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INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES

On ne traite guère le tremblement, pas plus qu’on ne traite un symptôme particulier d’une maladie; c’est donc à la thérapeutique des maladies et des intoxications dont le trouble musculaire est le symptôme que ressortit l’étude des moyens propres à le combattre.

Cependant, une fois que les indications relatives à la maladie ont été remplies, le médecin ne peut-il être amené à s’occuper du symptôme ? Le tremblement constitue souvent un désordre incommode et fâcheux par lui-même. Un individu, dont M. Gueneau de Mussy a rapporté l’histoire, et qui était atteint depuis quatre ans de tremblement mercuriel, voulait attenter à sa vie parce le trouble de ses mouvements le mettait dans l’impossibilité de travailler. Il est donc tout naturel qu’on ait cherché les moyens de guérir ou au moins de calmer le désordre musculaire.

Les essais thérapeutiques qu’on a faits reposent le plus souvent sur des visées théoriques plus ou moins admissibles:'quelques-uns sont purement empiriques.

L’interprétation physiologique à laquelle ils se rattachaient a, la plupart du temps, guidé les thérapeutes. Ainsi, pour ceux qui ont considéré le tremblement comme de nature convulsive, les médicaments dits calmants et antispasmodiques étaient indiqués : on a eu recours à l’opium, au bromure de potassium, au chloral, à l’ergot, à l’hyoscyamine qui paraît avoir donné quelques bons résultats dans le tremblement mercuriel (Oulmont) et dans la paralysie agitante (Charcot).

D’autres médecins ont vu dans le trouble musculaire un phénomène d’ordre paralytique, et ont cherché à

combattre l’affaiblissement supposé de l’innervation en excitant le système nerveux. C’est dans ce but qu’on a administré la strychine, dont Trousseau dit avoir obtenu des effets dans le traitement du tremblement mercuriel ; cette substance, employée dans la paralysie agitante, a au contraire exagéré le désordre.

Dans le fait de tremblement mercuriel auquel nous faisions allusion tout à l’heure, M. Gueneau de Mussy a employé le phosphore sous forme de phosphure de zinc; en peu de temps le malade fut guéri.

Les courants constants ont donné quelques succès dans la paralysie agitante (Remak, R. Reynolds, Benedikt); M. Chéron a récemment rapporté (1) sept observations de de cette maladie, dans lesquelles il avait obtenu par ce moyen des succès complets dans les cas peu anciens, une amélioration sensible, notamment du trouble musculaire, dans les autres cas; mais, d’autre part, M. Constantin Paul, dans un cas de la même maladie datant de deux ans, n’a eu aucun résultat.

Les bains électriques ont aussi été préconisés. M. C. Paul (2) les a employés dans cinq cas de tremblement mercuriel et en a retiré les meilleurs effets; il a de même guéri en peu de temps par ce moyen un tremblement alcoolique.

Enfin, certains médicaments ont été administrés d’une façon tout à fait empirique : nous ne citerons que le souscarbonate de fer (Elliotson) et le nitrate d’argent.

On a aussi employé les toniques et l’hydrothérapie.

Dans certains tremblements localisés, on a eu recours à des moyens mécaniques.

(1) Chéron, Revue dethérap. méd.chir., 1869, n° 18.

(2) Voy . Chapot-DuverL Thèse inaug., Paris, 1870.

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