Binet et Féré, loc. cit
Piehhe Janet, Automatisme psychologique.
De Sarlo, Llncoscienle (lUvi. sp. di jren., i'asc. III), etc.
leurs ils sont souvent très faibles, et il faut un certain degré d'intensité pour que les notions que nous avons de l'état de nos muscles, en général assez grossières, soient nettement perçues par notre conscience Aussi de petits mouvements involontaires, étant très faibles, sont-ils, par cette raison même, inconscients. Il faut pour nous les révéler un artifice expérimental, une sorte d'amplification, et c'est alors qu'ils peuvent se manifester d'une façon plus sensible. C'est ainsi que le pendule explorateur, la baguette divinatoire, les tables tournantes peuvent mettre en lumière la production de ces mouvements involontaires et inconscients, dans lesquels ils trouvent leur explication.
Il en est de même de la lecture de la pensée, que l'on devine chez certains individus en leur tenant simplement la main. On perçoit alors des tremblements, des frémissements résultant des mouvements inconscients et involontaires qui trahissent la pensée du sujet.
Au point de vue de leur signification psychologique, les mouvements inconscients doivent prendre place à côté de la parole et de l'écriture involontaires et inconscientes.
Si nous faisons allusion ici à ces phénomènes, c'est qu'ils peuvent se présenter chez certains aliénés, surtout des hystériques, et que leur connaissance peut être quelquefois d'un grand secours dans la pratique. Nous avons eu l'occasion d'observer une malade de ce genre, très dissimulée, avouant avec peine ses idées délirantes. Les mouvements inconscients étaient très nets chez elle, et grâce à eux nous pûmes maintes fois dépister des idées que la malade dissimulait et qu'elle avouait ensuite, tout en étant fort étonnée que nous eussions pu pénétrer ainsi le fond de sa pensée.
Ce n'est évidemment que dans des cas particuliers, relativement rares, que les mouvements inconscients peuvent mettre sur la trace d'un fait psychologique qu'ils accompagnent et que le malade cherche à dissimuler. Mais même lorsqu'ils n'existent pas, il est bien souvent possible, sinon de préciser la nature d'une émotion, au moins de reconnaître par les simples manifestations mimiques l'existence d'une émotion feinte ou dissimulée chez les simulateurs ou les aliénés qui cherchent à cacher leurs préoccupations délirantes.
Chez l'aliéné, comme, d'ailleurs, chez l'individu sain d'esprit, les expressions fausses peuvent toutes se réduire à deux types : 1° exagération d'une émotion faible ou simulation d'une émotion qui n'existe pas ; 2° atténuation d'une expression mimique ou dissimulation complète de cette expression
Dans les émotions feintes, simulées, la mimique est exagérée souvent au delà du vraisemblable, par suite même de la crainte de ne pas réussir à convaincre. Cette gymnastique de l'hypocrisie ne laisse pas que d'être fatigante, elle détermine des intermittences et alors on voit se substituer presque inconsciemment aux premières manifestations mimiques, d'autres expressions diamétralement opposées.
Exagération de la mimique, désordre des expressions, antithèses marquées, intermittences nombreuses, tels sont les caractères principaux de la mimique chez les individus qui veulent exprimer plus qu'ils ne sentent ou simuler un état d'esprit qu'ils n'éprouvent pas en réalité.
Il est encore un autre caractère qu'il importe de ne