‹ Des troubles du langage chez les aliénés [electronic resource]Chapitre 21 sur 93 · DE QUELQUES DYSLOGIES PARTICULIÈRES · texte numérisé non relu

DE QUELQUES DYSLOGIES PARTICULIÈRES

| Ier. — Langage émotionnel.

Nous avons vu, en passant, l'influence que pouvaient avoir les émotions, dans certains cas, sur le langage des aliénés.

D'une façon plus générale, on peut dire que si, dans certaines circonstances, « le langage émotionnel » est sans couleur, sans force, dans d'autres, il devient plus vif, plus coloré que jamais. Cette différence est en relation directe avec le degré de puissance intellectuelle du sujet. Cependant, ce n'est pas là une règle absolue et l'on rencontre bien des aliénés qui expriment par des périodes pathétiques des pensées dévoilant une profonde pauvreté intellectuelle.

C'est surtout chez les maniaques et les mélancoliques que le langage émotionnel se modifie et devient plus énergique, et surtout lorsqu'il n'y a qu'une simple exaltation de sentiments, sans perversion véritable, de î'idéation. Cela n'a rien d'étonnant lorsqu'on se rap7 pelle que ces deux maladies ont pour base première et ne sont souvent constituées, au point de vue psychique^ que par des désordres émotionnels et volontaires.

Sous l'influence d'une émotion violente, les malades dont l'intelligence est affaiblie peuvent retrouver euxmêmes, pour un moment, un langage vif, énergique.

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11 en est de même des aliénés qui dissimulent, et qui peuvent ainsi manifester leur pensée sous le coup d'une émotion vivement ressentie.

Ces modifications du langage émotionnel de l'aliéné ne consistent pas seulement dans l'emploi de certaines expressions colorées, pittoresques, mais aussi dans les inflexions de la voix, dans les interruptions du discours par des rires, des pleurs, des sanglots ; dans une mimique plus expressive, en rapport avec le sentiment qui domine le sujet au moment où il parle.

A un point de vue plus spécial, il importe d'ajouter que des névropathes, d'une émotivité extrême, se troublent encore plus lorsqu'ils sont soumis à l'interrogatoire du médecin. Alors les uns se mettent kdnonner, c'est-à-dire qu'ils s'arrêtent à chaque syllabe en interrompant leurs phrases par des voyelles ou des diphtongues prolongées, comme le «eu... eu... » caractéristique. D'autres, au contraire, bredouillent, c'est-à-dire précipitent leur langage, ne prenant pas le temps de grouper distinctement les sons, les syllabes, et avalent des syllabes, des mots entiers. Beaucoup d'entre eux éprouvent en même temps un sentiment d'angoisse très prononcé, d'où le nom d'angophrasie, donné par quelques auteurs à ces modifications du langage. Sous le nom de dysphasie émotive, le docteur Zeni 1 a rapporté récemment deux observations pouvant rentrer dans cette catégorie.

Stricker 2 cite aussi le cas d'un étudiant en médecine qui, dans les moments de surexcitation, ou quand la phrase requiert une attention particulière, ne peut

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