PATHOGÉNIE
On ne peut actuellement résoudre d’une facon complète la question du mécanisme des torsions de l’épiploon. Les cas observés sont encore trop peu nombreux et n’ont pas été étudiés d’une manière assez complète pour que nous puissions en fixer avec précision la pathogénie.
Cependant, trois faits généraux nous paraissent devoir être signalés car on les retrouve dans toutes les observations publiées :
Ce sont :
1° La coexistence constante de la hernie et de la torsion de l’épiploon. |
90 [L'absence de l’intestin dans le sac herniaire.
3 L'absence d’étranglement de l’épiploon par le sac herniaire.
Dans leurs observations, Oberst et Bayer insistent d’une facon toute particulière sur ce point, et font remarquer qu'on pouvait facilement passer le doigt du sac herniaire jusque
dans la cavité péritonéale.
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La cause provocatrice a été mise en évidence dans un certain nombre de cas. Les accidents sont survenus après un effort dans le cas de Demons, à la suite de violents exercices de bicyclette dans le cas de Walther, consécutivement à la réduction d’une hernie inguinale dans le cas de Hochenegg.
__ Mais dans d’autres observations les accidents sontsurvenus brusquement, dans des conditions variables, sans qu’on puisse bien en dégager la cause déterminante.
Nous croyons que dans ces divers cas, la pathogénie de la torsion épiploïque ne peut être univoque et reconnait un mécanisme différent suivant les modes de torsion.
Le mécanisme parait assez simple à expliquer lorsque la torsion se produit entre deux adhéreuces. Sous l’affluence d’un processus irritatif fréquemment observé dans les heraies anciennes, il est probable que des adhérences s’établissent entre la masse épiploïque et le sac herniaire. Cette masse ainsi fixée, subit d’une façon beaucoup plus marquée l’influence des petits traumatismes qui peuvent atteindre un hernie, qu'ils résultent, soit d’un choc, soit d’une tentative de taxis, soit de la pression répétée d’un bandage, soit simplement desmouvements péritsaltiques intestinaux. La masse épiploïque comprime, peut être amincie au niveau de l’anneau, se déplacer et finalement s’enrouler. C’est le mécanisme de l’étranglement entre deux torsions que l’on réalise expérimentalement en tordant une serviette par ses deux extrémités.
La torsion ne doit pas se faire complètement d’un seul coup ; il est probable qu’elle se produit lentement et d’une façon progressive; puis sous l'influence d’un traumatisme
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plus intense, d’un effort un peu violent, les Lours de spire se resserrent etles phénomènes d’étranglement font leur apparition.
U'est ainsi que nous croyons devoir interpréter l’action des efforts violents, des tentatives de taxis, etc., qui ont, dans certains cas, immédiatement précédé, et en apparence déterminé l’apparilion des accidents.
On peut invoquer le même mécanisme pour expliquer les torsions en masse ; mais dans ces cas nous serions tenté d’attribuer une influence prépondérante aux malformations du bord de l’épiploon, aux franges épaissies, hypertrophiées que l’on peut y rencontrer, aux cordons surchargés de graisse qui peuvent le traverser en tous sens, formant de véritables brides. Ces conditions empêchent évidemment l’étalement facile de l'épiploon au-devant de la masse intestinale, favorisent le déplacement, ou du moins contribuent à le maintenir en position vicieuse, s’il vient à se produire.
Les altérations de structure résultant d’un épiploite antérieur, l'épaississement et la dégénérescence fibreuse avec rétraction de l’épiploon doivent aussi avoir leur importance au point de vuepathogénique.
L'hypertrophie des franges et la pédiculisation qui en a été la conséquence, ont joué le principal rôle dans le cas que nous avons remarqué.
Quant aux torsions bizarres, comme celle qu'observa Chavannaz, nous nous bornerons à en enregistrer la possibilité sans prétendre en expliquer le mécanisme.