‹ Des Troubadours aux félibresChapitre 22 sur 57 · Page · texte numérisé non relu

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La littérature du 31idi se trouva étouffée par l'étreinte qui la saisissait presque simultanément de deux côiés ;

d'un côté la littérature italienne venant s'installer à Avignon, au cœur même de la Provence : de l'autre l'influence du Nord qui grandissait de jour en jour. Il s'était fait dans le treizième siècle un mouvement littéraire qui devait absorber et dominer le souvenir des Troubadours. Il ne fut guère plus question de ceux-ci jusqu'au jour où les travaux de La Cume-Sainte-Palaye et de l'abbé Millot, plus tard de Fauriel, Raynouard , Rochegude . etc. , remirent en lumière ces œuvres presque tombées dans l'oubli. Alors parurent à la fois le Dante. Boccace, Pétrarque . Villani , Zanobi de Strada qui fut couronné comme Pétrarque. Coluccio Salutati sur la tombe duquel fut déposée la couronne triomphale, etc. Ce mouvement grandit, continua, et après de grandes études de l'antiquité auxquelles Pétrarque avait donné une forte impulsion, le Tasse et l'Arioste parurent.

L'Italie, en suivant Vélan donné par nos provinces du Midi, put offrir à ses poètes un instniment meilleur que la langue romane ; le latin avait dû laisser là des traces plus profondes et plus ^-ivaces . il fut donc plus facile à ces poètes de se montrer comme un écho de la l\Te de Virgile. Les Troubadours, malheureusement, se senirent aussi des vestiges que l'antiquité leur avait laissées, mais ils ne surent point recourir, au moyen de l'étude, aux sources véritables.

Il y avait uu pâtre de campagne Qui avait un fromage de montagne Aux pieds de l'enfant il l'offrit, Le renard d'abord le lui prit :

Ce patre se mit en f;:rancle colère, Joseph lui dit d'un air fort sage, Ne vous fâchez pas notre voisin, II faut qu'ici tout le monde vive.

, . Vilain animal Ta race m'est déplaisante, Ya-t-en ou je t'écrase la tele, Ne viens pas mettre ici la peste !

Tu ressembles trop à ce vieux Satan Qui attrapa notre père Adam !

Dans une étude récemment publiée par VEcho des Bouches -du- Rhône, nous ^\on^ mi revendiquer pour Louis Puech , poète né à Aix, un noël inséré dans le recueil de Saboly et qui commence ainsi :

Naoutrei sian très Booumian Que dounan la bono fortino, Naoutrei sian très Booumian Qu'arrapen pertoat mounté sian.

Ce noël . où il s'agit de trois Bohémiens qui viennenf dire la bonne fortune à l'Enfant divin, une fois enlevé à l'œuvre de Saboly , ne saurait guère en diminuer la valeur; mais on va plus loin et en s'étayant de M. Achard, qui a fait un livre sur les hommes illustres de Provence, on va jusqu'à dire que Saboly na fait qu'appliquer à divers noëls des airs choisis et composés par lui.

Combien peu on laisse debout des anciennes t;loires

aujourd'hui ! Faudrait - il ne plus croire à cot excellent Saboly. et en lisant les charmants noëls, ne point savoir à qui on en est redevable?

Pour moi . j'aime mieux garder mon illusion et ne pas douter de la verve de l'excellent bénéficier dont mon enfance apprit le nom d'une façon si douce !

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Notice sur Toussaint Gros précédant ses œuvres complètes, édition publiée à Marseille, 1841 .

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