de dénombrer ces microorga-

1 Les excréments de vache contiennent de 100,000 à 10,000,000 000 de streptocoques par gramme (Race).

mn UE

nismes dans le lait, afin de mesurer le degré de contamination de cet aliment. Mais maintenant qu'il est élabli que le lait proprement recueilli renferme toujours des s{replocoques qui trouvent en lui un excellent milieu de culture, il devient difficile d’en faire des « tests » de contamination du lait. Il faut reconnaître, il est vrai, que des distinctions nécessaires doivent être établies entre les divers streptocoques susceptibles d’être rencontrés dans le lait ; il en résultera que certains d'entre eux pourront servir, mieux que les autres et à leur exclusion, de «tests » de valeur. Tel est le cas pour le séreptocoque lactique glatreux de Violle.

Le plus grand nombre des séreplocoques rencontrés sont des lactiques, banaux pour ainsi dire, en quelque sorte inévitables et non pathogènes. Kufferath va même jusqu'à considérer leur présence comme favorable;

Le Streptococcus lacticus, à chaîne courte, composée de deux grains, quelquefois trois, rarement plus, et que l’on trouve dans tous les échantillons de lait, est employé industriellement pour la maturation de la crème et la fermentation des fromages, et aussi comme agent thérapeutique. Il est caractérisé par un pouvoir fermentatif élevé et un pouvoir pathogène insignifiant ou nul' (Race).

: Heinemann a montré que le S/r. laclicus se trouve constamment dans le lait, où il n’est pas pathogène, mais qu'après plusieurs passages par le lapin il devient virulent et peut-être mortel pour l'animal.

A mesure que la virulence augmente, le pouvoir fermentalif diminue.

__ La détermination du pouvoir fermentatif des séreplocoques du lait pourrait alors renseigner sur leur origine, comme il en serait aussi pour les différentes races de colibacilles.

Un autre type de streptocoque, cette fois dangereux, est le séreptocoque de la mammile contagieuse des vaches laitières de Nocard et Mollereau, ou Séreptococcus mastilidis (Guillebeau). Il rentre dans le groupe du Streptococcus pyogenes. Mis en culture, 1l donne toutes les réactions du streptocoque pyogène de l'homme et des animaux. Il peut être pathogène. Savage lui attribue un rôle important dans l’étiologie de certaines angines (Str. anginosus), pouvant se compliquer d'infections articulaires (Jackson). Kufferath signale dans son entourage (1921) un cas d'entérite mortelle dû à l’ingestion de lail contaminé par ce s{replocoque.

Il n’est pas pathogène pour la souris, généralement pas pour le cobaye ; injecté dans le pis de la vache, 1l reproduit la mammite contagieuse.

D’autres streptocoques, fréquents dans le lait, sont : le Sér. thermophilus, le Str. cremoris, le Str. bovis, etc; etc:

Devant la difficulté d'identifier avec certitude les streptocoques rencontrés dans le lait, Race conseille d'en déterminer seulement le nombre au microscope, d'une façon approximative, sur une préparation colorée ; seul, un nombre excessif de chaïînettes a pour lui quelque signification.

B. Dans les laits pasteurisés et stérilisés. — Ayers et Johnson ont étudié la résistance à la pasteurisation de plusieurs espèces de s{reptocoques présents dans le lait {sérep{ocoque des fèces, de la mammite, de la bouche de la vache, séreplocoques lactiques banaux du lait et de la crème).

Tous sont tués par un chauffage à 73°8 pendant trente minutes, alors qu’à 60 degrés, température la plus basse utilisée par la pasteurisation, plus de 50 pour 100 résistent.

De tous les s/reptocoques examinés, les moins résistants sont ceux de la mammite (Ayers et Jonhson).

Comme pour le colibacille, la recherche des streptocoques dans les laits pasteurisés, et mieux encore dans les laits stérilisés, fournira des renseignements (rès importants.

Page 1