‹ Des Torsions de l'ÉpiploonChapitre 19 sur 27 · PASSES · texte numérisé non relu

PASSES

un début de grippe (râles disséminés dans toute la poitrine, toux sèche) et les habitudes alcooliques invétérées du malade.

Le diagnostic se pose donc : épiplocèle inguinale étranglée avec début de grippe.

OPÉRATION. — Après chloroformisation, incision des couches cutanées jusqu’au sac. Enucléation de la tumeur herniaire. Incision au bistouri ordinaire de l’anneau inguinal et du canal inguinal. Incision du sac immédiatement en avant du collet ; issue d’une petite quantité de liquide.

Le sac qui présente tous les caractères des vieux sacs herniaires, est épaissi de près d’un centimètre. Il contient un épiploon chroniquement enflammé et à peine serré par le collet du sac.

Section du collet du sac. Le doigt, introduit dans la cavité abdominale permet de se rendre compte qu'il n’existe pas d'autre cause de striction. On attire facilement l’épiploon, croyant trouver la partie saine immédiatement au-dessus de la partie à peine serrée par le collet ; mais on tombe, avec surprise, sur un large cordon épiploïque, du volume de deux gros pouces réunis et présentant, sur une longueur d'environ {5 centimètres six tours de spire. Cette particularité anatomique avait déterminé une hémorragie diffuse dans toute cette partie du tablier épiploïque.

On pose un fil en chaîne au niveau de l’union des parties saines et des parties tordues. Résection de l’épiploon ainsi enroulé sur luimême.

Les autres temps de la cure radicale sont rapidement exécutés. Fermeture de la paroi en deux plans. Petit drain dans la plaie.

Les suites opératoires, au point de vue heraiaire sont excelientes. Le deuxième jour on enlève le drain. La plaie est parfaite comme aspect. Aucun phénomène du côté de l'abdomen, pas de douleur ni de vomissements.

Par contre, l'état pulmonaire s’est aggravé. Malgré tous les révulsifs et une médication tonique appropriée, le malade meurt, le cinquième jour après l'opération, avec tous les signes d’une broncho-pneumonie grippale confirmée par l'autopsie.

Examen histologique (D' Blanc). Deux éléments frappent tout d’abord :

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La dilatation des vaisseaux et l'infiltration hémorragique.

Les vaisseaux sont gorgés de sang et leur coupe transversale est arrondie. On constate ensuite une dilatation énorme de nombreux vaisseaux capillaires dont la paroi est très mince ; et leur assemblage donne par places l’aspect d’un angiome.

De plus, les moindres vaisseaux capillaires, si petit que soit leur calibre sont aussi gorgés de sang ; et les fentes du tissu conjonctif, bordées de cellules plates sont aussi transformées en cavités plus ou moins grandes, pleines de sang.

Quant à l’infiitration hémorragique, elle se présente par nappes plus ou moins étendues. Au milieu d’elles, le tissu conjonctif montre ses faisceaux dissociés en tractus d'épaisseur variable, présentant la disposition d’un réticulum dont les mailles seraient pleines de sang.

Ailleurs, les tractus os paraissant rompus, se perdent au milieu de globules sanguins et la limite des nappes hémorragiques est toujours indécise. Il n’y a pas de réticulum fibrineux apparent ; pas d'organisation du dépôt sanguin et pas d’aggiomération de cellules inflammatoires autour des vaisseaux. Enfin, c'est une sorte d’apoplexie caractérisée par la dilatation de tous les vaisseaux et l'hémorragie interstitielle.

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OBSERVATION V. — VON EIsELSBERG, — Deutsche med. Nochenschrift, 1898, 1er déc. Vereins-Beilage, n° 35, p. 260.

Le malade, âgé de 42 ans, souffre depuis trois ans d’une hernie inguinale droite; il souffre également de l’estomac depuis trois mois et accuse une sensation d’oppression dans l’abdomen. A son entrée à la clinique, météorisme moyen; on trouve dans l’hyponcondre droit une tumeur dure et douloureuse. Dans le canal inguinal droit, masse épiploïque dureet irréductible. Herniolaparotomie. L'épiploon apparaît imprégné de sang, avec des lacunes, et tordu de droite à gauche. La main, introduite alors, ne rencontre rien d’anormal et on acquiert ainsi la preuve que la tumeur, précédem- , ment sentie dans l’'hyponcondre droit, n’était qu’un durcissement de l’épiploon; ce dernier est lié et réséqué au niveau de la torsion. Suture en trois places de la paroi abdominale. Mort 38 heures après l'opération.

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OBsERvATION VI. — Von Baracz. — Deutsche Zeitschrift, für Chirurgie, 1900, Bd 54. p. 584.

Le nommé Buin, âgé de 42 ans, employé, était porteur, depuis plusieurs années, d’une hernie inguinale gauche réductible et maintenue facilement par un bandage.

Le 4 avril 1899, en soulevant un fardeau pesant, il fut pris brusquement d’une violente douleur dans le côté gauche.

La hernie augmenta de volume et devint irréductible.

Le malade dut cesser son travail et garder le lit.

Dans la nuit du 6 au 7, les douleurs diminuërent au niveau dela ‘ hernie, mais en revanche le malade fut pris de douleurs abdominales violentes survenant par accès.

Le malade avait eu deux selles le 6 et le 7 avril.

Ce jour-là il y eut un arrêt brusque des gaz.

Le soir, à l'examen, on trouve le malade pâle, inondé d’une sueur froide ; la langue sèche; le pouls bat à 120, la température est de 3805.

Or ne trouve pas de tumeur dans la région inguinale; cependant à gauche il existe une légère saillie et d’un côté le scrotum est induré, légèrement tuméfié et douloureux.

En remontant vers l’anneau inguinal, on constate lexistence d'un cordon de la dimension du petit doigt, douloureux, qui s'engage dans le canal; ce cordon est légèrement mobile, mais on re peut arriver à le réduire.

Le ventre est ballonné, douloureux, sensible à la palpation.

Il existe dans les parties déclives une matité légère disparaissant lorsqu'on fait coucher le malade sur le côté, qui traduit l'existence d’un épanchement ascitique libre. . -

On fait le diagnostic d’étranglement épiploïque avec péritonite au début, et l’opération est faite le même jour à 6 heures du soir.

Les téguments sont incisés et l’on trouve un sac épaissi à l'ouverture duquel s'écoule une petite quantité de liquide citrin.

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On constate alors qu’il existe, inséré au fond du sac, un cordon de la dimension du petit doigt, tordu 5 ou 6 fois sur lui-même, présentant une couleur bleue-noire.

Ce cordon se prolonge dans le çanal inguinal en augmentant un peu de volume. Il n’est pas étranglé au niveau de l’anneau et le doigt pénètre facilement à côté de lui jusque dans la cavité abdominale.

L'incision est prolongée et l’on constate que le cordon se continue par une tumeur du volume d'un œuf d’autruche, noirâtre, que l’on ne peut extraire qu'après avoir agrandi à nouveau l’incision.

Cette masse est parcourue par de grosses brides fibreuses et de grosses veines dilatées, gorgées de sang.

Par la plaie abdominale s'écoule une grande quantité de liquide ascitique foncé. La tumeur est surmontée d’une torsion de plusieurs tours de spire à laquelle fait suite la partie supérieure de l’épiploon restée saine.

On fait une ligature au niveau de la partie saine de l’épiploon, on résèque toute la partie malade.

La masse ainsi extraite pèse environ 1 kilogramme.

Le sac épaissi et adhérent est extirpé et la plaie est suturée en laissant un drainage.

Les suites opératoires furent favorables et le malade guérit après avoir fait cependant un abcès de la paroi.

Il a été revu depuis en parfaite santé.

L’examen de la pièce montre que l’épiploon s'était tordu comme une serviette fixée par ses deux extrémités.

La portion comprise entre les deux torsions était étranglée, la circulation était complètement interrompue et si l'intervention n’avait pas été pratiquée, la gangrène fût certainement survenue à brève échéance.

A la coupe, l’épiploon présentait une coloration homogène bleuâtre ou grisâtre. Par place on observait des flots de tissu restés sains. ï

À l’examen histologique, on trouvait des parties normales séparées par des épanchéments sanguins, rappelant les infarctus hémorragiques.

Les artères et les veines sont dilatées au maximum et remplie de sang.

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OBSERVATION VII, — PEcx. — Medical Record, février 1900.

La malade était porteur d’une hernie inguinale droite réductible, datant de 12 ans. Elle raconta qu’elle avait été dans son état habituel jusque quatre ou cinq jours avant son entrée à l'hôpital. Elle avait eu alors des douleurs, des vomissements et une élévation modérée de la température.

A son arrivée à l’hôpital la température est de 100c 1/2 Farenheit.

À l’examen on sent une masse distincte dans la partie droite de l'abdomen. A l’ouverture du ventre on trouve en ce point une tumeur soliäe constituée par de l’épiploon. Celui-ci est tordu et l'on découvre un pédicule serré siégeant à deux lames du côlon transverse.

L'épiploon est enroulé autour de son axe vertical.

Il n'existe aucune adhérence au niveau du sac herniaire. On trouve quelques adhérences au niveau de la trompe et de l'ovaire droits. Aucune tumeur n’est mêlée à la masse épiploïque. La section montre de l'inflammation chronique sanguine. La malade guérit rapidement. Le diagnostic posé avait été celui de tumeur abdominale.

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