CHAPITRE III
Division du sujet. — Méthodes d'examen.
Miction facile et rapide, tels sont les caractères dominants de la miction chez l'enfant. Un grand nombre de causes viennent modifier ces caractères et troubler cet acte physiologique. Les unes sont constituées par des obstacles mécaniques à l’écoulement de l'urine. C’est l'histoire de la rétention de cause mécanique dans laquelle il faut mettre au premier rang, les obstacles dus aux malformations congénitales de l'appareil génito-urinaire. Au second rang et plus exceptionnellement les corps étrangers qui agissent par compression ou par obstruction, qu'il s'agisse de corps étrangers véritables ou de productions de l'organisme. Nous éliminerons ainsi dans un premier chapitre, presque tous les cas de rétention chez l'enfant, laquelle est presque toujours une rétention mécanique. Examinant ensuite les diverses influences que, par des procédés plus ou moins complexes, le système nerveux exerce sur la miction, nous trouverons là, tantôt la rétention, tantôt l'incontinence et toujours l'influence des malformations congénitales qui, sans entrainer directement les troubles en question, en sont très souvent le point de départ. Enfin, de même que la rétention, l’incontinence de l’enfant relève de causes directes. Nous les étudierons en les distinguant soigneu-
sement de cette forme spéciale à l'enfance : l’incontinence nocturne d'urine.
Mais avant de passer en revue tous ces troubles de la miction, un fait dominant se fait pressentir. C'est que dans nombre de cas, la cause est tangible, perceptible. S'agit-il d’un trouble de la miction dû, comme il est fréquent, à un vice de conformation ? l'examen des organes génitaux suffira à faire le diagnostic et permettra, par une intervention simple en général, de supprimer le trouble en question.
Un point est donc à établir de prime abord, sur lequel insistent tous les auteurs, c’est la nécessité d'explorer avec la plus grande attention, les organes génitaux urinaires de l'enfant. Il faut voir, toucher, palper et s’il est supposable qu’il existe une affection de la vessie, il ne faut pas omettre de joindre à la palpation et à la percussion, le toucher rectal, qui chez l’enfant permet d'explorer presque toute la face postérieure de la vessie et pour ne citer qu’un exemple, permet souvent de percevoir, par une sorte de choc en retour, ou par la palpation bimanuelle, l'existence d’un calcul.
Cet examen ne saurait dispenser de l'étude des commémoratifs, que les parents à défaut de l’enfant pourront fournir, touchant le mode ou le début des troubles nécessitant l’intervention des médecins ou des chirurgiens. Ces renseignements permettront quelquefois, comme chez l’adulte, d'asseoir un diagnostic que l’examen direct viendra le plus souvent confirmer. C’est ainsi qu'on pourra être renseigné sur la fréquence des mictions, qu'on pourra savoir si cette fréquence est à la fois diurne et nocturne ou
nocturne seulement, si une rétention existante a eu pour point de départ un état douloureux local, s’il n’a pas été observé de modifications du jet et en particulier par exemple, ce qu'on ne voit guère que chez les enfants, d’interruption brusque, si enfin la miction est habituellement aCCoMpagnée ou non de douleur.
Tous ces renseignements pris, l'examen local fait, reste à explorer l’urêthre et la vessie. Examen qui doit être fait endernierlieu, comme le recommande le professeur Guyon, mais qui ne saurait être négligé s’il reste quelque doute Sur la cause des troubles urinaires. L’exploration de l’urèthre se fait avec un explorateur à boule comme chez l’adulte. Qu'il s'agisse de cet explorateur souple ou d’une sonde molle, qui doit être exclusivement employée pour le Cathétérisme évacuateur, lorsque besoin en est, il n’est point de règle spéciale à l'enfance. I] n’en est pas tout à fait de même dans l'exploration de la vessie pour laquelle il convient d'employer l'explorateur du petit modèle du professeur Guyon, ou si l'on n’en a pas à sa disposition, une sonde métallique à petite courbure. Les règles du cathétérisme explorateur, basées sur la Connaissance des lapports anatomiques, ne présentent rien de Spécial, il est vrai, dans leur exécution même, si ce n’est qu'il faut encore plus que chez l'adulte user de patience et de douceur. En particulier, quand il s’agit de faire franchir au cathéter la portion membraneuse du canal, il importe de ne pas ‘omettre de laisser la pénétration s'effectuer d'elle-même, la main droite abandonnant le cathéter pour s'appliquer au-devant du pubis et abaisser avec soin les téguments Mais il est certains points qu'il faut établir, certaines pré-