MOYENS CONTRE L INFECTION TRICHINEUSE
probable. On finira, sans doute, par découvrir certaines substances qui auront ia propriété d’engourdir les trichines, comme nous en possédons pour les vers intestinaux, et qui seront alors administrées avant les purgatifs pour faciliter l’expulsion.
Sans doute, aucun de ces moyens ne guérira les malades chez lesquels il y aura déjà eu une notable immigration de trichines ; mais il n’en faut pas moins apprécier les moyens qui guérissent les personnes où l’immigration a été nulle ou imparfaite. l’ai, d’ailleurs, peu d’espoir de voir découvrir un moyen de faire périr les trichines musculaires. On n’en a pas trouvé pour les vers nématoïdes, quoique nous possédions une grande quantité de remèdes certains contre les vers intestinaux. Cela s’explique facilement, car les médicaments n’arrivent aux muscles que par le sang, et dans ce long parcours, iis sont atténués et rendus presque inefficaces. L’effet sera encore moindre si le ver est enkysté, car cette enveloppe est un obstacle à l’absorption des substances médicamenteuses ou autres.
Dans mon mémoire, communiqué à l’Académie de médecine de Paris, j’avais déjà mentionné ce fait assez curieux, qu’ayant macéré delà chair trichinée dans une dissolution d’acide chromique, pour la rendre plus dense et plus apte aux recherches microscopiques, les trichines ont encore vécu onze jours, bien que la dissolution fût assez concentrée et que la capsule fût assez récente, il y a plus, les trichines à l’état libre résistent plus longtemps à l’action des dissolvants.
Cet exposé nous fait voir dans tout son jour le charlatanisme, qui cherche à égarer l’opinion publique à propos
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de la trichinose en proposant des soi-disant spécifiques. Il peut convenir à des industriels d’exploiter la crédulité publique par des annonces pompeuses; mais que des gens auxquels on ne peut refuser une certaine instruction, étendent leur spéculation, jusqu’à présenter leurs produits de fabrique comme de véritables spécifiques contre les trichines, c’est faire preuve d’indélicatesse et d’immoralité. Ils trompent ainsi le public qui s’expose à un danger qu’il pourrait éviter. Ni eau-de-vie, ni liqueurs d’aucune sorte, ne sont un préservatif contre la maladie, encore moins un moyen curatif.
Par contre, il existe des mesures de précaution capables d ecarter le danger, et nous allons traiter ce sujet avec quelques détails, car non* seulement les autorités, mais encore tout individu doit les connaître.