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lepsie et da délire, de la mélancolie et des tendances au suicide. Insistant sur le caractère spécial de l'inspiration, il met en relief ses allures en quelque sorte pathologiques.
Sans en déduire avec lui cette opinion absolue que le génie est une maladie mentale, il nous sera permis d'admettre que des stimulations cérébrales suivies de conceptions bien équilibrées, d'oeuvres artistiques, musicales ou autres dignes d'éloges peuvent être associées à des états pathologiques du cerveau et en dépendre.
Tous les médecins aliénistes savent combien est fausse l'idée qu'on se fait vulgairement des fous et combien on peut avoir de la peine à dépister une maladie mentale. Il est plusieurs groupes de malades dont l'affection mentale ne comporte pas ou très peu d'idées délirantes et ne se trahit qu'après un examen approfondi; lorsque par exemple, on est en présence d'une excitation cérébrale modérée, celle -ci peut revêtir un aspect physiologique en quelque sorte quoique d'origine morbide.
Il s'en faut de beaucoup que les états d'excitation du cerveau aboutissent nécessairement à des troubles psychiques bien évidents et que les nerveux, les épileptiques et les fous même les plus avérés n'aient que des actes mal coordonnés et portant l'empreinte de leur origine pathologique. Que le débre n'apparaisse pas, que l'excitation ne soit pas excessive, et jamais le malade n'entrer a dans un asile. Il pourra même briller au premier rang dans le monde. Tous les degrés existent entre l'incohérence de l'excitation maniaque et la stimulation parfois intense mais coordonnée du penseur qui aboutit à l'œuvre de talent.
Il nous suffirait de regarder autour de nous, et si nous ne craignons d'être indiscret, nous trouverions sans peine
tel sujet dont l'activité toujours en éveil, l'excitabilité psychique, la facilité à associer les idées suffisent par exception à expliquer les rapides succès, mais trouveraient elles-mêmes une bien vive explication si on les rapprochait de certains tics du même sujet trop difficiles à cacher, de telles bizarreries de caractères, et de telles anomalies fonctionnelles se rapportant à diverses fonctions et incontestables quoique plus intimes et moins faciles à déceler. Des associations de ce genre sont fréquentes, et, malgré l'intégrité le plus souvent absolue de l'état mental, elles devraient faire placer le cerveau de ces individus sur la limite de l'état morbide et de l'état sain.
Aussi ne pouvons-nous dénier à des causes d'ordre pathologique telles que les traumatismes céphaliques, le pouvoir de produire dans des cas exceptionnels une action heureusement stimulante du cerveau de nature à éveiller certaines facultés cérébrales et à les élever au-dessus de la moyenne. Sans croire au cas particulier de Grétry, nous ne pouvons souscrire à l'impossibilité de faits semblables.