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En incisant les téguments, on tomba tout d’abord sur un kyste, rempli de liquide citrin. Le sac fut ensuite ouvert: il s’'écoula une petite quantité de sérosité trouble, ils’agissait bien d’une hernie épiploïque :.1e sac nerenfermait pas d’intestin. L’épiploon était œdématié, d’une couleur foncée, d’un gris sale et parcouru par des vaisseaux volumineux et thrombosés. Il adhérait en plusieurs points aux parois du sac; mais ces adhérences étaient récentes et furent libérées.
La masse épiploïque fut attirée au dehors et on constata qu'il existait au-dessus d'elle une torsion multiple qui la séparait du reste de l’épiploon resté sain. Cette torsion était extrêmement serrée et le pédicule était tellement aminci qu’un léger effort l’eût sans doute détaché complètement de la partie sus-jacente. Il ne s'agissait pas d’un étranglement épiploïque car le doigt pénétrait facilement dans la cavité abdominale à traversde l’orifice interne. L'irréductibilité avait donc été causée par l’æœdème et la tuméfaction de la portion de l’épiploon comprise au-dessous de la torsion. Le pédicule fut saisi dans un catgut au-dessus de la torsion, puis sectionné, le sac fut réséqué et la paroi suturée.
Les suites furent simples et le malade quitta l'hôpital trois semaines après. :
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OBSERVATION Il. — DEMONT. — Association française pour l’avancement des sciences. — Congrès de Pau, section de chirurgie, septembre 1892, in Revue de Chirurgie, 1893,p. 152.
Un homme, âgé de 36 ans, porteur d’une hernie inguinale depuis lâge de 7 ans, présenta, trois jours après un effort, tous les symptômes de l’étranglement hernaire.
Le diagnostic de hernie étranglée paraissant bien établi, on fit l'opération. Ou trouva dans le sac une masse volumineuse déjà noire, constituée par une masse d’épiploon, commençant à se sphaceler. Il fut impossible d'attirer hors du canal une portion saine d’épiploon afin de faire la section et la ligature du sac en vue de la cure radicale. C’est ce qui obligea de faire la section en un point qui ne paraissait pas aussi sphacélé que le reste. On surveilla le malade afin de parer par une laparotomie aux complications qui pourraient se présenter.
Le lendemain cependant le malade alla mieux. Puis, la nuit suivante, survinrent des phénomènes péritonéaux faciès grippé, pouls petit, imperceptible. Je pratiquai la laparotomie et dans l'abdomen je trouvai une masse énorme gangrénée représentant toute la partie inférieure de l’épiploon.
Celui-ci avait été tordu deux fois sur lui-même, la torsion supérieure siégeait immédiatement au-dessous du côlon transverse.
C’est cette torsion qui avait passé inaperçue dans l'opération de la cure radicale, et qui avait empêché d'extraire du canal inguinal le reste de l'épiploon. Je ne connais pas d'exemple semblable de torsion aboutissant à la gangrène.
OBSERVATION III. — C. Bayer. Centralblait für Chirurgie, 1898, no 17, p. 462.
Mme F..., âgée de 54 ans, portait depuis 15 ans, une hernie inguipale gauche. Elle porta pendant longtemps un bandage qui devint insuffisant en raison de l’adiposité de la paroi abdominale. D’autres bandages furent essayés à plusieurs reprises sans plus de succès. Cette hernie n'avait jamais occasionné aucun trouble ; elle avait fini par n’y attacher aucune attention. Le 5 mars 1898, elle me fit appeler et raconta que quelques jours auparavant, à la suite d’efforts de toux occasionnés par un rhume violent, elle avait été prise de douleurs au niveau de la hernie. Elle avait eu la sensation qu'une masse arrondie se déplaçait dans le sac herniaire. Les douleurs persistèrent et, craignant un étranglement herniaire, elle m'avait fait appeler.
À l'examen, je ne constatai aucun symptôme d’étranglement, la malade avait eu une selle dans la journée et, en raison de l’épaisseur de la paroi, il me fut impossible de reconnaître s’il existait ou s’il n'existait pas de hernie. En explorant le canal inguinal, je provoquai bien de la douleur, mais l’abondance de la couche adipeuse me rendait toute exploration exacte impossible. Je conseillai simplement le repos.
La nuit fut mauvaise et, le lendemain matin, je pus reconnaître facilement qu’il existait une hernie. La malade avait des nausées fréquentes. Je tentai prudemment quelques manœuvres de taxis et la réduction étant impossible,-je conseillai l'opération, qui fut pratiquée à 11 heures du matin.
J'incisai la paroi abdominale et, le sac ouvert, tombai sur une grosse masse épiploïque, violacée, parcourue par de grosses veines très dilatées. Cette masse se prolongeait jusque dans la cavité abdominale par une portion arrondie. J’essayai d'attirer l’épiploon au dehcrs et je ne pus y parvenir, bien que le doigt pût passer très facilement dans la cavité abdominale au travers de l'orifice interne. -
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L’épiploon formait à ce niveau un cordon arrondi qui adhérait fortement à la partie inférieure de l’orifice interne.
Pour me donner du jour, j'agrandis l’incision et je pus constater alors que le pédicule de la masse épiploïque présentait une torsion de 4 à 5 tours de spire autour de son axe.
La partie inférieure de la masse épiploïque herniée adhérait au pourtour du sac et présentait une torsion en sens inverse.
Enfin un lobe aberrant et pédiculé, émané de la masse principale, s'était engagé au travers de l'anneau jusque dans la cavité abdominale et se trouvant œdématié, sans doute à la suite de là torsion, il n'avait pu redescendre dans le sac de sorte que nous avions à la fois une torsion épiploïque entre deux adhérences et un étranglement rétrograde d’une portion de la masse herniée.
L’épiploon présentait une couleur d’un brun noirâtre, les vaisseaux étaient dilatés, la gangrène paraissait imminente.
Les adhérences furent libérées, l’épiploon réséqué, le sac refermé et la plaie fut suturée en laissant un drain.
La guérison se fit sans incident.
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OBSERVATION IV. — Moon in Thèse de REyNIER. Paris 1898-99,
Joseph M..., journalier, 40 ans, entre dans le service de M. Monod à St-Antoine, le 5 décembre 1898. Ce malade arrive à hôpital avec le diagnostic de hernie étranglée.
Il est porteur, depuis dix ans, d’une hernie inguinale droite, n€ l'ayant jamais incommodé et se réduisant facilement. Jamais non pius elle ne s’est étranglée et n’a nécessité le port d’un bandage.
À la suite d’un effort, le malade a ressenti brusquement une douleur aiguë dans la fosse iliaque droite, douleur qu'il compare à un coup de couteau. En même temps, la bourse droite, occupée normalement par sa hernie, toujours facilement réductible, est devenue douloureuse, volumineuse, dure et tendue. Il a essavé de faire rentrer sa hernie et, ne pouvant y parvenir, il a fait appeler un médecin qui, après de vains efforts dans le même sens, le fit conduire à l'hôpital.
A son entrée, dix heures environ après le début de l'accident, nous examinons le malade et constatons ce qui suit :
Etat général assez bon, pouls fort et régulier, mais un peu rapide (100). Le malade a eu quelques nausées, mais pas de vomissements.
Localement, la bourse droite et le canal inguinal sont occupés par une tumeur dure, tendue et douloureuse. Le maximum de la douleur siège au niveau de l’orifice du canal inguinal et la palpation fait sentir profondément dans la fosse iliaque droite, un cordon qui paraît se continuer avec la masse inguino-scrotale et qui ne peut être que l’épiploon.
Au niveau de ce cordon, la palpation est très douloureuse et, dans la bourse droite, il semble qu’on arrive à percevoir une fluctuation obscure, indice de la présence de liquide dans le sac. La matité est absolue à ce niveau.
En dehors de ces phénomènes herniaires déjà graves, le pronostic est assombri par un mouvement fébrile (3% dans le rectum),