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DE LA LOGIQUE DANS LES ÉCRITS

Quelle que soit la forme que l'aliéné ait donnée à son écrit, quel qu'en soit le contenu, il doit être examiné encore à différents points de vue de détail.

Le premier est celui du degré de logique ; chez certains malades, les raisonnants, les systématiques, les logiciens comme on les appelle quelquefois, l'écrit paraît si bien coordonné, les propositions si rigoureusement déduites, que certaines personnes, se fondant sur ee seul fait, se refusent à voir dans le signataire un individu atteint dans l'exercice normal de ses facultés Il ne faut donc pas se laisser abuser par des constatations superficielles; car de pareilles lettres, en apparence si raisonnables, peuvent n'être que l'expression d'un délire des mieux organisés.

Si le raisonnement est logique, les déductions parfaites, les propositions régulières, les idées clairement exprimées, tout cela n'en constitue pas moins, dans bien des cas, un délire, parce que le point de départ est erroné. Le syllogisme est régulièrement construit, mais les prémisses sont fausses ; tout l'échafaudage si bien édifié par le malade ne s'étaye que sur des faits qu'un examen minutieux révèle parfois n'être que des inter-

1. Parant, La Raison dans la folie. Paris, 1888. — Froment, Etude médico-légale sur la simulation des maladies mentales. Masson cdit. Paris, 1891.

TUOUBLKS

prétations délirantes, ou même des hallucinations. Toute cette apparence de logique ne trahit en fait que l'inconscience profonde où le malade est de son état.

Si dans quelques cas, la nature erronée du point de départ est difficile à établir, il en est d'autres et bien plus nombreux, dans lesquels les malades eux-mêmes font la lumière parles détails typiques qu'ils donnent à ce propos, sans que cela les éclaire eux-mêmes et les empêche de poursuivre la série de leurs déductions délirantes.

« Verbeux et diffus il entre dans des digressions sans fin, au milieu desquelles des idées accessoires viennent se placer à tout propos ; les idées secondaires se multiplient, s'enchevêtrent et obscurcissent par leur nombre, par leur variété, la partie principale qui reste ensevelie dans, les phrases sonores et vides de leur style. Ils aiment à faire de longues tirades où se trouvent mêlées sans goût des pensées fort hétérogènes. Ils reviennent volontiers sur le même sujet et le traitent de nouveau sous la même forme. On sent en lisant leurs productions que leurs pensées sont peu abondantes, qu'elles manquent de concision et parfois de netteté *. »

Dans d'autres cas, le manque de logique saute de suite aux yeux du lecteur. L'écrit est incompréhensible, les mots ou les phrases se suivent sans signification. C'est le résultat d'un vice d'association d'idées, d'un défaut de synthèse mentale. Dans les états démentiels par exemple, le malade ne coordonne plus ses idées, les associations les plus bizarres se forment automatiquement dans son esprit, ses écrits deviennent absolument incohérents. Cette incohérence offre des degrés

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