‹ Des troubles du langage chez les aliénés [electronic resource]Chapitre 41 sur 93 · Max Simon, Le Monde des rêves, p · texte numérisé non relu

Max Simon, Le Monde des rêves, p

DU LANGAGE 1 lo

cris, à la fatigue la plus grande, jusqu'à l'épuisement. Qu'est-ce là, sinon l'exagération de l'impulsion de la fonction langage? Et si l'on ne croyait pas que ce fût ici d'une véritable impulsion qu'il s'agit, je dirais que dix fois j'ai interrogé des maniaques aigus dans les quelques moments de répit que, de temps à autre, leur laisse la maladie et que j'ai pu ainsi me convaincre de la nature impulsive irrésistible de ces cris, de ces chants.

« Un jour que je traversais le jardin d'un pensionnat d'asile, je fus abordé par une malade, jeune femme, en plein accès de manie; la pauvre aliénée paraissait brisée par la fatigue, énervée ; elle était tout en sueur ; elle venait de passer toute la matinée à chanter,^ à crier, à vociférer. « Hélas! me dit-elle, je suis brisée, j'ai crié toute la matinée; je n'en puis plus! — Pourquoi donc criez-vous ainsi? cela vous fait mal. — Hélas! c'est plus fort que moi; ça me vient, il faut que je crie. Je vais vite manger, parce qu'il faudra que je recommence. »

Cette logorrhée irrésistible se rencontre aussi par accès chez certains mélancoliques anxieux. C'est ce que Cramer appelle Yéchokinésie et la logokinésie 1 .

d. De la parole involontaire et inconsciente. — Lorsqu'une pensée se formule à l'aide de l'image motrice d'articulation, les mouvements qui en résultent dans l'appareil musculaire spécial peuvent être divisés, au point de vue psychologique, en trois catégories, quelle que soit leur intensité:

a. Ou bien ils sont volontaires et conscients ; c'est l'état normal.

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