TREMBLEMENT ALCOOLIQUE
Les yeux fermés, il peut encore se diriger assez bien, comme aussi la nuit.
D. Tremblements toxiques.
Les tremblements toxiques forment un groupe distinct par la spécialité des causes qui les déterminent. En outre, quelques-uns d’entre eux, et parmi les plus fréquents, présentent des caractères qui permettent de les reconnaître sans grandes difficultés : pour ceux-là (tr. -alcoolique, mercuriel), la réunion de la caractéristique étiologique et de la caractéristique symptomatique fait qu’ils comportent une étude spéciale.
Treià»f*fepàie»ti nlenalifgue. — Conséquence obligée de l’intoxicalion par l’alcool, le tremblement alcoolique est si constant qu’on pourrait presque le regarder comme un symptôme pathognomonique. Les occasions de l’observer sont fréquentes, et ses caractères peuvent être exposés avec plus de certitude que ceux d’aucun autre tremblement (1).
Il apparaît aux premières phases de l’intoxication, il se continue pendant toute sa durée, et se prolonge souvent au delà. Nous l'examinerons à ces diverses périodes.
L'ivresse proprement dite détermine une incertitude des mouvements qui atteint surtout les membres inférieurs, et se traduit par la titubation bien connue des gens ivres ; les membres supérieurs sont notablement moins affectés.
(I) Parmi les travaux importants publiés sur ce sujet, nous signalerons ceux de Magnus Huss, et ceux de M. Lasègue :
Lasègue. De l’alcoolisme chron. envisagé surtout dans ses rapports avec la paralysie générale; Arcli. gén. de méd., 1852, t. I,
— De l’alcoolisme subaigu, eodem loco , 18G9, t. XIII, p. 513
Fernet..
Dans l’intoxication alcoolique aiguë, qu’elle ait succédé ou non à l’ivresse, le tremblement se produit dès le début, mais il est toujours accompagné d’autres manifestations cérébrales. Il coïncide avec des troubles nerveux, qui passent inaperçus si on n’interroge expressément le malade, mais qui se révèlent dès qu’on fixe son attention sur ce point. Ces troubles consistent dans de l’insomnie, des rêves inquiets, composés d’apparitions effrayantes, et qu’on pourrait appeler hallucinations, tant elles laissent de souvenirs après le réveil. Si l’invasion n’a pas été brusque, le tremblement ne se montre guère qu’au bout de deux ou trois jours.
Dans les cas d’alcoolisme subaigu, apyrétique, destiné à guérir de lui-même après peu de jours, le tremblement consiste dans une trépidation à courtes saccades, occupant presque exclusivement les membres supérieurs. Lorsque les bras sont au repos, appuyés, ou pendants le long du corps, le tremblement existe à peine et n’est pas appréciable. Il devient évident quand on fait allonger le bras et la main; si on ne le perçoit pas par la vue, il suffît à l’observateur de soutenir doucement la main du malade pour qu’il se rende compte du moindre frémissement.
Le plus ordinairement, l’alcoolique n’avait pas conscience du tremblement avant que l’examen médical le lui eût fait constater; il l’attribue alors à l’émotion, ou il déclare qu’il a tremblé toute sa vie. Le tremblement, en effet, sous cette forme atténuée, ne gêne en rien l’exercice des mouvements volontaires, il n’empêche le malade ni d’écrire, ni de dessiner, ni de se livrer aux travaux les plus délicats.
Lorsque, du troisième au cinquième jour, l’excitation cérébrale s’exagère, ie tremblement augmente en gardant son caractère de trépidation, ou plutôt de vibration régu-