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Bleu le bon jour, brave marcband^ Je voudrais de votre marcliandise ; Soignez-raoi, je suis uu fameux chaland, Le bon marché est ma devise ;
Je calcule sur le mauvais temps,
Lorsque la misère abonde^
C'est alors que je saigne les g-ens
Et que les louis d'or affluent chez moi.
Ouvrier, je suis désireux
De te faire travailler, pauvre diable]
Mais quand l'ouvrier est malheureux
J'en profite pour payer peu.
Bénit soit le temps oii la faim
Des pauvres a fait pour nous des esclaves,
Ils travaillent pour un morceau de pain,
Leur pitance est un peu de fèves.
Paysan, je t'aurai bien bon marché ; Tu travailleras une grosse journée, Et si parfois tu es fatigué, Je te rognerai ta semainée ; 11 t'est défendu d'être douillet, Du riche d'envier les bribes.
Un peu de pain frotté d'ail Te remettra de tes fatigues.
Petite^ comme je t'aimerais,
Si tu voulais m'écouter, mignonne^
Tu aurais un protecteur en moi
Qui a la bourse très ronde.
A un homme comme il faut
Tu ne vendras pas cher tes caresses.
Tu es sans linge et sans un sou,
La faim rae vend des maîtresses.